I. \ PEINTURE
par cet académicien de Paris, lixé à Berlin vers 1710 et morl dans cette ville en l~-">7. Une seconde toile signée el datée de lui en 174b' nous fait voir La danseuse Marianne Cochois, dansant eu un paysage, aux sous de la flûte et du tambourin, devant plusieurs spectateurs. C'est à peu près la même scène que nous présentait Lancret, tout à l'heure, avec sa Camargo. mais l'exécu-
A. Covrei . — \<\ TOILETTE, d'après Li gravure de I.i.i-icm:.
tion de Pesne est moins facile et plus insistante. L'artiste nous est peu familier. 11 esl fâcheux qu'on ne nous ait pas apporté un plus grand nombre <le ses tableaux pour mieux établir notre opinion sur son compte. Sa carrière en Allemagne a déjà préoccupé quelques-uns de nos confrères. A coup sur Antoine Pesne était homme de talent.
IV. — Les œuvres de sculpture sonl de transport malaisé. A peine en a-t-on pu envoyer six ou sept au Pavillon impérial, en dehors de quelques beaux vases d'ornementation. Tout au moins dois-je constater l'intérêt supé-
rieur de quatre luislcs historiques. Les deux premiers sont des chefs-d œuvre de nuire lloudon : un marbre de Voltaire, un bronze du prince Henri de Prusse en costume romain. Deux merveilles de caractère, d'intime interprétation, de probe et terme travail. Un autre bronze d'impérieuse beauté vient île Bouchardon : le buste de Charles XII de Suède. Le portrait du cardinal de Richelieu, en marbre, est porté de longue date à l'actif de Giraldon sans le moindre commencement de preuve. Le savant conservateur des collections de Polsdam se demande s'il n'y faudrait pas voir le buste du cardinal sculpté par le Bernin et dont on a perdu la trace. Ce serait, en ce cas. l'un des plus beaux ouvrages de l'artiste italien. Mais le problème reste à résoudre.
Enfin, pour rendre témoignage de l'art gracieux et léger du temps, si enclin aux mytlndogies de dilettantisme, voici une tète de Neptune à la barbe limoneuse, aux cheveux couronnés de roseaux, taillée dans le marbre d'un adroit ciseau de décorateur par Lambert-Sigisbert Adam, de Nancy; un petit groupe en marbre non exempt d'affectation, V Espérance nourrissant V Amour, du vieux Tassaert, anversois d'origine, parisien de technique, mort à Berlin en 1788, et un autre où se voit la déesse Vénus assise dans une coquille, conduite par des amours et traînée par des dauphins, œuvre de Pfaff d'Abbeville. Ce Pfaff, au nom bizarre, s'appelait, en réalité, le baron de Pfaffenhoven et la capitale île l'Autriche avait été son berceau, lue méchante affaire de duel le chassa de Vienne. Il vécut chez nous en honnête artiste et même, lit souche en 'Picardie. Notre collaborateur M. Vilry a publié naguère, dans [&Revue, une notice tort curieuse à son sujet et à laquelle je renvoie le lecteur. Aussi bien, s'il faut résumer en deux mots nos impressions sur les collections du Grand Frédéric, telles qu'elles nous apparaissent dans le beau raccourci du Pavillon impérial du quai d'Orsay et à travers le livre substantiel de M. le docteur Seidel, je dirai que l'art français du xviu1' siècle y donne sa mesure en des expressions typiques. Le conquérant de la Silésie fut un amateur subtil comme il fut un haut politique et un lier capitaine, et nous sommes redevables d'heures charmantes à S. M. l'Empereur Guillaume qui a trouvé moyen, du même coup, d'honorer son illustre ancêtre et de saluer le génie français en nous entr'ouvrant le trésor de Potsdam.