‹ L'arsenal de la dévotion; notes pour servir a l'histoire des superstitionsChapitre 7 sur 145 · FONDATEUR DE LA COMPAGNIE DE JÉSUS · texte numérisé non relu

FONDATEUR DE LA COMPAGNIE DE JÉSUS

avec une neiivaine en son honneur, contre le choléra, les

maladies contagieuses et autres infirmités.

Depuis plus de deux siècles, l'Eau bénite de saint Ignace est

connue pour son efficacité merveilleuse contre la peste, le cho-

éra et autres maux de l'âme et du corps. Dieu récompense, par

intercession de son serviteur, la foi et la confiance des ciirc-

tiens. En voici quelques exemples : — En 1 599,' la peste sévis-

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sait cruellement à Burgos, en Espagne. Nul remède naturel ne pouvait sauver les malheureux que le fléau avait atteints; mais ils trouvèrent des secours dans l'Eau bénite de saint Ignace. [.es pestiférés qui en burent avec confiance échappèrent à la mort (Bolland., 3i juillet). — En 17 12, la Bohême était affligée par les maladies, les plaies incurables et autres infirmités; les insectes détruisaient les moissons. Tout cédait à ce remède et à la confiance qu'on avait en ce puissant intercesseur {Bolland., 3 1 juillet).

Plusieurs villes de notre pays ont éprouvé les consolants effets de la protection de saint Ignace, surtout en temps d'épidémies. Gand, Bruges, Courtrai, Alost, et surtout Anvers ont vu une affluence prodigieuse de personnes qui venaient demander l'Eau de saint Ignace, et qui attribuaient à ce remède surnaturel la faveur d'être préservées ou guéries du choléra, en 1849 ^^ 1859. A Bruxelles même, beaucoup de faveurs ont été obtenues tout récemment encore, par le même moyen. Recourons à ce remède salutaire, et, pour l'employer plus efficacement, faisons une neuvaine en l'honneur de saint Ignace.

Suivent les prescriptions de la neuvaine.

1° Tous les jours, dans la famille ou en particulier, réciter les litanies de saint Ignace ou d'autres prières.

■z" Tous les jours, boire de cette Eau bénite, en répandre quelques gouttes dans la maison ou sur le malade en disant : u Saint Ignace, priez pour nous, afin que nous nous rendions dignes des promesses de Jésus-Christ... »

D'autre part, les notices se multipliaient. Celle du père Tcrwecoren, plusieurs fois traduite en flamand, grossissait à vue d'œil d'édition en édition, et, de simple brochure, passait bientôt à la dignité de volume.

L'auteur de la circulaire insinue avec une certaine timidité que les innombrables individus sauves du choléra attribuaient à ce remède surnaturel d'avoir été guéris. Le père Terwecoren n'a pas de ces timidités-là.

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« Le Très-Haur, dit-il sans ambages, a visiblement approuvé cette pieuse pratique, en exauçant les vœux des personnages qui se sont servis de ce moyen avec foi et confiance, et en les recompensant par d'admirables et subites guérisons. » (P. 55.)

Les preuves à l'appui ne laissent rien à désirer :

« Près de Mells, Sophie B... fut atteinte du fléau, au milieu de la nuit du 26 octobre. On alla frapper à la porte d'un voisin pour demander du secours; il donna de l'Eau de saint Ignace, disant : a Buvez, « et dites cinq Pater et cinq Ave Maria. » Elle le fit et la guérison fut complète. » (P. 9 3.)

Ou bien :

« La diarrhée persistait depuis huit Jours. Le dimanche, dans l'après-midi, elle prend de l'Eau de saint Ignace : la diarrhée est arrêtée. « (P. 121.)

Cela est net, précis, convaincant.

Et notez que, pour opérer, la quantité d'eau n'a pas besoin d'être considérable. Trois ou quatre gouttes suffisent au besoin.

« Un homme fut rapporté à sa maison dans un état si pitoyable, que sa femme ne le reconnaissait plus qu'à la voix. Elle laissa tomber trois ou quatre gouttes de l'Eau bénite sur l'endroit du ventre où le patient tenait la main pour calmer ses souffrances ; les douleurs se calmèrent et le choléra disparut. » (P. 90.)

« Chaque jour, recommande le père Terwecoren,

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Ton boira un peu de cette Eau \ ou l'on en mettra quelques gouttes sur la partie du corps qui est malade et dont on demande la guérison, ou bien on en répandra quelques gouttes dans la maison ou sur le malade ; le tout en disant quelque prière^ par exemple : Saint Ignace, prie:[ pour nous. » (P. 142.)

On voit qu'il existe une certaine latitude dans la manière de se servir de TEau de saint Ignace. Sans doute a-t-on le droit de se laisser aller un peu à son inspiration, et Je ne vois pas que le bon Père se récrie de ce qu'une femme en mêle aux cataplasmes qu'elle applique à son mari. (P. 82.)

L'Eau de saint Ignace ne restreint pas dans un cercle étroit les limites de son pouvoir. Maladie des os, hydropisie, cécité, surdité, libre pensée, maux de pieds, rien ne lui résiste. Elle n'est pas seulement spéciale pour les épidémies^ elle Test aussi pour les couches laborieuses et même pour la stérilité.

« Il y a deux circonstances dans lesquelles autrefois on recourait beaucoup à saint Ignace, et ce recours paraît aussi reprendre: c'est celle des femmes effrayées à l'approche du moment où elles doivent mettre un enfant au m.onde, ou désolées de ne pas avoir l'espoir de s'entendre appeler un jour du doux nom de mère.

I. « Quand l'Eau est gâtée, on ne doit pas en boire. Si l'on peut focilement s'en procurer de fraîche, on jette avec décence dans le jardin celle qui est gâtée. Il est bon de mettre quelques grains de sel dans l'Eau qu'on reçoit. » {Note de l'auteur.)

Dans l'une et l'autre de ces circonstances, l'intercession de saint Ignace a essuyé bien des larmes. » (P. io3.)

Peu s'en faut que l'Eau de saint Ignace, après avoir fait venir au monde des enfants qu'on n'y attendait pas, ne leur donne deux fois la vie en les ressuscitant quand ils se trouvent à toute extrémité.

« Dans la rue Sainte-Anne, une toute petite fille, Constance Van C. . ., âgée de cinq mois, paraissait avoir expiré, à la suite des attaques du choléra. On lui infusa deux gouttes de l'Eau vivifiante; l'enfant revint à elle en deux minutes, et se rétablit. » (P. 90.)

Quand j'aurai constaté qu'avec de l'Eau de saint Ignace on peut se nourrir et même s'habiller, je crois que je serai arrivé au summum de sa puissance.

« D'autres genres de faveurs encore sont dus à la foi des simples, avec lesquels Dieu aime à communiquer. Un ouvrier, avec femme et enfants, dépourvu de tout ouvrage, l'était aussi de tout secours. Il recourut à saint Ignace et à l'Eau bénite en son honneur. Un soir^ il entend frapper du dehors sur la porte de sa maison ; on ouvre, et une personne inconnue apporte de la nourriture et des vêtements. » (P. 85.)

Il ne faut pas s'étonner après cela si les simples se jettent sur l'Eau de saint Ignace avec tant d'enthousiasme.

— Nous ne sommes pas tranquilles quand nous

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n'avons pas d'Eau de saint Igi^ace à la maison, dir une pauvre femme. (P. 87.) Et une autre :

— J'aimerais mieux tout laisser et tout perdre dans ma maison que d'être privée de l'Eau bénite de saint Ignace, (P. 122.)

Une autre déclare que ses entants ne voudraient pas déjeuner le matin avant d'en avoir pris. (P. 89.)

Une autre encore que son mari ne consentirait pas à se mettre en route s'il n'en était muni. (P. 88.)

L'empressement avec lequel les malades se mettent au régime de l'eau de saint Ignace n'a d'égal que celui avec lequel ils envoient promener médecins et pharmaciens quand ils sont malades.

Une femme déclare (p. 96) qu'elle ne veut plus « d'autre médecine que de l'Eau de saint Ignace. »

A un individu malade on propose d'aller chercher le médecin. (P. 92,)

— Non, dit-il, donnez-moi de l'Eau de saint Ignace. Et, comme on se rabat sur le pharmacien :

— Non, reprend le malade, de l'Eau de saint Ignace. Il est presque superflu d'ajouter que cette ténacité

lui réussit.

« Je vais mourir, disait à ses enfants une mère violemment attaquée du fléau; je vais mourir : j'ai des douleurs atroces!

» — Mère, nous irons chercher une médecine.

)î — Non; allez demander dans le voisinage de l'Eau de saint Ignace.

y> On obéit, et les enfants joyeux ont conscrvj leur mère. » (P. 90.)

Aux gens qui sont sauvés par l'opération de saint Ignace d'une mort presque assurée, il est bon d'opposer les malheureux que la sainte influence fait passer non moins instantanément de vie à trépas.

Ceux que l'ombre de Loyola frappe de mort, — frémis, lecteur ! — ce sont les mauvais plaisants qui se permettent de rire de son Eau.

« On nous a cité le fait d'un malheureux qui, après s'être moqué de l'eau bénite de saint Ignace, mourut le lendemain. » (P. 1 19.)

Très ingénieuse, l'idée de dire au public, en essayant de lui faire avaler comme acte de foi d'incom.mensurables bourdes :

— Prenez garde de ne pas vous moquer ^ vous pourriez être frappé de mort instantanée.

Ma foi, tant pis; je me risque î

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