‹ L'Art a l'Exposition universelle de 1900Chapitre 61 sur 101 · I. \ GRAVURE EN PIERRES FINES · texte numérisé non relu

I. \ GRAVURE EN PIERRES FINES

ments administratifs pour (jik' les artistes modernes fussent représentés au Cabinel des médailles de la Bibliothèque nationale, par quelques-unes de celles de leurs œuvres qui appartiennent à l'Etat? Ce serait renouer une tradition trop longtemps interrompue, écrire par les monuments le dernier chapitre de

Fig. 1.

L'Apothéose de Napoléon, Camée sur sardoine. par M. Adolphe David.

l'histoire de la glyptique et. peut-être, une des mesures les plus propres à encourager cet art renaissant, en le rattachant à son glorieux passé.

Si l'on en juge par celles de leurs œuvres qui sont conservées au Cabinet des médailles, les graveurs du commencement du xixc siècle s'inspiraient exclusivement de l'antiquité. Eùt-il pu, d'ailleurs, en être autrement, alors que, dans la sculpture, régnait Canova, et dans la peinture, Louis David?

Comme tous les arts mineurs, la glyptique s'abandonna sans résistance au mouvement auquel ces grands chefs d'école donnèrent l'impulsion. Jeuffroy,

le plus habile d'entre eux, Baè'r, Joiiy, Michel. L. Marchant. Lelièvre, Tiollier, qui fut aussi graveur de monnaies. Sylvestre Brun. Antoine Desbœufs, \ alinellc, les Simon exécutèrent dans le goûl antique, quelques jolis camées et surtout de belles inlailles, que nous trouvons signalés dans les livrets des

Salons annuels du commencement de ce siècle. Plusieurs d'entre eux. comme Jeuffroy et Mayer Simon se montrèrent les dignes continuateurs de Jacques Guay et ils font encore honneur à l'école française de glyptique. Mais il faut reconnaître que ceux qui les suivirent ou tentèrent de les imiter ne produisirent que des œuvres très inférieures. Ils avaient à un moindre degré que leurs maîtres le sentiment antique, et ils ne surent pas remplacer ce qui leur faisait défaut de ce côté par le souille de l'inspiration moderne. S'ils gardèrent, dans la pratique de leur art, les procédés habiles et le tour de main de leurs aînés, la correction technique de leurs travaux ne suffit pas à pallier leur pauvreté d'invention et leur froideur de style. Voyez, par exemple, au Cabinet des médailles.

les œuvres d'Henri Simon qui reçut de nombreuses commandes officielles sous la Restauration et le règne de Louis- Philippe. Aucune chaleur, aucune expression de vie n'anime ses portraits exacts; aucune grâce, — et la glyptique doit être avant tout un art gracieux, — n'est répandue dans les compositions de son imagination hésitante et glacée. Ainsi en était-il également, à cette époque dans l'art de la médaille. Cette décadence artistique eut son contre-coup immédiat chez les amateurs, et la faveur du public éclairé se détourna de la glyptique comme de la médaille, jusqu'au jour récent où celle dernière fui l'objet de la nouvelle renaissance qui illustre les noms des Chaplain, des Roty et de leurs émules.

Fig. '2. — Sm'hci surs le iioched de Leuude

Camée sur >anl"u\v ."( trois couches, par M. Henri Fh&kçois.

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