‹ L'Art a l'Exposition universelle de 1900Chapitre 62 sur 101 · NES · texte numérisé non relu

NES

Si les graveurs en pierres Unes dos trois premiers tiers de ce siècle revenaient parmi nous se plaindre, avec moi, de l'omission dont ils sont victimes à l'Exposition universelle, on sérail peut-être en droit de leur répondre que c'est un peu parleur taule, car ils mil véritablement laissé déchoir entre leurs

Kig. '■'. — Â.NDHO.MÈDE lamée sur sardonyx ù Irois couches, par .\!. Henri Français

mains détaillantes un ail auquel leurs ancêtres avaient réussi, par leur génie, à conquérir la première place parmi les préoccupations des esprits cultivés de leur temps. Seule. l'Italie, semble-t-il, avait encore, dans cetle période les traditions d'une véritable école de glyptique et, à l'Exposition universelle de 1867. les camées du graveur romain Girometti furent remarqués; mais en général, et sauf de rares exceptions, les gemmes n'étaient plus gravées, alors, que par des artistes de troisième ordre qui, cultivant exclusivement les vieilles allégories, fabriquaient à la grosse, avec une grande

dextérité de main, il faut on convenir, clos camées ei des intailles destinés à alimenter le commerce de la bijouterie populaire.

Dans les dernières années du second Empire quelques efforts furent tentés pour relever la glyptique de ses ruines et lui faire reprendre un rang honorable au milieu des productions de la joaillerie artistique. Les grandes maisons parisiennes Froment-Meurice et Bapst exécutèrent des bijoux dans lesquels des camées s'harmonisent élégamment avec de riches montures en or ou en émail. Je rappellerai, en particulier, le somptueux monument, détruit dans l'incendie de l'Hôtel de Ville, sous la Commune, que Froment-Meurice avait composé et dont le motif central était un buste de Napoléon III en aigue-marine. supporté par un piédouche de jaspe sanguin incrusté d'argent, et accosté de deux heures de femmes, la Paix et la Guerre, aussi en cristal de roche. Le buste impérial était l'œuvre de J. Lagrange.

A la suite de l'Exposition universelle, la Direction des Beaux-Arts commanda à un artiste distingué. Adolphe David né en IS2S. mort en 1896 .une œuvre importante. l'Apothéose de X///>u/t:>>/t l '. d'après le plafond d'Ingres qui décorait le salon d'honneur de l'ancien Hôtel de Ville de Paris. Le camée d'Adolphe David, terminé seulement en 187 4 est. aujourd'hui, exposé au musée du Luxembourg : e'est le plu- grand camée des temps modernes, il mesure 24 centimètres sur 22 Tig. 1). Exécutée avec conscience et fermeté de main, celle œuvre, il faut en convenir, se ressent encore des caractères que nous déplorions toul à l'heure chez, les graveurs du milieu du siècle : elle es! sans charme; ne semble-t-il pas que h' char triomphal de Napoléon, loin de prendre son envolée vers les sphères héroïque-, est eu voie de tomber lourdement pour s'abîmer dans les Ilots d'où émerge le rocher de Sainte-Hélène ? La figure de l'Empereur n'est illuminée d'aucun éclair île génie, d'aucun rayonnement d'immortalité; c'esl le masque froid du tombeau. El puis, la sardoinc cendrée sur laquelle l'artiste a gravé, es! d'une teinte sombre avec de grandes taches nébuleuses du plus déplorable effet.

A côté' de l'Apothéose de Xti/>o/<:i//t. sont exposée-, au Luxembourg, quelques-unes des œuvres d'un grand artiste, enlevé prématurément, il y a peu d'années, el dont je voudrais voir honorer la mémoire comme celle du précurseur de la renaissance de la glyptique moderne. Henri François. Nous reproduisons ici deux de ses camées. Andromède et Sapho sur le rocher de

M CHAPLADî

- -j à ton m:

Page 1