FERRONNERIE
Fontaine. xiv° siècle (musée d'Albi).
La ferronnerie esl un arl qui, par les difficultés mômes de la matière et les exigences du mécanisme s'opposanl à une décoration libre, est plus parliculièrenii'iil intéressant. 11 n'en esl pas où il ait fallu plus de soin el de ténacité à l'ouvrier.
On peul étudier tout le développement de cet art dans 1rs serrures à verlevelle, qui sont les plus anciennes, el dont les formes n'ont pas changé du xue au xvc siècle. Les motifs empruntent au style gothique le
système des arcatures et des niches. Le travail esl parfois si compliqué et si fou de délicatesse qu'il ne semble pas que' de tels objets aient pu être mis en place.
Jusqu'au XVe siècle les ciels furent très simples : toujours un anneau plat sans
décoration. On voit apparaître déjà une sorte de trèfle ajouré. Mais c'est avec le xvi° siècle que le travail s'y complique d'une ornementation extraordinaire. La poignée se compose souvent de deux sujets adossés où s'est donné libre cours toute la fantaisie de l'ouvrier; le canon est court et uni. Mais toujours la clef reste un objet de ferronnerie, traité par les moyens que fournissait la forge.
Avec le xviie et surtout le xvme siècle, elle devient un objet de luxe et de parade. Le fer esl traité comme l'or ou l'argent par le bijoutier. C'est le travail de gravure el de ciselure qui aura le premier rôle.
Toute l'histoire de cet art peut être aisément suivie dans les vitrines où la racontent les objets des collections Doistau, Morsent, Dallemagne. La collection de clefs de M. Doistau présente tous les types imaginables, en spécimens choisis avec un goût parfait et sûr.
Seau a eau bénite, w° siècle (collection de M. Edmond Guérin).