SENS
f Article premier.
a r Couftume & vfance confirmée par priuileges des Roys,les manâs & ha bitansde la ville &: commune de Sens peuuét tenir fieds& héritages nobles , fans quils puiflent _____ ^ eftre contraints en vui-
der leurs mains, ne pour raifon d’iceulx paier au Roy aucune finance.
E t peuuent vfer ôc procéder par voie d’ajreft fusles biens de leurs debteurs forains demourans dix lieues à l’enuiron dudit Sens,pourueu que lefdits biens foient trouués en ladite ville ou faulxbourgs d’icele , fuppofé quedu debt il n y ait obligation, fchedule,n autre recognoifiance : hors mis.
LA LEÇON DU PASSÉ : HARMONIE DES CARACTÈRES ET DES VIGNETTES. TÊTE DE CHAPITRE, LETTRE ORNÉE. PAGE BIEN ÉQUILIBRÉE. IMPRESSION DE SENS, XVIe S.
l'art a l’école
caractères ronds et larges sont plus lisibles que les caractères étroits et anguleux; les lignes courtes plus lisibles que les lignes longues; un texte interligné, c’est-à-dire formé de lignes espacées, est plus lisible qu’un texte compact. Les caractères typographiques trop fins et les lignes trop longues fatiguent l’œil et développent la myopie scolaire.
Quant à l'illustration, il convient de distinguer, comme fa fait le premier congrès de 1’ « Art à l’École », entre l’illustration documentaire et l’illustration originale :
« La première doit être d’une exactitude rigoureuse par rapport au texte auquel elle s’applique ; il est nécessaire, de plus, qu’elle soit présentée aux yeux de l’enfant dans une harmonie de disposition qui soit elle-même une leçon de goût. »
« La seconde doit s’inspirer des caractères de sincérité et de simplicité recommandés pour la décoration scolaire. » Dans le premier cas, pour être lisibles les images seront suffisamment grandes, nettes, simples, débarrassées de tout détail étranger au sujet, et de préférence dessinées au trait. On les intercalera dans le texte même qu’il s’agit d’éclairer. De plus, elles seront parlantes , c’est-à-dire accompagnées de légendes explicites, complétant la leçon de choses par la leçon de mots.
S’il s’agit de faire comprendre àl’enfant une belle forme, un chef-d’œuvre de la nature ou de l’art, site, animal, plante, monument ou tableau, il sera préférable de recourir à la reproduction directe d’une bonne photographie plutôt qu'à une traduction par le dessin toujours insuffisante et souvent incorrecte.
Dans le second cas, comme il s’agit d’orner le livre, de le rendre plus aimable, plus attrayant, on cherchera une harmonie parfaite entre le texte et l’image, de manière à obtenir des pages bien équilibrées.
Les principaux éléments de la décoration du livre sont les en-tètes de chapitres, les bordures, les initiales ornées, les culs-de-lampe, les compositions insérées dans le texte et les compositions hors texte.
Or rapperçois venir le Nom ie le faluray oftac mon chappeau . . . Bon iour Moniteur.
Bon iour mon petit efcholier vous Hé me cognoiflfezpas?
Charles.
M onfieur ie defirerois vous cognoiftrepour vous rendre feruice.
Le Nom.
le fuisleNom qui nome tout, iappelle ccftuy ci^^ Le Roy,ô£ celle ici ||& ,1a Reine
& cecivn Sceptre nia rien au monde qui n’aytfonnom.
LA LEÇON DD PASSE : LIVRE SCOLAIRE. FIGURES DÉCORATIVES AU TRAIT INTERCALÉES DANS LE TEXTE. IMPRESSION DE LANGRES, XVIe S.
L'ART A UÊCOLE
Toutes ces vignettes et figures devront, bien entendu, être appropriées au sujet de l’ouvrage et au format; mais pour qu’elles se marient bien avec la typographie le procédé d’exécution des gravures n’est pas indifférent.
On peut dire que les dessins au trait reproduits en facsimilé, et surtout la gravure sur bois dont la facture linéaire analogue à celle des caractères d’imprimerie donne de franches oppositions de blanc et de noir, sont les modes d’illustration par excellence.
Au contraire, les reproductions directes de photographies ou de dessins au lavis donnent à l’impression des teintes continues, grises, opaques, monotones, qui s’opposent brutalement au texte et font tache dans la page.
I n autre avantage des figures au trait franchement écrites, c’est qu’elles réclament le concours de bons ouvriers d’art, de dessinateurs consciencieux et expérimentés.
On se rappelle ce personnage de Labiche qui, dans sa correspondance, chargeait d’un pâté tous les mots dont il ignorait l’orthographe. Il en est de même du médiocre dessinateur : sous prétexte de mise à l’effet, il embarrasse sa composition de travaux à la plume compliqués et inutiles, véritables trompe-l’œil, destinés à masquer l’insuffisance et l'incorrection de son dessin.
Dans le champ restreint d’une page de livre, il n’y a point de place pour tant de choses. Les vrais artistes savent simplifier, font abstraction des ombres portées, parfois même des ombres propres, et tirent tous leurs effets de la seule magie de linéaments expressifs bien choisis et d’accents mis au bon endroit : pour l’illustrateur comme pour le peintre, « le dessin est la probité de l’art ».
Quant aux sujets d’illustration, ils auront cette fantaisie aimable et souriante qui convient à l’enfance. L’enfant est observateur, imitateur, constructeur; il aime le mouvement, la vie. Il aime les êtres familiers qui l’entourent : l’homme, les animaux en action. Il aime l’héroïsme et le merveilleux.
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GeomeCne <Ie le Clerc.
FLi/ic/ie,
LEÇON DU PASSÉ : EXEMPLE DE HORS-TEXTE EN GRAVURE A L*EAU- PORTE, XVIIIe SIÈCLE.
Mais, comme son esprit est essentiellement mobile, il ne s'arrête pas au détail, n'aperçoit pas les nuances et n’est sensible qu’aux contrastes fortement accusés. A l’échelle de sa petite taille tout lui paraît plus grand qu'à nous. C’est à l’éducateur, à l’illustrateur de tenir compte de ces indications afin de lui présenter des interprétations aussi simples, aussi émouvantes, aussi belles que possible des spectacles qu’il préfère.
Le livre achevé, il est nécessaire de le présenter revêtu d'une couverture de bon goût, exactement appropriée au caractère de l’ouvrage.
Qu'il s’agisse d'une reliure ou d’un simple cartonnage, le choix du décor sera conditionné par la nature même de la matière employée, papier, toile, cuir ou parchemin.
Un titre bien conçu synthétise pour ainsi dire l’ouvrage. Il doit donc être sobrement composé, fermement écrit, de manière à signaler le livre à distance, soit par un balancement harmonieux de masses graphiques inégales, soit par de franches oppositions de couleurs. L’écueil, ici comme toujours, c’est la complication des ornements, et, sous prétexte d 'art nouveau , l’emploi de caractères dits « de fantaisie » bizarres, contournés, illisibles, et souvent, hélas, embroussaillés de lanières prétentieuses qui rappellent les tentacules de la pieuvre ou la signature de Monsieur Prudhoiiinie. Ces arabesques faciles et exécrables, importées de l'étranger, sont mortelles pour le goût français. Il faut les rejeter à tout prix.
Il en est de même de ces couvertures raccrocheuses en papier verni, illustrées d'horrifiques chromos, sous chacune desquelles on offre en pâture aux masses ignorantes « cinq cents pages » de basse littérature imprimées sur papier à chandelle avec des têtes de clous : aussi longtemps que pareilles productions trouveront preneurs, la Société de l’Art à l’École n’aura point rempli sa mission.