‹ L'Art à l'ÉcoleChapitre 5 sur 26 · LES AMIES DES FLEURS · texte numérisé non relu

LES AMIES DES FLEURS

tés scolaires des Amis des fleurs. C’est la joie des élèves. La circonscription compte 240 écoles, 315 classes publiques. On y rencontre maintenant des plantes vertes, des fleurs et des bouquets en toute saison. Un grand nombre possèdent des massifs, des bordures, un coin particulier à jardiner. Actuellement, M. Roux essaye l’ornementation de plusieurs classes de Tournon par un groupe d’artistes originaires du cru.

A La Roche-sur-Yon, M. Simon a eu aussi l’idée de la Société « la Fleur », mais il s’agit surtout de dessin.

Maints directeurs n’ont pas hésité à historiée leurs cartons scolaires, à instaurer des bons points en couleurs. M. Frandon, principal du collège d’Uzès, distribue de véritables souvenirs photographiques. « Les élèves, écrit-il, sont très satisfaits de ces récompenses. »

Les instituteurs primaires ne le cèdent en rien. Nous avons vu ceux de Paris. Voyez Portois, à Cambrai ; E. Le Barz, à Saint-Renan, qui, dans son village breton, s’échappe de la routine enveloppante; Martin, à Angoulême, dont l’effort est pierveilleux. Il lut dans un ouvrage de M. Vessiot, en 1886, que « comprendre dispense d’apprendre », remarqua l’attention de ses élèves sur certaines images. Il prit l'habitude de les montrer au moment de son cours, fut conduit à les multiplier. Les élèves cherchèrent eux-mêmes. Les gravures furent collées sur des feuilles libres, de format uniforme, composèrent des collections.

A chaque leçon, M. Martin autorise un certain nombre d’auditeurs à aller observer les images en silence. Puis il les interroge. L’installation est simple. Une corde tendue à hauteur des yeux ; les images y sont fixées par des épingles de blanchisseuse, quatre élèves y vont à lafois : dès que l’un revient, le suivant le remplace. Parfois il use de ce disposilif : Une tige à charnière est fixée au mur; à cette tige pend un passe-partout double verre, deux gravures y sont intercalées; deux groupes d’enfants peuvent les contempler sur

HISTORIQUE

les deux faces si cela est nécessaire. Puis il associe la nature à l’art. L’école est moderne, la classe est éclairée par quatre larges fenêtres de vingt-quatre carreaux en trois travées, sans compter l’imposte avec vasistas. La travée centrale seule peut s’ouvrir, les autres sont fixes. Sur l’appui, taillé en glacis à l’intérieur, il a fixé des planchettes horizontales, soit huit en tout. Sur chaque planchette fleurissent en pots huit plantes en toute saison : géranium, fuchsia, acanthe, etc.

Hélas 1 il faut bien l’avouer, c’est l’initiative individuelle qui a fait le peu qui est fait, et M. Gaston Rabaud, professeur au lycée Charlemagne, un de ceux qui ornent leur classe et l’esprit de leurs disciples, rappelle que celle-ci « n’est jamais encouragée: les maîtres qui en font preuve se tiennent très heureux s’ils ne rencontrent qu’indifférence de la part de leurs chefs » ! Un instituteur de Toulouse, M. Dardignac, raconte : « J’ai voulu faire quelque chose pour la décoration artistique des salles de classe. J’ai fourni un rapport. Approuvé, j’ai créé le musée d’art circulant interscolaire, ayant pour but d’assurer la décoration mobile des écoles. Pratiquement je me suis heurté au mauvais vouloir de mes collègues et j’ai dû, faute de ressources, laisser rapidement s’éteindre, le cœur plein de tristesse, l’œuvre péniblement lancée. » M. A. Ceautier est architecte de la ville d’Auxerre. On lui demande de poser des tableaux d’honneur dans une école. Il les trouve tellement ignobles qu’il refuse. Le lendemain les tableaux sont posés quand même ! Et je ne veux pas couvrir de honte un malheureux inspecteur primaire, en narrant qu’il se fâcha tout rouge parce qu’un directeur avait fait nettoyer les tables de ses classes !

A Paris on compte de nombreuses sociétés : pour le Développement de la culture artistique, fondée par MM. Chéramy et Jacques Teutsch; pour l’Étude de l’enfant, président M. Alfred Binet; un cercle populaire des Amis de l’enseignement laïque, créé en juin 1890 par M. Charles Gibier, et d’autres. Voici maintenant la Société nationale de l’Art à

l'École. Le nombre des associations et des personnalités qui s’occupent de l’enfance et de ce qui peut améliorer son esprit est considérable. Qu’ils coordonnent leurs idées, qu'ils unissent leurs efforts, qu’ils composent une nouvelle ligue plus particulièrement attachée à l’art, à l’hygiène et au goût, qu'ils agissent. Il est temps. N’est-ce pas hier qu’un critique impartial, instruit, à n’en pas douter, s’écriait douloureusement en constatant le quasi néant de notre agitation : « Nous avons conscience que la suprématie artistique, au moins en ce qui touche les arts industriels, menace d'échapper à notre pays! »

NÉCESSITÉ DE RECOURIR AUX INITIATIVES PRIVÉES. — COLLABORATION INDISPENSA- BLE DES ARCHITECTES. — CRÉATION DE LA SOCIÉTÉ NATIONALE DE L’ART A L’ÉCOLE.

Déjà, au congrès de 1904, M. Bayet disait: « Il faut surtout faire appel au dévouement de nos instituteurs, à leur zèle, à leur coquetterie pour l’école. » M. Beurdeley ajoutait : « Il y a lieu d’établir une collaboration volontaire entre les hommes d’éducation et les artistes. » EtM. Gasquet, en constatant que 3 000 francs ne suffisent pas à la direction de 1’enseignement primaire, nous a tracé notre devoir: il faut recourir à l’initiative privée, à l’union des efforts individuels.

A ce meme congrès M. Langlois s’exprime ainsi : « Il serait intéressant de fonder une société qui se préoccuperait d'introduire l’art à l’école. Votre exposition n’aura qu’un temps. Une société assurerait la permanence de son œuvre. »

Au retour de Louvain, en 1905, où j’avais assisté à l’éclosion de la Société « l'Art à l’école et au foyer », j'écrivais moi-mème : « Ce que des commissions n’ont pas su tenter,

HISTORIQUE

ce que des individualités ne peuvent arracher aux pouvoirs publics, un groupement peut l’obtenir. Il est inadmissible qu’en France on ne puisse rivaliser avec ce qui existe à l’étranger, en Suède, en Angleterre, en Allemagne, où l’Association des instituteurs pour l’éducation artistique, de Hambourg, est devenue une véritable puissance. .» Et M. Roger Marx, citant en 1906 ce qui se passe en Suède, ajoutait : « On voudrait qu’une société pareille vînt à se créer à Paris. »

Le 14 février 1907, le groupement tant réclamé naquit, sous le nom de Société nationale de l’Art à l’École, provoquant un mouvement d’opinion considérable. Son programme est celui qu’on attendait : l’école attrayante et ornée, des images et des fleurs. La cage joyeuse pour rendre joyeux l’oiseau, l’école fleurie substituée à l’école buissonnière. D’abord le gros de murs, la maçonnerie. Il faut la bonne volonté de MM. les architectes. Accepteront-ils l’alliance? Les plans de M. Félix Narjoux pour les constructions scolaires ne suffisent plus. Il faut beaucoup d’air, beaucoup de lumière, beaucoup de place. Mlle S. Brès affirme qu’il est indispensable que les architectes collaborent avec le personnel de l’enseignement. « C’est la condition même de l’adaptation parfaite des locaux àleur usage.. , Je sais bien que les architectes ne sont pas complètement ignorants des besoins scolaires. Cependant — du bâtiment plus que personne en un sens — en un autre ils n’en sont nullement, et mille faits ou détails importants au point de vue éducatif et hygiénique leur échappent... » Et M. Paul Yitry précise le désir artistique : « Pas de fac-similé, de trompe-l’œil, de faux tableaux, de fausses baguettes dorées... Enfin, si de la maison d’école même, non par la profusion des ornements, ni par le luxe extérieur, mais par la justesse des proportions, l'adaptation logique des matériaux, par la gaieté générale, on arrivait à faire une véritable œuvre d’art, ne serait-ce pas la meilleure leçon d’esthétique? »

Maintenant, le détail intérieur. Les oculistes proscrivent le blanc uniforme, le lait de chaux friable. Les pédagogues réclament des peintures claires, lavables. Au congrès de l'Art public, en 1905, à Liège, quelle unanimité sur laqueslion traitée par un Français, M. D. Bareilhes, inspecteur primaire, mort depuis à Toulouse !

Et puis l'imagerie? La société nouvelle a trié dans les stocks existants. Que d'ordures produites au nom de l'enfonce ! Le choix est maigre. Par la suite elle ouvrira un concours pour la création dans chaque province d'estampes propres à décorer les classes.

Les sujets préférés appelleront un paysage caractéristique de la région, une composition sur un des métiers locaux, et devront être traités avec la simplicité qui convient à l'enfance. La petite image manuelle ne sera pas oubliée. Ah î les jolis bons points aquarellés à obtenir de Henri Rivière, de Bernard Boutet de Monvel, de Benjamin Rabier, d'Augustin Hanicotte ! Il faudra ensuite l'appoint des élèves eux-mêmes à ces décorations. On apprendra aux jeunes filles, outre la science et le dessin, à embellir leur école pour qu'elles sachent plus tard embellir leur maison.

Il faut que les familles s’en préoccupent; il faut, ainsi l’a dit M. Couyba à la Sorbonne, que « les classes soient des conservatoires et des petits musées, grâce aux contributions volontaires des municipalités, des groupements d’anciens élèves et de leurs parents, devenus les bienfaiteurs de l’école qui fut leur bienfaitrice.

« Sans aller jusqu’à peindre à fresque les murs de nos écoles communales, comme Anvers, ni éditer des séries de planches en couleurs des artistes locaux, comme Bruxelles, pourquoi nos grandes cités, et Paris la première, ne feraientelles pas ce que lirent d'abord Bruxelles et Anvers : prélever chaque année une portion, si infime soit-elle, sur le crédit pour achat d’œuvres d’art, et l'employer à la décoration intérieure d’une école? Les toiles s’entassent parfois dans

HISTORIQUE

les greniers des villes, les plâtres et les marbres encombrent les squares trop exigus, et les écoles où se forme la nation de demain demeurent çà et là maussades et désolées. »

Les villes et les communes ne peuvent refuser leur appui. Ne s’agit-il pas d’améliorer ce qui leur appartient en leur évitant de la peine ? Le même raisonnement s’applique à

Anvers. — Ecole primaire communale, décorée de fresques à la mi-hauteur supérieure.

l’État, et l’administration des beaux-arts peut prêter partie de ses achats à l’Instruction publique. Chaque filiale du groupement central, chaque section peut se tracer un programme d’action spécial, dont l’exécution se poursuivra au fur et à mesure des ressources.

« Sort étrange des idées ! s’écrie M. Victor Margueritte. Celle-ci était, il y a cinquante ans, excellente. Elle n’est point meilleure aujourd’hui. Mais l’heure, le sol, le climat ont changé. Au lieu d’un terrain stérile, un terreau fécond

recueille et va faire fructifier la bonne graine. Niez donc le progrès. Il s’accomplit en dehors de nous, et malgré nous. 11 est rare, dans le champ des idées, que celui-là qui a semé moissonne... »

Si, lesenfants sèmeront eux-mêmes, et récolteront. Nous n'aurons qu’à leur montrer la nature. Pour des esprits simples, il faut un art simple. Il faut surtout des réalisations progressives, améliorer ce qui existe, peu à peu, sans argent ou presque, puisqu’on n’en a pas pour cela. Voilà le grand mot. Et notre ligue essayera vraiment de faire mieux que d'inculquer à l'enfance la peur du gendarme. Sans dédaigner cette Image animée , ce guignol du tableau noir, cette intuition par l'aspect, ces projections lumineuses , qui sont le grand areane de la pédagogie, elle s’occupera du décor général, de ce cadre où vivent les jeunes âmes, où elles apprennent à comprendre; elle implantera dans ces cerveaux puérils la joie des images qui demeurent et de celles qu’on emporte.

EXEMPLES DE L’ÉTRANGER. — LES INSTI- TUTEURS DE HAMBOURG. — JARDINS AMÉ- RICAINS. — L’ENSEIGNEMENT COMMUNAL BELGE. — LES ÉCOLES D’ANVERS. — « L’ART A L’ÉCOLE ET AU FOYER ». — ÇA ET LA.

On a constaté que le mouvement de l’art à l’école avait pris naissance en Allemagne. C’est exact. L’imagerie scolaire y est variée, soucieuse de l’art, à des prix abordables. Des hommes de talent, nombreux, s’y sont consacrés. L’initiative privée s’y manifeste par les soins d’une société puissante qui s’est créée à Hambourg voici plus de dix ans : l’Association des instituteurs pour l’éducation artistique. Elle comprend neuf sections : 1° arts plastiques ; 2° littérature; 3° musique ; 4° gymnastique; 5° travaux manuels;

HISTORIQUE

6° formation des maîtres ; 7° études de l’enfance ; 8° théâtre ; 9° photographie.

De fréquentes brochures expliquent et propagent les théories et les travaux de chacune de ces sections. Des

Anvers. — Un des dix panneaux de la Culture et l'industrie du lin dans les Flandres, décoration d’une école primaire communale.

concerts populaires sont donnés dans les écoles. On y joue du Weber, du Wagner, du Rossini. Les orgues y mugissent. Une semaine avant, le programme est envoyé aux instituteurs qui jouent ou font jouer les thèmes principaux, esquissent la biographie du compositeur. Les anciens élèves ont droit aux cartes d’entrée moyennant 0 fr. 10. L’année dernière il a été donné sept concerts; chacun a rassemblé plus de deux mille auditeurs, comportant quatorze mille

cent cartes. La société a en outre un organe mensuel illustré, Der Saemann. C’est une des meilleures revues éditées par Teubner, de Leipzig.

M. Marcel Braunschvig nous apprend que les conseils municipaux de Leipzig, de Dresde, ont attribué des sommes importantes à l’embellissement des écoles. A Altona, en 1902, 500 marks furent votés dans un but semblable. Sept classes de la seizième école populaire de Charlottenbourg et, à Berlin, Lécole fiscale « Augusta », ainsi que le séminaire, des maîtres qui y est adjoint, ont été ornés. Le duc deSaxe- Meiningen a octroyé à l’école de Lanscha deux cent vingthuit gravures encadrées. Une circulaire du gouvernement d'Anhalt appelle l’attention sur la nécessité de l’éducation artistique pour la décoration des classes.

Parallèlement aux associations des maîtres, il existe dans certaines villes allemandes des associations de parents, sous ce titre général : « l’Art dans la vie de l’enfant. » La plus florissante est celle de Berlin, qui a publié en 1902 un manuel d'éducation artistique à l’usage des parents et des maîtres. C’est à Berlin qu’eut lieu, en mars 1901, l’exposition « l’Art dans la vie de l’enfant », qui comprenait trois parties : décoration de l’école et de la maison, livres d’images. dessins d’écoliers.

En 1906, M. Sickinger et le Dr Wolf Becher lancèrent à Charlottenbourg la conception fameuse : « l’École dans la forêt, » qui se propagea rapidement... jusqu’en Écosse ! On cria : La meilleure décoration de l’âme enfantine, c’est la nature !

Il est certain que l’école idéale est sous le ciel, au sein des bois, dans le décor immortel de la terre. Mais s’il est possible de l’introduire à la maison, cette nature, pourquoi ne l'essayerai t-on pas?

D'où la chromolithographie allemande, qui inonde les pays avoisinants. Il en est entré 11 086 kilogrammes en France, en 1905, par la gare de Tourcoing. Il faut lire far-

HISTORIQUE

ticle d’Auguste Marguillier dans la Chronique des arts sur l’imagerie scolaire en Allemagne. C’est la première.

Il existe en outre une coquette revue spéciale, Iiind und Kunst , qui se propose d’habituer l’enfant à observer la beauté dans la nature et dans l’art, apprend la méthodologie de l’enseignement esthétique aux parents et aux maîtres, reproduit des chefs-d’œuvre, des modèles de chambres d’enfants, des dessins puérils, des jouets, etc. La revue Hochland , à Kempten, en Bavière, cède, à 2 et 3 centimes, des photographies, et de superbes héliogravures à 10 centimes.

Der Saemann nous apprend que l’art à l’école se propage en Amérique. On a pu en juger par l’exposition de Saint- Louis. Il existe une société qui se charge d’acheter des gravures et de les faire circuler. On en trouve à 0 fr. 05 ou moins. La mine est inépuisable, avec les collections Perry, Brown et Cosmos-Pictures.

Par exemple, les «jardins d’enfants », en Amérique, sont rudimentaires et diffèrent sensiblement de ceux que nous avons admirés en Allemagne, en Belgique, et que nous commençons à voir en France. M. Georges Benoît-Lévy nous raconte dans le Tour du Monde : « La municipalité de New-York avait acheté au bord de l’Hudson, dans un quartier populeux, 3 hectares de terrain qui servaient de décharge publique. Mme Parsons lui dit : « Prètez-moi ce « terrain, je vous le rendrai embelli. » Puis elle invita les familles pauvres à envoyer leurs enfants. Elle installa une vaste tente avec un tableau noir. Les enfants furent divisés en groupes de vingt-cinq, numérotés, le terrain partagé en vingt-cinq tranches. On expliqua l’usage des outils, des graines. En moins d’une heure et demie vingt-cinq carrés étaient semés et, de ce jour, les petits jardiniers vécurent passionnés pour savoir ce qu’il adviendrait de leurs graines. » Cet exemple a été suivi dans d’autres villes, notamment à Philadelphie, où une association se forma et se mit

l’art a l’école

d’accord avec la municipalité pour aménager des jardins d’enfants. Le comité d’éducation publique de Philadelphie vota 16 000 francs, sous la direction de miss H. G. Bennett et de M. R. F. Powell. On n’est pas plus américain.

Sautons l’Atlantique. Depuis 1883, une Association d’art pour Fécole orne les classes de Londres, grâce aux œuvres spécialement composées par une seconde Association dite « de Fitzroy ». Cette dernière, présidée par M.Heywood Sumner, renferme des artistes réels : Selwyn Image, Christophe W. Wall, Louis Davis. Les estampes qu’elle publie s’inspirent des sujets rustiques, sinon des Livres saints. L’exposition de la Libre esthétique de Bruxelles en 1894 en contenait une série. La facture en est simple, en tons plats avec des contours accusés. Mais les sujets ont été trouvés trop idéalistes par d’aucuns. Cette année même (1907), un Londonien, M. Harrold Johnson, a passé cinq semaines chez nous, enquêtant sur l’enseignement de la morale laïque. Il s’est intéressé tout particulièrement à la question de l’art à l'école, convaincu qu’il faut créer une atmosphère pour que le nouvel enseignement philosophique porte ses fruits. De retour à Londres, il a créé la Ligue de l’instruction morale qui répond à celle de l’Art à l’École chez nous.

Le musée artistique de Manchester prête aux écoles des collections encadrées. Nombre de cités importantes ont décoré les murs des classes à leurs frais. Et une lettre reçue de Flnde anglaise par M. L. Mallinger l’assurait que le bulletin de T Art à V école et au foyer était lu là-bas avec intérêt...

Pour la décoration intérieure, l’enseignement communal belge est en avance sur le nôtre. Il a réussi à transformer les établissements scolaires en logis d’art et de beauté. Partout, de la grande ville à l’humble bourgade, municipalités et maîtres ont rivalisé de claires peintures et d’attrayantes imageries. A Bruxelles, le labeur est incessant. Naguère encore une commission a été instituée pour l’élaboration de vingt planches artistiques à suspendre aux murailles,

HISTORIQUE

commandées à des artistes du cru. Les deux premières sont parues. Cette collection, composée de sites et de métiers flamands, s’annonce comme un véritable monument national, dont le mérite artistique nelecéderaenrien à l’utilité géographique. Il existe une Société de l’éducation familiale qui a hautement manifesté ses préférences aux congrès de Liège en 1905 et de Milan en 1906. Et lors de la dernière discussion à la Chambre belge du budget des sciences et arts, le 24 juillet 1907, M. Jules Destrée, membre militant de l’Art à l’école et au foyer, y a triomphalement fait applaudir ses théories.

La Belgique est d’ailleurs le pays

de l’art à l’école par définition. J’ai dit ailleurs que 1 cation esthétique populaire était désormais inscrite au pro gramme des six années d’études primaires. L’arrangement et l’ornementation des classes en constituent les éléments principaux. L’enseignement par l’aspect, les projections

Page 1