I. Soirôcs des serviteurs de saint Joseph, p
point d'argent pour la remplacer! Vite on met une vache en carton devant la statue du saint vénéré, et les vieillards le priaient avec ardeur, car il y allait de leur intérêt; et leurs voix fêlées accentuaient fortement par neuf fois cette invocation omise dans bien des litanies : « Bon saint Joseph, donnez-nous une vache! » Et le bon saint Joseph exauça leurs naïves prières, en envoyant la bête dont le lait fait les délices des vieillards, surtout quand on le mêle à leur café du matin. » (P. 87.)
Même volume, page 167, un jeune homme, piqué par une bête venimeuse, est sur le point d'expirer.
« Sa pieuse mère, pleine d'une foi confiante et toute vive en saint Joseph, engage son fils à lui promettre une neuvaine; puis elle prend de Fhuile de la lamipe allumée devant la statue de notre bon saint, en frotte le malade qui sent son enflure et ses douleurs disparaître comme par enchantement. La guérison fut instantanée et complète. »
Ici ce n'est plus seulement par la statue, c'est par rhuile qui brûle devant la statue que nous voyons accomplir un prodige.
L'etîet est peut-être plus merveilleux encore avec de l'huile empruntée à la lampe d'une sainte Philomène. Une petite fille s'étant crevé un œil avec des ciseaux, et les médecins ayant déclaré le mal «c incurable », on bassine, avec de l'huile prise à une lampe •de la sainte, l'œil malade, qui non* seulement guérit.
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mais embellit; car « tout le monde, dit le narrateur, put voir qu'il y avait dans Toeil guéri quelque chose déplus brillant que dans l'autre *. »
Si la transmission des vertus guérissantes peut s'opérer de la statue à Thuile qui brûle devant elle, on ne voit pas ce qui empêcherait, par une transmission tout aussi naturelle, ces vertus de passer du liquide au vase qui le contient, et ainsi de suite. Après avoir opéré des miracles avec l'huile qui brûle devant la statue, •on en opérerait avec le godet renfermant l'huile qui brûle devant la statue, puis avec la chaîne, qui soutient le godet renfermant l'huile qui brûle devant la statue, puis avec l'anneau qui soutient la chaîne. ..etc ; puis avec la pierre où est scellé l'anneau... Je m'arrête pour ne pas abuser.
• Cette transmission des vertus curatives par rayonnement ou par contact, qui semble avoir ici tout l'air d'une plaisanterie, est si bien dans l'ordre logique d'une médication qui l'est si peu, que l'auteur de Saint Joseph avocat des causes désespérées nous montre des malades déposant sur le socle d'une statue du saint des bandeaux qu'ils n'ont plus qu'à poser ensuite sur leur mal pour en être instantanément guéris.
Le meilleur oculiste de Nantes désespérait de rendre la vue à une pauvre enfant menacée Je cécité :
a Un bandeau fut déposé pendant neuf jours sur le
I. Vie nouvelle du curé d'Ars et de sainte Fhilomène, p. 336.
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socle de la statue du saint patriarche pour être placé ensuite sur l'œil de la petite. Avec la prière, cet unique remède fut complètement efficace. » (P. 154.)
Ici la vertu curative, passée de la statue au socle est, à son tour, transmise du socle au bandeau. Nous allons la voir, dans un cas plus remarquable encore, se transmettre du socle à un serre-tête et à une feuille de papier.
Il s'agit cette fois d'une névralgie rebelle compliquée d'ulcère dans la bouche.
« Les soins de la médecine ayant été inutilement donnés, — comme toujours, — notre malade eut recours à saint Joseph, et voici le moyen qu'elle imagina :
» Elle lit déposer au pied de la statue du bon saint, dans Téglise, une feuille de papier et un serre-tête% qu'on y laissa neuf jours, pendant lesquels la prière de la patiente montait sans cesse et avec confiance vers le saint patriarche...
» Le neuvième jour, elle se fit apporter le papier et le serre-tête. Du papier, elle se couvrit la tète tout entière ; avec le serre-tête, elle assujettit le papier. Elle envoie une prière, une invocation à saint Joseph et se met au lit. O merveille! ô compatissante autant que puissante bonté de saint Joseph! la douleur cesse à l'instant! la bonne fille sent un bien-être indicible. » (P. 3o2.)
Il semble, après cela, qu'il n'y ait plus rien à imaginer devant une statue de saint Joseph. Erreur!
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Au lieu que ce soit vous, suppose^ que ce soit votre montre qui se trouve malade. Vous la porteriez peutêtre, ô naît! à un horloger qui vous demanderait sept francs pour la remettre en état. Apprenez comment un dévot à saint Joseph sait économiser cette petite somrfie.
« Une personne qui emploie tous ses petits revenus en Ixinnes œuvres s'aperçut dernièrement que sa montre, qui n'avait pas varié depuis neuf ans, s'était arrêtée. Impossible même de la monter. La clef tournait toujours sans que le ressort eût un point d'arrêt.
» L'horloger demanda sept francs pour la remettre en état. C'est beaucoup quand on économise même jusqu'à cinq centimes pour les pauvres. Que faire? La foi et la confiance peuvent transporter les montagnes, a dit Jésus-Christ, la vérité même; elles peuvent donc faire de moindres choses.
» Cette personne porta sa montre aux pieds de la statue de saint Joseph, priant ce bon père de la raccommoder, et pour cela lui donnant trois Jours, vu les grandes demandes qui lui arrivent de tous les points de la terre.
» Le troisième jour, après avoir prié, elle va reprendre sa montre avec une grande confiance. O surprise! le ressort, qui était si lâche, est actuellement serré, et la clef, qui ne rencontrait paj de point d'arrêt, en trouve un au troisième tour. Depuis lors (un mois) la montre va très bien ; seulement saint Joscpli a de-
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mandé un petit acte d'attention et de renoncement : il faut monter la montre deux fois par jour. » (P. 12g.)
On voit que si saint Joseph raccommode le? montres, ce n'est pas d'une façon complète. Mais il ne faut pas être trop exigeant...
De la part d'un charpentier!