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pleureurs provenant du tombeau de Philippe le Hardi (collection de M le baron
Arthur de Schickler) el trois pleureurs provenanl du
tombeau du duc de Berri à Bourges, aujourd'hui en
la possession de M. le marquis de Vogué. — Si le
tombeau de Philippe le Hardi esl dû à la collaboration
-m ssivc de .Iran de Marville, de Sluter el il'1 Clans
de Werve, c'est bienàce dernier qu'on doit la presque
totalité de ces figures de pleureurs, d'expression si
émouvante, et c'est de 1404 à 1412 qu'elles durent être
exécutées. Quand le duc de Berri voulut élever dans sa
chapelle de Bourges un mausolée comparable à relui
que son frère venait d'ériger h Dijon, il en chargea
Jean de Cambrai, l'élève d'André Beauneveu. Depuis
les beaux travaux de M. de Champeaux, nous savons
maintenant que c'est à Paul Mosselmann qu'il faut attribuer les belles statuettes de pleureurs, qui, pour l'intensité du sentiment cl la vie expressive et concentrée,
ne le cèdent en rien à ceux de Dijon. — On admirera beaucoup aussi six figurines de pierre inachevées et seulement épannelées, Dieu le père, la Vierge, saint Jean, saint Christophe, sainte Anne et la Vierge, de la bibliothèque de Grenoble, ainsi que deux petites figures de -aint Denis et d'un moine de la collection Moreau Nélaton. — Un buste de femme, d'un charme tout particulier, parait être un fragment d'une grande stat ue tombale du xv* siècle
(collection Oppenheim). — Le musée de .Moulins a envoyé une petite vierge en marbre, très complète et tout à fait exquise, ainsi qu'une bonne figure de saint Jean, et un chef de saint Evêque en pierre du plus grand caractère. Un has-reliet' du musée d'Aix nous donne, en un calcaire
c pact à grain très fin, une effigie du roi René, qu'il
est intéressant de rapprocher des quelques portraits peints où l'on veut retrouver ses traits. Il est ici représenté la tête couverte d'un bonnet, avec un vêtement fourré au
col. \ ii revers sont ses armesgravées en intailles. Cette pierre aurait été découverte
à Avignon, dans les fondations d'une ancienne maison.
A.NUE, MARBRE GRANDEUR NATURE collection «le M. Schiff' .
Sainte Marthe, xvie siècle
Cliché tiré de l'ouvrage sur la Champagne par MM. Kœchlin el Marque) de \ t.. ei iiou de M. Loopold Goldsclimidl .
Ainsi qu'aux siècles précédents, la sculpture du xvic siècle fleurit aux quatre coins de la France en monuments merveilleux; l'histoire no pourra en être vraiment débrouillée que lorsque îles monographies spéciales à chaque province nous en auront fait connaître tous les éléments. Les monuments sont ici tout à fait insuffisants à eu indiquer les grandes lignes. Les uns ne sont que 1res curieux, comme cette gourde reliquaire en pierre du musée du Puy, où apparaît d'un côté le portrait de Louis Ml. D'autres sont trop peu de chose, bien que très intéressants, comme les deux têtes de femmes des musées de Chartres et de Moulins. Le vieillard portant une couronne d'épinrs. du musée de Compiègne, esl sans doute un Iran' m eut d'une mise au tombeau : la vierge en albâtre du inusée de Moulins est un excellent échantillon de l'école de la Loire, et comme un reflet de Michel Colombe. — Les ateliers champenois sont mieux caractérisés, par un lias-relief en marine, représentant la purification et l'étoile apparaissant au berger (église Saint -Nicolas à Troyes), par deux figures de l'Architecture et de la Prière, île la collection Schiff, par une autre symbolisant ht Force, de la collection Raymond Kœchlin, par une sainte Barbe, à M. Ch. Gillot, et surtout par une admirable statue de sainte Marthe appartenant à M. Léopold Goldschmidt. L'Ecole de sculpture champenoise, si féconde au xvi° siècle, n'aura plus de secrets pour nous, depuis les travaux considérables et si complets que lui oui consacrés MM. Raymond Kœchlin et Marquet tle Vasselot.
Il est fort heureux qu'on ait pu faire venir de Pévêché d'Orléans le buste en bronze si peu connu de Jean de Morvilliers, garde des sceaux, mort en 1552, œuvré d'une superbe et sévère tenue, de
lui iEni — Statue marbre [collection de M. le comte Moïse de Camondo)
Germain Pilon, oiise retrouvent toutes les grandes qualités des bustes de Henri II et de Henri III du Louvre; ainsi que le buste en bronze, par Guillaume Dupré, du connétable de Lesdiguière, à la bibliothèque de Grenoble.
IJuelqucs bronzes île Jean de Bologne étaient indispensables pour jouer leur mie décoratif dans certains ensembles de mobilier : les collections particulières en ont fourni de beaux exemplaires.
En dehors de deux admirables bronzes de Coyzevox prêtés par M. le baron Gustave de Rothschild, les sculpteurs du règne de Louis XIV sont insuffisamment représentés. La sculpture du xviir3 siècle, de la Régence à la Révolution, fournit au contraire un ensemble d'œuvres tout à fait remarquables, surtout pour la petite
[/EXPOSITION KETUOSPECTIVI
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sculpture. Jean-Baptiste Lemoyne y figure avec la statue <mi bronze de Louis XV,du musée de Bordeaux : Pigalle avec un délicieux marbre de Diane à M. Moïse de Camondo, et avec un beau buste d'homme en terre cuite, du musée Saiul. Iran d'Angers.
Diderot fut intarissable sur le chapitre de Falconet, auquel il reconnaissait du génie : l'affirmation était peut-être téméraire, mais il faul convenir que c'était un artiste singulièrement habile el qui en de petites œuvres sut apporter dans les nus un frémissement de vi'\ une palpitation des chairs tout à t'ait remarquables: le petit groupe de marbre de f la collection Boy est là pour l'attester, avec l'exquise petite femme nue, peut-être la Dubarry, du musée de Lons-le-Saulnier, ainsi que la Vénus en <
rire colorée de la collection Barbediennc.
Caffleri sul affirmer sa supériorité par des qualités plus mâles dans des œuvres fermes et volontaires; li statuette de femme en marbre à M. le comte Moïse de Camondo est d'une grâce infinie, mais le portraitiste aigu se retrouve dans le superbe buste en terre cuite de Piron, du musée de
l)i'|0n. Pajou. — BCSTE DE FEMME
Que dire de PajOU, si CC n'est qu'il est le charme (collection de M. H.DeulsihdelaMeurlhe).
même .' Ses plus belles œuvres sont, au Louvre, et
cependant quelle aubaine d'avoir pu faire connaître cet admirable buste de femme daté de 1789, de la collection Deutsch !
Ceux qui aiment Clodion (se peut-il qu'on ne l'aime pas '.'), trouveront amplement à se réjouir. Il a pris plus de place que les autres, mais c'était justice
»dans une exposition qui ne s'est pas proposé de présenter l'histoire de la grande sculpture. Il esl ici à sa place, et à la première, à côté des décorateurs, avec ses terres cuites exquises, œuvres spontanées, faciles et libres où sa verve se dépensait. Ce sont les bas-reliefs du musée de Cherbourg, la frise de la collection Haviland, le merveilleux groupe de bacchantes de M. le comte Moïse de Camondo. et le joli groupe en terre cuite du Docteur Cornil, Le Rhin séparant
Masque de femme, xiv siècle
ses eaux. — Le nom de Marin se trouve lié, par une sorte d'accord artistique, avec celui de Clodion, et des œuvres rumine le buste d'enfant el la femme nue tenant une coupe levée, de la collection .Iules Porgès, sont dignes de toute admiration.
Finir le siècle avec Houdon, c'est le fermer par un nom qui éclipse tous les autres. Il fallait le taire, ou montrer un chef-d'œuvre. La rétrospective en fait connaître deux: le buste du président Houdry, du musée d'Orléans, et le buste dé liarnave, à la bibliothèque de Grenoble.