IL ETAIT UNE FOIS UNE PRINCESSE
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temps cherché sa voie, passanl de 1863 à 1870, de la Mort de Calon d'Utique, et de la Mort de Tibère à une scène d'Hamlet, à un épisode Après le bal, au Souper de Beaucaire, à Jésus chassé de la Synagogue, à Hérodiade >■/ sa Mie, à Saint Ambroise instruisant Honorais. Il se développera, surtout, parla suite, dans la peinture de scènes historiques, très loyalcmenl rendues d'une main de
Jean-Paul Lalhens. — La PETITE DE BoNCHAMPS (appartienl à M < rallol .
vrai peintre, de même qui' M. Bonnal se développera principalement en des portraits de relief énergique jusqu'à la dureté. Le Salon de 1864 voit le début de M. Carolus Duran, avec l'Homme endormi, étude vaillante, directement inspirée du maître d'Ornans. Deux ans plus lard, paraît, du-même artiste, un grand tableau d'une verve chaude et d'un éclat généreux : l'Assassiné, souvenir de la campagne romaine, qu'on regardeavec un véritable intérêt à l'exposition centennale. M. Carolus Duran sera l'un des portraitistes les plus m renom de la troisième République. Au terme du règne, Henri Regnault fait son appari-
tion. On se souvient encore de sa Salomé à la jupe jaune, sorte de bohémienne éblouissante sous ses oripeaux aujourd'hui ternis, de son superbe portrait équestre du Maréchal Prim, maintenant au Louvre, et de ses études rapportées d'un voyage au Maroc. Le soir de la bataille de Bùzenval, une balle prussienne nous ravira pour jamais ce jeune homme aux dons splendides. Un autre jeune artiste, tombé victime de la guerre et dont la mémoire m'est à cœur, est Frédéric Bazille, de Montpellier. Au Salon de 1870, il exposait une Scène d'été. Quelques mois plus tard, on le trouvait mort sur le champ de bataille de Beaune-la-Rolande. Il avait à peine vingt-neuf ans. Son tableau du musée de Montpellier, Jeune fille assise sous un arbre, près d'une ville ensoleillée, me semble un chef-d'œuvre de peinture sobre, nourrie et claire1. De ce malheureux Bazille on pouvait attendre beaucoup.
De ce bref exposé on conclura légitimement que l'école française, au temps du second Empire, n'offre pas uniquement des fadeurs et des fadaises, et qu'elle prépare utilement l'avenir. Elle a deux défauts incontestables : en ses manifestations selon la mode, elle est débile, artificielle, superficielle, éduleorée jusqu'à l'écœurement; en ses manifestations moyennes, voire en quelques autres, elle manque du sentiment de l'enveloppe et se pousse trop volontiers aux colorations arbitraires, noircies, bitumées, jaunies, sentant le renfermé de l'atelier. Or, deux hommes se rencontrent, dès l'époque de Napoléon III, qui vont, très franchement, s'orienter vers le plein air et qui détermineront, après 1870. un mouvement de majeure importance. Il s'agit des deux créateurs de ce qu'on a nommé l'impressionnisme : le peintre de figures Edouard Manet et le paysagiste Claude Monet. Et le rôle de ces deux hommes est si typique que nous devons nous y arrêter.
X. Envisagé dans son acception la plus générale, l'impressionnisme est un mode de peinture aspirant à rendre les choses en leur aspect immédiat dans une ambiance définie. C'est donc, en soi-même, une forme du réalisme. Mais je remarque qu'on a constamment rangé sous l'étiquette impressionniste des productions très disparates, et que les notions en ont été brouillées.
' J'ai lieu de croire que c'est bien ici le tableau exposé au Salon de 1870 sous le titre de Scène d'été. Un autre tableau de Bazille : la Sortie du bain, ligure au Salon centcnnal. C'est l'image d'une jeune femme nue, assise entre une négresse agenouillée devant elle, pour lui essuyer les pieds, et une petite femme de chambre déployant un chàle noir à large bordure de fleurs multicolores. Si la composition se rattache encore aux tradilions d'école, l'exécution témoigne, en maint endroit, d'une rare finesse de goût et de talent.
LA PEINTURE
Les confusions se sont d'autant plus aisément introduites que des peintres indépendants, mais de tendances absolument différentes, ont groupé plusieurs lois leurs œuvres, de 1874 à 1886, en des expositions dites « des impressionnistes ». Pêle-mêle, on y a pu voir des tableaux de l'humble existence, laborieux
i.-a. Miemei. — Un dimanche \ Fribourg
et lourds de Cals, des épisodes de la vie des paysans basques ou des terriens espagnols, fermement touchés par M. Gustave Colin; des types féminins de Paris, blanchisseuses, danseuses ou femmes à leur toilette, jetés sur la toile par M. Degas d'un pinceau libre et sûr comme le meilleur crayon; de petits bourgeois et des ouvriers de la banlieue parisienne étudiés en pleine existence par M. J.-F. Raffaëlli; des coins de marchés de province de Pielte; des aquarelles sur le monde qui « s'amuse », de caractère déjà bien spirituellement satirique, de M. Forain: des scènes réalistes, comme les Raboteurs //>• parquet.
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d'aspecl trivial, de peinture commune de Caillebotte; des femmes, des enfants ei d'éblouissants paysages de M. Claude Monet; des portraits élégants, des lilles du peuple, des rencontres populaires, d'une couleur souvent florale, de
M. Auguste Renoir; des intimités paysi es el des paysages rudes de M. Camille
Pissarro; des sites rustiques de M. Cézanne cl de Sislcy; des fantaisies mondaines de M"e Morizot, évoquant de jeunes femmes au bal, tout en subtiles et légères blancheurs... Beaucoup des morceaux exposés affectaieni des façons d'esquisse ou d'ébauche sommaire : certains môme blessaient les yeux d'agressifs bariolages. Il est bors de doute que les « coups de pistolet » de faiseurs de paradoxes, plus intentionnistes qu'impressionnistes, nuisaient au sérieux de l'ensemble. Au lieu do discerner et d'analyser, les critiques moutonniers haussaient les épaules el riaient de tout devant le publie très diverti. Mieux eût valu suivre le conseil de Rabelais : « Rompre l'os el sucer la substantificque moelle. » En chacune de ces exhibitions désordonnées se marquaient des traits d'avenir. L'avenir les a reconnus el recueillis.
Le mouvement n'était pas. à tout prendre, aussi imprévu qu'on pouvait le croire. Delacroix, Millet, Corot, Daubigny, Jongkindt et Boudin y avaient tendu ri pour peu qu'on eût réfléchi, on eût compris sa légitimité. Dans une page hautement remarquable que jamais personne n'a rappelée, un théoricien de l'école fourriériste, Désiré Laverdant, en avait, dès 1845, démontré la nécessité par avance. Qu'il me soit permis d'en citer ici quelques exlrails. à raison de leur portée exceptionnelle. L'auteur constate que les anciens peintres uni. en général, dépensé un talent immense à « modeler des surfaces immobiles ». Il va pins loin : <■ Les maîtres, dit-il, ne nous paraissent avoir fait (|ii une étude imparfaite de la perspective aérienne. La peinture, sous leur brosse, s'étale en mastic lin el pur, parfois excellemment coloré; mais les principales propriétés de l'air font défaut, l'élasticité, la pénétrabilité... La vie n'est pas là. Si quelques maîtres ont approche de la réalité, la monotonie frappe dans leurs couvres : ils oui toujours à peu près la même gamme pour leurs ciels el pour leurs fonds ; ils n'ont pas eu le secret de la richesse inépuisable de la nature, qui modifie d'instant en inslanl ses effets. Aujourd'hui les peintres d histoire... semblent abandonner aux paysagistes le soin d'étudier I air el le ciel; pour eux. ils s'en tiennent à quelque Ion convenu, sur lequel 'I- détachent ou plaquent indifféremment leurs figures... Ils ne cherchent pas dans la nature, il> copienl ce qu'ils uni vu sur des toiles vieilles de deux