‹ L'arsenal de la dévotion; notes pour servir a l'histoire des superstitionsChapitre 62 sur 145 · Dom Gucranger, p. 8i. · texte numérisé non relu

Dom Gucranger, p. 8i.

VbZ V Arsenal de la Dévotion

■die été prononcée, que le cheval partit au galop par Favenue de Marigny. Heureux de ce premier succès, mais se défiant encore des ruses de l'ennemi invisible, le pieux catholique continua sa route, en suivant des yeux l'homme et la béte. Tout à coup il voit celle-ci, après être arrivée vers le milieu de l'avenue, s'arrêier court et se mettre de nouveau en travers. Il prend alois en main la médaille, et dit intérieurement: « Grand » saint Benoît, priez Dieu qu'il fasse que, par voire » intercession, ce cheval obéisse à son cavalier et ne » lui fasse point de mal. » Immédiatement l'animal part ventre à terre, tourne à droite dans l'avenue des Champs-Elysées et disparaît en un clin d'œil '. »

La croyance aux sorts jetés par un domestique renvoyé ou par un voisin malintentionné est le corollaire naturel de la foi aux machinations sataniques.

Le voisin d'un brave cultivateur « avait chez lui de très mauvais livres et passait pour s'être donné au démon, lui et sa femme ». De là pour le brave cultivateur un assaut des plus injustes calamités. Il était envahi par les rats ; ses vaches mouraient ; il ne pouvait plus faire de beurre.

« Ayant trempé la médaille dans de l'eau et adressé à Dieu une fervente prière, il lava avec cette eau les murailles de sa maison, le seuil de la porte, et il en donna à boire à ses bestiaux. Il en versa même quelles gouttes dans la baratte oO l'on battait le beurre,

U Dom Guéranger, p. 85. , .

Les Médailles i83

y mit ensuite la crème et obtint au bout de vingt minutes le plus beau et le meilleur beurre que l'on pût désirer. »

Dom Guéranger, narrateur de cette aventure ajoute en note :

« La vertu de la médaille, pour dissiper les embûches des démons lorsqu'ils s'opposent au succès des opérations domestiques dans un détail aussi familier que la confection du beurre, est assez reconnue en Italie pour qu'on Tait mentionnée expressément sur les notices relatives à la Médaille. Ainsi on y lit ces mots: « In » tutte quelle cose che dipendono del latte di essi ani- » mali, corne ne fare il butiro, ed altro ad uso degli » umani bisogni. » (P. io8.)

Faut-il que le Malin ait envie de taquiner les pauvres ménagères pour s'aller fourrer au fond de leurs barattes !

Ailleurs nous le retrouvons dans la chaudière d'une sucrerie. Naturellement, quand elle possède un tel hôte, la chaudière se refuse à chauffer. Et si vous tenez à Ravoir pourquoi le diable s'est venu fourrer là, apprenez que « des idolâtres »■ sont employés dans la sucrerie. Vous comprenez : les idolâtres ont jeté un sort. Mais les idolâtres comptaient sans la médaille de saint Benoît. Grâce à une médaille de saint Benoît tichée dans une fente de la maçonnerie, le liquide entre en ébullition et le travail est sauf '.

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