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1 h buste comme la Gallia de M. Moreau-Vaulhier, au musée du Luxembourg, qui esl décore" d'émeraudes el de topazes en cabochons, eut eu, à d'aulrcs époques, quelques camées discrets, incrustés dans son casque, ses épaulières ou sa cuirasse. L'antiquité, dans une œuvre pareille, n'eût eu garde de négliger col élément de riche parure, et. pour préciser davantage, la tête de Méduse qui esl ciselée en cuivre doré au milieu de la poitrine, eût été, à coup sûr, une grande gemme gravée. Un Pyrgotèlc ou un Diosdoridc eussenl enchâssé à sa place quelqu'une de ces belles têtes de Méduse en calcédoine qui sont aujourd'hui sous les vitrines de nos musées d'antiques.
Mais la mode n'est plus aux camées ni à ce genre de décoration, el cet abandon esl certainement imputable en partie à l'infériorité des graveurs des deux premiers tiers de ce siècle, el à la médiocrité des gemmes qu'ils employaient. Le dernier grand cfforl pour restaurer le camée dans la parure féminine, fut tenté par Napoléon, en 1808, quand il chargea Nitot, le joaillier de la couronne, de composer pour l'impératrice Joséphine une parure entière de camées et d'intaillcs antiques. Nitol se mil immédiatement à l'œuvre el présenta, en 1810. une parure de 24 camées décorant un diadème un collier, un peigne, des bracelets, des boucles d'oreilles, une plaque de ceinturon et un médaillon; le tout était agrémenté de 2 27o perles. L'effel de cette parure, peut-être trop riche, ne fui sans doute pas jugé' favorablement, car je crois bien qu'elle n'a jamais élé portée. Dans l'exposition rétrospective de la bijouterie, on remarque un certain nombre de camées du même temps montés en parure-. aussi médiocres par le choix des gemmes et la froideur de l'exécution que par le mauvais goût de la monture. Ce sont les reliques de l'aïeule, que les familles conservent pieusement dans leurs écrins. mai-; dont une dame élégante ne consentirait jamais à se parer aujourd'hui. 11 y a même parmi tes joyaux d'autan une imposante plaque de ceinture exposée par Fromcnt- Meurice. qui est ornée d'un taureau en jaspe de nuance chocolat : c'est une copie fidèle du plu- beau camé,, peut-être que l'antiquité tout entière ait produit. Mai- tandis que le camée antique, exécuté sur une incomparable sardonyx, excitera l'admiration aussi longtemps que l'humanité vivra, sa copie terne, éteinte et -ans charnu' ne sera jamais, par comparaison, que le témoignage palpable île l'insuccès dû à l'infériorité de la gemme.
Quoi qu il en soit, -i le goûl du camée doit renaître comme celui de la médaille, c'esl à 1 art industriel, à l'orfèvrerie, à la bijouterie qu'il faut l'aire
appel pour leur demander de le remettre en honneur. Je connais des bijoutiers parisiens qui. tout récemment, ont fait quelques tentatives heureuses à ce point de vue : l'un d'eux m'a montré une délicieuse agrafe composée d'un petit camée antique qu'il a entouré d'une monture en émail imitée d'une monture Renaissance, du Cabinet des Médailles. Ceux-là sont dans la bonne voie : qu'ils soient plus hardis et tout porte à croire que la mode adoptera leurs innovations. Je n'en citerai, comme signe précurseur, que l'éclatant succès, à l'Exposition même, de certains bijoux artistiques de Lalique. de Vever et d'autres, dans lesquels la pierre précieuse taillée est remplacée par des figures exécutées en imitations de ramées. Quant aux artistes contemporains, leur talent -utue, clair, synthétique el bien français est à la hauteur de celui de leurs confrères, les médaillcurs : les exemples que j'ai cités le manifestent avec éclat. Tout semble donc prêt pour une nouvelle Renaissance de la glyptique: il suffirait d'un souille vigoureux, d'une poussée sur la mode, pour lui imprimer un courant pareil à celui qui a emporté si glorieusement la médaille. Espérons que ce sera l'œuvre du premier quart du xx' siècle.