‹ L'Art a l'Exposition universelle de 1900Chapitre 34 sur 101 · L'ASS M I · texte numérisé non relu

L'ASS M I

à maints dilettantes. Robustes, niais communes, ses figures s'éloignent trop

des conventions à la mode pour n'avoir point froissé les amis du convenu.

A PEINTURE

Lo3

Nous connaissons le mol de l'impératrice Eugénie au marquis de Chenne.vières sur la Baigneuse du maître, au Salon de 1853 : « C'p.sI une percheronne. )> Remarquons, en passant, (pic le reproche de se faire un idéal de la laideur avail été pareillement ail rose à Delacroix à maintes reprises. En

A. Maigkan. — L'ATELIEB du i'iiiki m; (apparlicnl à M""' Gadala).

l'ait je ne crois pas que Courbet ail eu pour le laid une prédilection quelconque. Ses personnages sonl. généralement, lourds, de physique ordinaire, issus de milieux sans élégance ; ils n'ont rien de repoussant. Le grand souci du peintre a été de les rendre au naturel en leur humanité vraie. Je ne crois pas, non plus, qu'il ail souvent cherche l'étrangeté. Le laineux sujet d'allégorie « réelle » qu'il avait conçu à ses débuts : « Le char de l'Etat lire ru sens inverse par de far/s chevaux et par des haridelles et enrayé par les * jésuites ». n'a jamais été exécuté. Son goûl manquai I de finesse: on l'a trop

vu dans sun Retour de la conférence où il se divertit grossièrement à résumer des plaisanteries de brasserie ou d'auberge de canton sur le clergé. Son chef-d'œuvre. l'Enterrement à Ornàns, où il a mis tant de puissance, de dignité et d'émotion, est déparé par une figure triviale répétée doux fois : le paysau en robe rouge de conseiller de cour. J'ai eu l'occasion de lui demander, à la Tour du Poil lz. quelques mois avant sa mort, quel sens il lui avait prêté. Il me répondit sans sourciller : « C'est mon opinion sur la magistrature. » Envisagez, pourtant, ses tableaux, les Casseurs de pierres, ÏAprès-Midi à Ornans, les Demoiselles de la Seine. l'Enterrement, l'Atelier du peintre : tous sont sérieusement composés et gravement peints. Il lui arriva, en ses portraits de lui-même, de poursuivre avec complaisance un caractère do beauté. Ses nudités, fréquemment superbes, sont d'un homme qui aime trop la grosse chair. Tout au moins réagit-il énergiquement contrôles peintres îles académies en carton découpé ou en baudruche gonflée de vent. Nul n'a eu un plus beau sentiment de la peinlure grasse, substantielle, modelant et dessinant tout ensemble en pleine pâle cl tin mémo coup. Nul n'a plus fait pour la restauration du grand métier de peintre, >i fort oublié autour de lui. La fréquentation du Louvre, où. tout jeune, il avait copié à titre d'étude de nombreux morceaux italiens, flamands el hollandais, lui avait ouvert le- yeux et révélé l'esprit des larges techniques. Son originalité, loin do se brider au contact des vieux maîtres, s'était développée et affermie, car il rapportait tout à l'observation de la nature. C'est à lui seul qu'il doit, par exemple, son emploi -i frappant du couteau à palette. Je no nie point ses défauts, ses inégalités, ses exagérations ; mais combien, on réalité, son esthétique, bien ou mal définie tout d'abord, a élé cl reste féconde. Courbet revendiquait hautement, on face des malentendus romantiques et des enseignements académiques, le- droits do la vie moderne, des type-, do mœurs d'aujourd'hui. Tout cela pouvait, devait mémo se traduire en peinlure et on grande peinture. Qu'on lise plutôt le passage do la préface du catalogue de son exposition privée en 1855 : « Je ne sais pas si je suis réaliste comme on 1 a dit et répété, mai- je sai- bien que je veux peindre par impression sur le monde que je vois, .le ne veux pas être seulemenl un peintre, j'entends être un homme vivant. »

Les tableaux de Courbet réunis au palais des Beaux-Arts sont grandement à considérer. A vrai dire, le Bonjour. Monsieur Courbet, du musée de

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Montpellier, n'esf qu'un bel enfantillage de peintre. Au contraire, la Cribleuse de blé en robe rouge, dans un clair intérieur de grange, avec quelques personnages accessoires, plaîl par sa simplicité, sa franchise et sa couleur blonde. Quelques œuvres de l'artiste, sombres à l'origine, ont poussé au noir, comme l'Après-midi à Ornans, qu'il faut aller voira Lille. Néanmoins. Courbet a tendu

AfiAciiK. — Etude dêcoh.vïivk

à la clarté. Sa Cribleuse atteste qu'il n'a aucun besoin des artifices d'oppositions forcées et de valeurs fausses. J'ai examiné, naguère, au Grand- Hôtel de Bruxelles, son Mendiant faisant l'aumône. Le désir de la lumière extérieure l'a entraîné dans celle toile à l'abus de blancs ; mais son sincère effort d'évolution, conformément à son principe, s'y l'ail sensible. Un peut juger du talent d'animalier et de paysagiste du maître d'Ornans au Salon centennal. sur son Renard pris au piège, saSieste, où bœufs et paysans dorment à l'ombre, et son paysage de Franche-Comté. J'aurais voulu voir s'ajouter à l'ensemble une de ces marines calmes, si limpides et si délicates, exécutées par l'artiste durant un séjour à Etrelat. Elles semblent avoir impressionné

l'Anglais Whistler, alors à ses débuts. Delà Vague du musée du Louvre, tout le monde a ilil de longue date le mot qui sied : c'est une vague figée en marbre.

Au total, je liens pour incontestable, en dépit des équivoques introduites par la fantaisie dos artistes et par les controverses des critiques, que le réalisme pose la question de l'art sur son terrain le plus sûr et le plus français.

Il est faux qu'il prêche le culte de la laideur.

Sa définition implique le droit de peindre fidèlement la réalité expressive à tous ses degrés.

dans tous ses modes. Les classiques avaient tout sacrifié à des formules abstraites : les romanliquesavaient tout donné à l'agitation, au drame littéraire et crié la nécessité d'être libres sans parvenir à fonder une doctrine positive. Le réalisme vient dire quel usage on peut tirer de la liberté en peignant son temps du pinceau le plus fort. Ainsi l'art se retrempe à la source de la vie nationale et sociale, et. par des voies nouvelles, s'efforce de redevenir profondément, intimement populaire, comme chez nos aïeux, •le n'affirme pas que le but ail été pleinement atteint : j'affirme qu'on est désormais en possession d'un programme, où rien n'esl arbitraire, que certains commentaires qu'on en fait.

Avec le temps, le principe s'arrachera aux ambiguïtés el aux partis pris. Courbet a rendu possible l'évolution de la peinture vers les spectacles de l'existence considérée autrement qu'en anecdotes. Tous ceux qui n'estiment pas que la dignité de l'art soit uniquement attachée à la représentation de sujets antiques, bibliques ou abstraits et, à la rigueur, de souvenirs militaires et de

Bblleio -Desi ontaines

Portiuit de M. Henri Martin

LA PEINTURE

scènes officielles; qui demandent à l'art des ('motions et non des amplifications de rhétorique et des exercices de mise en scène ; qui jugent l'imagerie historique trop souvent vaine et vide; qui pensent, enfin, que l'humanité de notre époque mérite d'être exprimée en sa particularité, dans ses

E. binAi . — Al' vii.i. ii. r.

cadres de civilisation ou dénature, lui doivent beaucoup. Sans lui les compromis se fussent prolongés: par lui un légitime changement d'orientation a commencé à se produire.

IX. — Le règne de Napoléon III ne nous retiendra pas longtemps. Delacroix, Ingres, Paul Delaroche, Horace Vernet achèvent leur carrière. Un

groupe d'idéalistes affiliés à l'atelier d'Ingres peint des tableaux d'histoire ou de religion et des portraits, couvre même des murailles d'églises de compositions graves, d'un dessin correct et froid, d'une exécution mince, d'une couleur neutre. Hippolyte Flandrin est le meilleur desservant de cette chapelle ingriste, qui compte parmi ses membres Victor Oiscl. Périn. Amaury- Duval. Paul Baudry s'annonce comme un voluptueux un peu maniéré, amoureux des nudités sacrées, réchauffées d'un soupçon de l'ambre de Venise. Son malheur sera de toujours se rappeler les vieux maîtres. On ne le reconnaît que trop dans la série de ses portraits et dans ses décorations du loyer de l'Opéra. Se- petits portraits d'Edmond Aboul et de son frère, l'architecte Ambroise Baudry, sont, d'ailleurs, des morceaux de maîtrise, du caractère le plus précis et le plus français. M. Hébert, élève de Paul Delaroche, a rapporté de Rome sa Malaria aax marais Pontins. Il aimera toute sa vie les types mystérieux, lestons morbides, verdâtres ou jaunâtres, les effets estompés, rentrés dans la toile. M. Gérôme, sorti du même atelier, débute avec une vaste allégorie du Siècle à" Auguste, présentement au musée d'Amiens, où des figures influencées de Delacroix encadrent des ligures inspirées d'Ingres. L'artiste nous offrira tour à tour des idylles au dessin très arrêté, comme le jeune homme et la jeune tille nus. debout parmi les animaux innocents d'un Paradis terrestre, du musée de Tarbes, exposés au palais dcsBeaux-Arts, des scènes d'histoire anecdotique de donnée spirituelle, traitées d'un pinceau très précis, comme son Père Joseph salué parles courtisans et des épisodes de la vie orientale. De M. Bouguereau, l'on aura des sujets religieux, des mythologies, defemmes nues, des paysanneries de convention, peintures lisses, d'une toujours égale perfection. M. Henner peindra des femmes nues, des femmes nues encore et des figures de Christ mort, étendu sur la pierre du sépulcre, et des portraits simples. Deux ou trois thèmes de composition en tout inspirent son œuvre entier. Seulement M. Henner est un grand peintre, amoureux de la chair féminine, en possession du secret d'une pâte fluide et pourtant très grasse, et qui va naturellement vers le Corrège et vers Prud'hon. au lieu d'aller vers Ingres. Les amateurs l'ont aussi connaissance avec Gustave Moreau, d'abord passionné pour Delacroix, ainsi qu'il appert de la Madeleine du musée de Dijon, puis gagné à la grâce enveloppante de son ami Chassériau, subjugué par le charme mystique et le tendre coloris des primitifs Italiens et qui poursuivra sa carrière sous la République, peignant sous

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îles couleurs d'une richesse quasi persane ou indoue ses interprétations si étrangement personnelles des fables grecques et des légendes poétiques.

Rtche

— Les mh'nui s

Dans la même période Puvis de Ghavannes apparaît. Un moment romantique en sa jeunesse, il ;i décrassé sa palette des bitumes fâcheux et des Ions sombres; il s'est l'ait un dessin d'abréviation et une couleur de synthèse, appropriés à des imaginations où la réalité se mue en légendes ou se

Koi.l. — SOVVRNXH COMMÊMOn.Vni' DE LA POSE 1>E LA PKEMIÈHE PIERRE 1)1 PONT ALEXANDRE 111

[cadre sculpté pat le peinl re -

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transpose en symboles. Sa vision de Marseille, porte de /'Orient, en l'escalier du musée de Marseille, a des colorations à la Delacroix. On ne trouve plus rien de tel en n'importe quel .de ses ouvrages décoratifs ou autres, à Paris, à Amiens, à Poitiers, à Lyon, à Boston. J'ai entendu dire que ses compositions devaient quelque chose aux Giottesques ; elles doivent aussi quelque chose à Chassériau et (pourquoi se le dissimuler? quelque chose à

.1. Veubr. — L'on (appartient ;'i M. Degournav).

Nicolas Poussin. Sous l'Empire, le succès de Puvis de Chavannes resta douteux aux yeux du public. A l'époque suivante, il devait grandir jusqu'à l'apothéose.

Les portraitistes du règne de Napoléon III. en dehors d'Ingres et de Flandrin. s'appellent Ricard. Chaplin, Dubufe, Jalabert, Cabanel. Ricard nous apparaît, au palais des Beaux-Arts, avec une dizaine d'effigies concentrée-. rêveuses, évoquées en profondeur, sous une lumière d'or fondu. Je préfère de beaucoup le Cabanel portraitiste au Cabanel des tableaux bibliques ou autres. A défaut de vigueur, on trouve quelquefois à ses portraits de femme du monde un caractère d'élégance maniérée, mais indéniable. Chaplin fouette

des blancs el des ruses ei cherche trop le ragoût. Je ne parle pas de Winv terhalter, le peintre ordinaire de L'impératrice; il est allemand de naissance, international el fade de talent plus que personne. Dans la peinture militaire, Meissonier l'ail supérieuremenl valoir ses qualités de patience, de science et de conscience; Yvon, Bellangé. Pils, Protais se sont enrôlés à la suite d'Horace Vernet ; Guillaume Régamey. vers la lin de la période, promet un mâle peintre el donne des tableaux pleins de verve comme sa Batterie des tambours de la Garde, ou pleins de grandeur comme ses Cuirassiers aux manteaux gris, mais dès 187.">. la morl viendra le prendre. Au domaine de rusticité on n'a longtemps connu que des faiseurs de scènes villageoises du genre d'Adolphe Leleux, l'homme des Danses et îles Assemblées bretonnes, tapotées, vergetées, mal consistantes, lequel, après 18i8, a exécuté deux ou trois curieux épisodes des troubles de la rue pour revenir aussitôt à ses faibles bretonneries. Désormais, Jean-François Mille! est h1 maître des paysans el voici que .M. Jules Breton se met en belle évidence avec sa Procession dans les blés, si m Pardon en Bretagne, sa Plantation d'an Calvaire et ses Sarcleuses en Artois, affirmant un sentiment poétique, tendre et personnel el un art de peintre ouvert à l'émotion des nuances. N'oublions pas aussi que, dans le même temps, Courbe! produit quelques-unes de ses peintures rurales les plus significatives — par exemple les Casseurs de pierres el les Cribleuses de blé, el i|ii il a. parmi les jeunes artistes, de fervents admirateurs. Songeons, enfin, que les paysagistes nommés plus haut sont, pour la plupart, au plus beau moment de leur carrière. D'autre pari, l'orientalisme réclame, en dehors de Delacroix el de Decamps. les sérieux paysagistes Marilhat, Bellyel Berchère, sans parler de Théodore Frère, de Tournemine el des voyageurs Adrien Dauzat, peintre el aquarelliste, amateur d'architectures pittoresques, imlateur adroit, sinon très profond de s,. s impressions de roule, et Jules Laurens, que son humeur a conduit jusqu'en l'erse. L'Orient l'ail encore deux recrues précieuses : Alfred Dehodencq, dont les scènes africaines supportent sans faiblesse le voisinage de celles de Delacroix dont elles se distinguent par un caractère d'originalité propre, et ce séduisant Fromentin, paysagiste^ peintre de chevaux, peintre de genre, esprit inquiel. épris de tous les raffinements, coloriste chercheur de Ions rares, fondus en des harmonies parfois trop brillanlées. Si l'on a souci de la fantaisie. Eugène Isabey et Eugène Lami sont là pour répondre. Les petits personnages d'Isabey, vêtus de salin.de velours

F. Ehiybvl y.

L \ Su; w. \M'i;

LA PEINTUKE

et de pierreries, jetés ehimériquement, sous des travestissements divers. en des épisodes d'un romantisme de conte de fées, s'agitent, se trémoussent. se battent, foni des révérences. C'est un peu fou, mais gai. français, étin-

celant, improvisé de ce joli pinceau qui ne doute de rien et qui a fourragé comme j'ai dit, sur les palettes de Potcrlet et de Bonington. Eugène Lami, moins spontané, a néanmoins dégagé, a la rencontre, une note particulière, à fixer des souvenirs de fêtes de cour.

La peinture du second Empire, qu'on a coutume de regarder à travers les

fadeurs de ses Hamon, de ses Picou. de ses Faustin-Besson, de ses Gabanel, recèle, quand on l'étudié de près, bien des éléments remarquables. L'influence de Courbet fait éclore une foule de talents robustes, aimant les tech-

Cuirin. — L \ <.u \\w.

niques vigoureuses el les pairs nourrie-. Théodule Ribot, magnifique tempérament de peintre, malheureusement trop asservi aux fonds noirs et aux violentes oppositions de clair el d'ombre, peint sa Toilette des petites filles, ses Cuisiniers, ses farouches figures unes des martyrs à la lue, m de l'Espagnol,.| el ses puissantes études où, sous des apparences espagnoles ou hollandaises, percent constamment des qualités si individuelles et si françaises. M. Roybel débute auprès de lui, presque de la même manière, avec des petits

,A PEINTURE

tableaux naturels, populaires, d'une magistrale exécution, d'une franchise de gris dont la Fillette à la poupée nous fait juges. Quel dommage qu'il se détourne si vite de cette voie pour s'adonner à la peinture des personnages à costumes, ce qui le transforme irréparablement en peintre de bric-à-brac

M. LonnE. — JEUNE FILLE PRÈS n'i'S GUÉRIDON (appartienl à M"" Alph. Welirlin).

anecdotique, incapable de représenter un de ses camarades sans l'affubler d'une casaque de reître ou d'un manteau de bourgeois des Pays-Bas ! M. Vollon se révèle comme un virtuose accompli de plantureuses natures mortes. Un autre groupe, issu de l'atelier de Lecoq de Boisbaudran, se compose de Guillaume Bégamey, de M. Alphonse Legros, de M. Henri Fantin-Latour, de M. Cazin, de M. Lhermitte, qui en est encore à son apprentissage. M. Legros,

très influencé par Courbet, exécute sa Jeune femme du musée de Vesoul.se promenant, des fleurs à la main, avec des chiens, au bord <1 un torrent, el Sun Ex-Volo du musée de Dijon, qui devail être, dans le principe, une veillée funèbre autour d'un cercueil. M. Fantin-Latour prélude à ces ensembles de portraits si simplement graves, si franchement et si naturellement recueillis qui seront l'honneur de son art. L' Anglo-Américain, M. Whistler, alors habitant Paris, où la ramené son âge mûr. côtoie ces artistes. 11 participe, en leur compagnie, à la fameuse exposition des Refusés de I8U3. Peut-être n'est- il pas interdit de voir en sa Jeune femme en blanc se regardant à la glace, exposée dans la section des États-Unis, el qui est évidemment d'exécution ancienne, quelque influence des réalistes parisiens, admirateurs et non copistes de Courbet. On la peut rapprocher, si l'on veut, pour la facture, de certains Cuisiniers de Ribot et de la Fillette à la poupée de M. Roybet. Il faut encore tenir 1res grand compte de la personnalité du portraitiste Ricard, qui modelé sur des fonds gris ou bruns mordorés des têtes profondément individualisées, pensives, vivantes. François Bonvin présente de silencieux intérieurs, prolongeant de son côté, le plus sincèrement du monde, la tradition de Granet. Dans celle recherche d'intimités domestiques ou monastiques, Gide, sans l'égaler, a quelquefois des bonheurs. Il arrive à Arnaud Gautier de toucher à pleins pinceaux des coins de cuisine à mettre Ions les amateurs en appétit. Cals, tout à fait à l'écart, brosse gravement, mélancoliquement, des scènes familières, d'une couleur malheureusement noirâtre ou boueuse. Par surcroît, nous avons à nous rappeler que Puvis de Chavannes, parti du romantisme des enseignements d'Henri Rcheffer et des procédés de Couture, s'est déjà transfiguré sous des influences où l'on peut démêler des leçons de Nicolas Poussin, des Giottesques, des paysagistes et, aussi, de Théodore Chassériau el qu'il a fortement accusé ses aptitudes décoratives aux murs de l'escalier du musée de Marseille et dans ses premières allégories du vestibule du musée d'Amiens.

Ce n'est pas fini. Deux élèves de Léon Cogniet ont débuté sous Napoléon III avec une force réelle. L'un s'appelle Léon Donnât, le second Jean Paul Laurens. Au premier l'on a dû un Saint Vinrent de Paul délivrant des galériens, qui trahit une sincère ('Inde de Libéra, une Assomption, d'invention plus traditionnelle el d'expression plus convenue, mais riche de beaux morceaux el divers épisodes populaires italiens ou orientaux. L'autre a long-

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