II. -A. Mooke. — Le retour nrcs bateaux pêcheurs
pour aboutir à de telles pauvretés, négations de formes, négations de couleurs, insipides et insupportables dès qu'elles ne trouvaient plus d'excuses dans le sentiment héroïque de Cornélius ou la fantaisie abondante de W. de Kaulbach! Le voisinage des salles françaises, si bien remplies par Heini. Ingres, Delacroix, Decamps, où s'affirmaient, tour à tour, la puissance du beau dessin et celle de la belle couleur, et celui des galeries anglaises si éclatantes, si vivantes, si sincères, contribuèrent encore à porter aux écoles idéalistes d'outre-Rhin un coup dont elles ne devaient point se relever. Les jeunes peintres allemands ne furent pas les derniers à s'apercevoir qu'on leur faisait faire fausse roule. L'école de Munich, sous la direction de Piloty,
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changea de direction. L'école romantique de Dusseldorf eut un regain de
popularité. L'exposition internationale de Munich, en 18t>9. où triomphèrent les naturalistes et réalistes français, détermina tout à fait la révolution. Toutes les expositions universelles nous ont montré, depuis celte époque, l'intelligence et l'opiniâtreté des efforts qu'on a faits, dans les divers centres allemands, pour reconquérir l'habileté technique, pour s'arracher aux préjugés académiques et littéraires, pour reprendre le sentiment de la vie et de la réalité.
Par la réflexion et par la volonté on peut modifier sa conduite: on ne change pas son tempérament. Les œuvres du passé ont toujours, pour les artistes allemands, studieux, méthodiques, curieux, plus d'attraits, semble-t-il, que la vie présente. Gomme ils étaient, en I8S0, de savants idéalistes, ils sont devenus, en 1890, de savants techniciens, mais le fond reste le même : c'est un fond de science et d'imitation, plus que de sentiment et de spontanéité. Les docteurs es arls n'ont l'ail que changer de robe : ils l'étaient hier es arts classiques, ils le sont aujourd'hui es arts modernes. La plupart de leurs ouvrages méritent toute estime par la conscience et par le soin du labeur ; il en est peu qui ne conservent, d'une façon pénible, les traces de ce labeur. Malgré la modernité des sujets traités, la section allemande, dans son ensemble, présente hien plus l'aspect déjà fané d'un musée de peintures anciennes que la physionomie fraîche d'une exposition de jeunes toiles et les œuvres supérieures qu'on y doit admirer y semblenl déjà des œuvres d'un autre temps.
M. F", von Lenhach, portraitiste de premier ordre, aussi justemenl célèbre aujourd'hui auprès des potentats, des diplomates, des penseurs, que purent l'être, en leur temps, les Luhens, les Van Dyck, les Lawrence, est un type bien complet, sous ce rapport, du génie allemand. Il n'est aucun de ses portraits, si profondément analysés, si énergiquemenl caractérisés, dans lequel un œil exercé n'aperçoive, «lu premier coup, sous le masque puissant d'une ressemblance intense et criante, la multiplicité des réminiscences. Suivant le type, la physionomie, l'expression, le rôle social ou moral de son modèle. M. Lenbach. pour le traduire, demande tour à tour ou même à la fois conseil à Van Dyck. Titien, Rubens, lleynolds, Rembrandt et cent autres encore, mais il demande toujours conseil à quelqu'un; plusieurs signatures pourraient, sans surprise parfois, se lire à côté de la sienne. Sa personnalité, extraordinaire et
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supérieure, consiste, pour ainsi dire, à n'en avoir aucune, mais à savoir concentrer, à propos, en lui toutes les grandes personnalités. Dans chacune de ses images typiques, son énergique et consciencieuse observation semble avoir voulu résumer l'évolution du type identique à travers les âges: de fait, on v peut relire toute l'histoire de la peinture. Qu'on regarde n'importe lequel de ses chefs-d'oeuvre, l'artiste à moustache blonde coiffé d'un feutre à la Van Dyek, la vieille dame ridée comme la mère de Rembrandt, la illicite costumée à la Gainsborough, l'étonnant portrait de l'artiste et de sa fillette coiffée à la Greuze, c'est partout l'impression irrésistible d'une image définitive, profondément analysée, condensée, exaltée par une science opiniâtre, mais d'une image à date variable, qui n'est point forcément de son temps ni de son pays, qui n'implique ni ne prépare, pour l'Allemagne, un art moderne et national. Ce dilettantisme ingénieux et savant qui refroidit l'impression chez le spectateur comme elle l'a refroidie chez l'artiste se retrouve dans presque toutes les œuvres de la section. D'abord, chez les meilleurportraitistes, chez M. Fritz von Kaulbach, chez M. Hugo Vogel, cliez M. Samberger ; l'image de ce dernier par lui-même est d'ailleurs un morceau de bravoure vraiment exquis, d'une saveur vive et rare. Un accent de vérité un peu rude, à la façon de Bonnat, signale la Sœur de Charité, par M. Richard Muller. Néanmoins, c'est presque dans un seul portrait, celui de S. M. l'Empereur Guillaume Jf, par M. Max Koner, que nos yeux français, épris, avant tout, de vie, de naturel, de liberté, ont cru retrouver, sous des apparences moins laborieuses, ces qualités de franchise et de clarté qui nous semblent les plus désirables pour la peinture contemporaine.
Le doyen, le plus original aussi, des peintres de l'Allemagne moderne, Adolf Menzel, ne reparaît, par malheur, qu'avec deux dessins et deux petites gouaches. On ne saurait oublier, néanmoins, le rôle prépondérant qu'a joué, dans le mouvement naturaliste, ce génie incisif, hardi cl varié, et son influence se retrouve ici chez les meilleurs peintres d'histoire et de mœurs. L'une de ses gouaches, la Pâtisserie ù Kissingen, est une merveille d'observation et d'exécution. Il y a beau temps que M. Menzel, avant tous nos impressionnistes, a su faire mouvoir des ligures dans les lumières naturelles et artificielles, mais sans les laisser, plus que de raison, s'y fondre et s'évanouir. La précision de son dessin agité et vivant peut sembler offensive à des yeux amollis ; c'est la précision virile des vrais maîtres, des maîtres durables, ceux
qui parlent net, ferme et juste. Aussi, tous les peintres naturalistes de Berlin et de Munich, qui veulent raconter franchement la vie moderne, marchent-ils dans sa voie, la plupart combinant ses enseignements avec les procédés français, belges ou hollandais. M. Josef Israels, d'Amsterdam, est particulièrement admiré en Allemagne. On y retrouve son influence jusque dans la peinture religieuse, dans le beau triptyque de la Naissance du Chris! par M. l'Iule, déjà admiré au Salon de Paris, mais qu'on a grand plaisir à revoir. Cette peinture monochrome, un peu fondante, dans une harmonie grise et tendre, de laquelle les expressions sincères et simples des figures se dégagent lentement avec un charme délicat se trouve auprès d'un tableau célèbre de M. Gebhart, la Résurrection de Lazare tout plein de souvenirs flamands du xv° siècle. La comparaison montre à merveille le chemin parcouru, en quelques années. par le dilettantisme en Allemagne, et combien, là comme ailleurs, les nouvelles générations sont moins tourmentées par les traditions scolaires. beaucoup plus par le désir de la vérité simple, des impressions réelles et délicates. Quelle que soit la valeur, la haute valeur même, de morceaux archaïsants, hds que le superbe Ulrich de Hutten par M. Ilerterich. d'un caractère si allemand et d'une facture si ferme et souple. Les femmes et le crucifié de M. llirle. la Bacchanale et la Guerre de M. F. Sluck. ce n'est point, ci1 semble, dans ces labeurs rétrospectifs que les Allemands retrouveront un arl vivant et national. Nous aurions plus confiance en des artistes plus simplement humains tels que MM. Cartels [Départ da marin), Kampf i Lr départ], Bettmann Lapâque), Weishaupt Vaches), sans parler de M. Liebermann don! la Femme aux chèvres est une œuvre très caractéristique.
Chaque exposition de la Grande-Bretagne, depuis 1855, a été pour nous nui' joie cl un enseignement. Quels que soient les emprunts laits par les peintres anglais aux artistes continentaux, anciens ou modernes, emprunts continuels et divers, ces insulaires se les approprient si vite et si bien qu'ils n'en demeurent pas moins personnels el originaux. La conscience, la volonté, la suite qu'ils apportent en tout ce qu'ils font, donnent à leurs moindres ouvrages, à ceux-là même qui choquent, par leur apparence méticuleuse et sèche, nos préjugé?, el notre goût, une saveur propre et respectable. L'école anglaise a l'ait de nombreuses pertes en ces derniers temps. Sir John Millais, sir Burne-Jones. sir John Gilbert, lord Frédéric Leighton, Henry Moore, Thomas Collier, beaucoup de ceux qui triomphèrent chez nous, depuis 1855 jusqu'en
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1889. n'ont pu accompagner, en 1900. leurs derniers ouvrages, parfois inachevés, qui les rappellent à notre reconnaissance. C'est pour eux. surtout, que nous déplorons la parcimonie des envois. De quel enseignement serait à Paris une série bien choisie d'ouvrages représentant, chez Millais, l'évolution des théories préraphaélites dans le sens de la vérité, chez Burne-Jones, dans le sens de la beauté, mais qui aboutit chez les deux à des expansions admirables d'une poésie pénétrante et profonde, et nous montrant, dans le grand paysagiste Henry Moore. l'un des amis, l'un des amants passionnés, opiniâtres, patients, de la mer. qui ont le mieux compris la grande charmeuse et traîtresse dans ses inquiétudes, ses colères et ses accalmies !
Le Vieux jardin, de Millais. peint vers 1881). nous montre l'auteur de cette délicieuse Ophélie dont le travail minutieux cl chatoyant nous surprit si fort. en 1855, à deux pas des fougues puissantes de Delacroix , toujours fidèle, maigri' la liberté croissante de son pinceau, à cet amour analytique des choses extérieures qui fut l'un des premiers articles du credo ruskinien. Rien de plus banal que ce coin de villa bourgeoise, avec ses grandes haies de bois et de genévriers alignés au cordeau et taillés à angles droits, entre des allées soigneusement sablées et ratissées. au-dessus desquelles, dans une lueur apaisée, s'endorment les pignons anciens de l'habitation. Solitude complète, aucun être animé; pour affirmer que la vie est là. seulement, au long de la haie, une bêche et un arrosoir. C'est un calme régulier, digne, confortable, le calme du home familial dans le calme de la lumière, le calme où la contemplation douce et lente des choses, de toutes les choses, branchages, murailles, ileurettes. lambeaux de nuées, devient, à mesure qu'elle se prolonge, une jouissance plus délicate et plus intense. C'est bien anglais, c'est bien humain; l'impression de cette simplicité est irrésistible. Mais quelle force patiente d'imagination contenue, quelle heureuse persistance de naïveté juvénile jointe à une science consommée de dessinateur et de peintre il faut à un artiste pour tirer tant de si peu! Henry Moore, avec plus d'énergie et de largeur, était admirable aussi dans sa façon d'analyser le visage mobile de l'Océan, et la physionomie, même la plus reposée et la plus rassurante, des vagues. Un retrouve dans le Retour des bateaux pêcheurs et dans le St-Albans race, cette connaissance intime, cette expérience scrupuleuse des grandes eaux, des rythmes de leurs mouvements et de leurs repos, des règles de leurs colora-
lions et décolorations, qui ont l'ait de Moore l'un dos plus grands peintres de marine de (mis les temps.
Le dilettantisme archaïsant et raffiné de Burne-Jones s'adresse, sans doute, moins vite et moins droit aux visiteurs de passage, que le naturalisme exquis et profond de Millaisetde .Moore. Pour entrer dans le rêve de beauté où vécut Burne-Jones, quelque apprentissage de jeunesse en Italie, ou tout au moins à la National Gallery et au Brilish Muséum, parmi les fleurs de grâce écloses, au malin, dans les jardins de la Renaissance, et les divines apparitions descendues des temples de la Grèce, est au moins utile, sinon nécessaire. Mais comme cet apprentissage est un de ceux par lesquels passe, depuis longtemps, une lionne partie de la soeiété anglaise, voyageuse, liseuse, curieuse, il faut bien reconnaître que l'ail de Burne-Jones, comme celui de sir Alma-Tadema, de lord Leighton, de sir Edward Poynter et de bien d'autres, est aussi national pour les Anglais qu'est nationale pour eux leur poésie toujours imprégnée, depuis des siècles, des parfums de la Renaissance, la poésie de Chaucer,de Spencer, de Shakespeare, de Milton, de Shelley, de Keats,de Tennyson. de Swinburne. Comme notre école néo-grecque, née en même temps, aux en\ irons de 18511. mais qui s'est dispersée ou transformée, parce qu'elle ne trouvait pas dans le publie français de suffisants échos, toute cette école néo-grecque d'Angleterre, souvent instruite dans lesaleliers français, est sortie de l'admiration îles u'uvres d'Ingres, notamment de V Angélique et de la Stratonice. ces œuvres vraiment géniales qui, les premières, ont rouvert les yeux- des artistes aux beautés vives et fraîches de l'Italie adolescente et de la jeune Grèce. Il est curieux d'étudier la transformation de la tradition ingriste, sous les influences anglicanes, moins chez Burne-Jones qui. de bonne heure, va se reprendre directement à Mantegna, Botticelli, Signorelli, etc.... que chez lord Leighton, sir Edward Poynter, sir Alma-Tadema et leurs imitateurs.
Le poitrait. la scène familière, le paysage sont les trois genres dans lesquels excellent toujours les anglais et écossais. Leur conscience et leur sincérité, par des moyens divers, y donnent presque toujours une note particulière et savoureuse. Le Portrait de sir Walter Gilbey, Baronet, un gentilhomme fermier. assis, dans son cabinet, un journal agricole à la main, par M. Orchardson. dans la manière mince et jaunâtre, mais nette et résolue, qui lui est familière, celui du Très Honorable sir George l>. Taubman-Goldiè, explorateur et colonisateur, par M. Herkomer, d'un style un peu plus laborieux, mais égale-
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ment l'orme, ont paru les exemples les plus frappants de cette exactitude scrupuleuse et forte avec laquelle on sait exprimer, en Angleterre, les virilités actives du caractère national, et. sous ses apparences osseuses et sèches, la beauté particulière à ces tempéraments. D'autres bons exécutants, sir George Reid, MM. Oulless, Lavery, Lockarl, Glazebrook, etc., nous ofFrent aussi îles morceaux caractéristiques. Un très simple portrait de Sir Edward Burne-Jones, par son lils. sir Philip Hume-Jones, rappelle, avec charme, le noble artiste clans son atelier.
Il faudrait plusieurs pages pour analyser le grand nombre d'œuvres intéressantes, en tait de scènes de genre ou de paysages, soit parmi les peintures, soit parmi les aquarelles, devant lesquelles il est doux de s'arrêter, en admirant, sinon toujours la liberté et l'éclat de l'exécution, quelquefois un peu mince et minutieuse pour nos yeux accoutumés aux virtuosités hardies et sommaires, presque toujours, du moins, la sincérité et la délicatesse de l'observation, parfois aussi son originalité et sa puissance. Nous ne pouvons que signaler la Causerie de trois bonnes vieilles autour du l'eu, par M. Bramley, la Forge, par M. Forbes, la Confession, par M. Dicksce, le Bouliers Loch sur la Tamise. Le dimanche, par M. Grégory, le Joueur de flageolet de Hamelin, par .M. Ghristie, la Petite propriété, par M. La ThangUP ; le Dernier moment, par M. Lorimer: la Maison île poupée, par .M. Rothenslein; le Dîner d'été, par M. Taylor; le Travail de la journée, par M. Wylie, etc.. Ces peintures, de factures 1res diverses, suivant l'éducation des altistes, sont toutes conçues dans un esprit moderne, avec un fond toujours résistant de tempérament anglais. Pour les paysagistes nous rappellerons seulement que MM. llook, Leader. Aumônier, Brett, Davis. Graham, Rayes, comme les regrettés Moore et Collier, s'y montrent dignes de leur réputation, et qu'à côté de leurs noms, d'autres aussi sont à retenir, tels que ceux de MM. Brett, Clausen, Henry, Robert Noble, faisons, Shaw, Smythe, Waterlow. Parmi les animaliers. on ne saurait oublier M. Swan.
Les peintres des Etats-Unis, sans qu'on s'en étonne, montrent déjà, dans leurs bons ouvrages, plusieurs des grandes qualités anglaises, la franchise complète de l'observation. la simplicité vigoureuse île l'impression, la subordination du procédé à l'expression. La plupart portent encore la marque de leur éducation européenne, anglaise, allemande, hollandaise, el surtout française, mai- ils la portent avec une liberté croissante. C'est une îles sections
Si
étrangères où. depuis vingt uns. les progrès onl été les plus rapides et décisifs, et l'on peul prévoir l'heure prochaine où la peinture américaine, tout à fait émancipée ci indépendante, deviendra un des facteurs actifs de l'ail universel. A côté de portraitistes déjà hien connus, Iris que M. Whistler, M. Dannat, M. Sargcnt, dent les trois envois [unhomme d'affaires, de physionomie énergique el fine, son cigare à la main: une directrice de cours, -rave, en noir: une daine du monde avec sa fillette dans un salon élégant montrent à la fois la souplesse de l'artiste el la sûreté facile de son goût dans la forte appropriation de cette souplesse au caractère représenté, on peut saluer toute une pléiade de nouveaux venus. La plupart nous sonl déjà connus par nos Salons annuels: mais, ici, le groupement de leurs œuvres en l'ail mieux saillir le caractère commun qui est l'énergie saine et intense de l'impression, par des moyens d'expression très -impies et très nets. Le Professeur d'escrime etle Jeune homme guêtre qui met ses gants, par M. Gari Melchers, la Femme au i luilr blanc de M. Chase, les trois belles toiles de M"" Cecilia Beaux. Mère ri /il h\ Mère et fils, .1/"" Fïsher, d'une facture si franche et si sûre. La mère et Venfant, de M. Brush, pénétré des traditions hollandaises, sont d'excellents exemples d'un arl qui sait prendre des conseils auprès des meilleure- écoles européennes, mais qui dégagera, de plu- en plus, par le naturel effet d'un travail sincère, son indépendance el son originalité.
Le dilettantisme du vieux monde, mythologie, religion, fantaisie, ne lient pa- grande place dans l'art du nouveau. En revanche, les études de mœurs populaires y sont nombreuses , la plupart d'après nos paysans et paysannes de France, surtout de Bretagne, quelquefois d'après les paysans de- Pays-Bas. .MM. Mac Ewen, Walter Gay et leurs émules, n'auront qu'à transporter aux Etats-Unis leur vive façon de comprendre les bonne- gens pour non- donner d'intéressantes représentations de leurs compatriotes. Dans le paysage, l'école nationale est déjà tonnée. Les marines exquises de M. Harrison, Crépuscule, Mystères de la a ail. Frai aa soleil, ne -ont point -an- doute de- marine- particulièrement américaines : elles ont bien pu être faites en France, mais la poésie en est assez rare el personnelle pour que la uouvelle vm\r s'en puisse faire honneur. Huant à MM. Winslow Ilomer '•I George Inness, l'un plu- âpre et plus violent, l'autre plu- subtil el plus im" ux. tous deux -oui bien franchement de leur pays, il- uous apportent
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îles sensations exotiques, nous eommuniquenl l'impression d'un art renouvêlé qui commence son évolution.
La petite Belgique continue à tenir grande place dans le royaume des arts. Dans aucune section peut-être ou ne se sent en un milieu plus compact et naturel de vrais peintres. Le goût des sujets simples, l'habitude de l'observation directe, la passion, par tempérament et par tradition, pour une facture forte et colorée.
y donnent à presque toutes les œuvres, une saveur propre et indiscutable. Quelques-uns des maîtres qui, dès 1855 , sous la forte et saine impulsion d'Henri Leys, avaient préparé cette renaissance flamande, y reparaissent encore, et leurs œuvres dernières prouvent l'excellence des principes qui ont dirigé toute leur vie.
Le doyen des peintres belges est M. Florent Willems dont les cavaliers galants et les dames souriantes, costumés par Terburg et Mieris. obtinrent, sous le second Empire, dans les milieux mondains, un si long' succès. « Quelles charmantes tètes, quelles soies, quels velours! » s'écriait Théophile Gautier. Combien ce dilettantisme aimable et superficiel semble démodé dans le courant de naturalisme et de réalisme qui emporte en masse l'école belge! Les mœurs ont changé, l'artiste est resté le même. Mêmes têtes charmantes, mêmes soies, mêmes velours dans son Intérieur que dans beaucoup de ses petits chefs-d'œuvre précédents. Hélas! nos cœurs ne sont plus là! Henri de Brackelaer était aussi un dilettante; il a toujours été hanté, par les vieux maîtres, et toutes ses peintures en gardent une saveur archaïque; mais ses conseillers ordinaires, le vieux Brueghel et Pieter de Hooch, étaient de robustes praticiens et de graves observateurs.
A. Baertsoch.
Petite cité le soir ai' dord de l'eau
II peint moins comme eux qu'il ne sait voir comme eux. à plusieurs siècles de distance, les gens de même race eu des milieux semblables; rien de plus vrai que les figurines placées par lui dans ses intérieurs, si vigoureusement et chaudement détaillés. Y Atelier, YEcole, Y Intérieur de la maison hydraulique à Anvers. C'est un vieux Flamand qui ressuscite, armé de ses meilleurs outils, pour en appliquer l'usage à la vie contemporaine. Si ces sortes de reprises, intelligentes et personnelles, d'une bonne tradition nationale, ne constituent pas un art nouveau, elles aident singulièrement à le taire naître. Henri de Brackelaer, comme Leys. est de ceux qui ont le plus contribué, par leurs rappels répétés aux vaillantes pratiques des aïeux, à réveiller, dans l'école belge, l'amour constant des colorations fortes, du rendu Ferme et complet, de la peinture tranche et saine.
Avec les deux Stevens. nous sommes en pleine vie! Les deux peintures, déjà anciennes, de feu Joseph, le Marchand de sable et le Chien à la mouche. nous rappellent combien cet animalier, aussi puissant que naturel, contribua. au temps de Courbet, à développer, de l'autre côté de la frontière, le goût du réalisme populaire et de la facture robuste. Quant à Alfred Stevens, une série de huit toiles nous montre une fois de plus la glorieuse évolution de ce bel artiste, et sa science toujours grandissante dans l'intelligence des élégances modernes, depuis les sentimentalités de sa première période romantique jusqu'au dilettantisme raffiné de ses années dernières. Quatre de ces tableaux appartiennent au musée de Bruxelles; l'un d'eux. L ' atelier, qu'on admirait naguère dans la collection Kums à Anvers (une jeune femme blonde, en longue robe jaune, s'apprêtant à poser devant un peintre assis sur un divan, dans un milieu coloré de tapis, tentures et bibelots), est une œuvre de maturité', -avanie, savoureuse, complète, où. dans une peinture d'intérieur, l'artiste du xix" siècle déploie la même franchise narrative et la même virtuosité de rendu que ses grands prédécesseurs du xvnc, les Pieter de Hooch et les Metzu.
C'est dans un milieu moins aimable et moins raffiné, parmi les soutirants ou les misérables, avec un sens plus grave des émotions humaines, que la jeune école des réalistes belges semble devoir désormais chercher ses sujets. M. Struy- a été l'un des artistes les plus touchés par ce grand souille de pitié qui, depuis quelques années, parmi le pullulement des littératures ordurières et des dilettantismes insalubres, a suscité déjà tant de nobles œuvres
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PHILIPPE LE BEAU ARMANT SON FILS CHARLE S-Q U IN T CHEVALIER DE LA TOISON D'OR.
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