I. \ PEINTURE
d'une protestation généreuse ei d'une saine virilité. Depuis 1889, depuis son Gagne-pain. M. Struys ne s'est pas démenti. Son Désespéré (un prêtre portant le viatique dans une chambre de malade), sa Confiance en Dieu (une vieille femme près de son mari agonisant), sa Maria Maand (une vieille femme priant dans son intérieur), onl toutes ces qualités de simplicité savante dans l'arrangement des figures émues et le choix des détails expressifs, comme dans la vigueur soutenue de l'exécution pittoresque, qui font les œuvres supérieures. On peut espérer que M. Struys ne sera jamais troublé, dans sa contemplation sympathique des souffrances humaines, par des accès inattendus d'allégorisme, comme le fut M. Frédéric, d'ordinaire si net et si franc, lejouroù il conçut, en le dédiant à Beethoven, son étrange triptyque. Le ruisseau! Dans ees trois pêle-mêle d'enfants nus, symbolisant peut-être la naissance, la vie et la mort, mais dont les intentions, profondes et subtiles, exigeraient un commentaire, on retrouve bien la décision âpre et expressive du dessinateur viril, savant, sensible à qui l'on doit tant d'oeuvres originales. Cependant, deux simples études, les Ecureuses et les Peleuses de pommes de terre, donnent une plus juste idée de ce talent bien local, énergique, plébéien, intransigeant. L'Aveugle et Y Ivrogne, de M. Laermans, qui se rattachent hardiment au vieux Brueghel, le Tir à Pare de M. Baes, la Femme à la baratte de M. Direcks, les Enfants de la mer de M. Luyten, le Viatique et les Trois
\,\ Confiance en Drer
fermières de M. Martens, rentrenl dans cette donnée de réalisme populaire qui ;i toujours porté bonheur aux peintres flamands.
Dans le portrait, dans le paysage, dans la peinture d'animaux, c'est par la môme franchise d'accent, la môme énergie des formes et des couleurs, que