‹ L'Art a l'Exposition universelle de 1900Chapitre 67 sur 101 · E. BABELON · texte numérisé non relu

E. BABELON

Fig. 10. — Offrande a Minerve.

sur sirJonyx, par M. Gilbrukneii.

Pennell. — L'ENDROIT ne plus pittoresque du monde

En 1800 on disait « la Gravure »; en 1900 on dit « l'Estampe » (burin, eau-forte, bois, lithographie, couleur, estampe de peintre, — et même. reproduction par procédés). La différence des deux termes est un siècle d'histoire.

Toulde suite, le point capital : la photogravure a-t-elle lue la gravure 1 Jusqu'ici, pas plus que la photographie n'a tué la peinture. Depuis le début du siècle le nombre des exposants de l'estampe a décuplé. El depuis 1889? Augmentation plutôt. On assiste bien au pullulement croissant des estampes par procédés photographiques, insérées dans les journaux et dans les livres comme documentation à outrance, mais ce torrent coule parallèlement à l'estampe faite de main d'homme, et sans l'absorber. Tout au moins la pbotoestampe n'a-t-elle pas tué la gravure de reproduction ? Nullement : celle-ci parait, en 1900, nombreuse, brillante. Mais ne s'esl-il pas établi, à travers le siècle, des rivalités entre les diverses modalités de l'estampe, des prospérités, des éclipses? Cela, certes; et ce sont ces concurrences, ces alternatives, ces renouvellements, qui font de l'histoire de l'estampe au xix' siècle quelque chose de prodigieusement vivant.

Celte histoire, il faut la rappeler sommairement et à toute vitesse, c'est-àdire proportionnellement à ce qu'est l'exposition centennale. Centennale « d'estampes » : l'administration des Beaux-Arts à l'Exposition Universelle a très justement voulu que la lithographie parût avec un développement relatif (deux cents pièces) et que le bois, qui à la centennale de 1889 ne figurait qu'à l'état embryonnaire, fût montré celle fois plus en détail cent cadres). Par malheur, au dernier moment la présentation de l'estampe centennale a subi un véritable désastre: la moitié de l'emplacement qui lui était réservé fut octroyé à une

L'A UT A L'EXPOSIl \n\ DE I

section de peinture étrangère : la lithographie et le bois furent envoyés à une extrémité du Grand Palais, la gravure restant à l'autre extrémité; et encore. la gravure, à l'étroit, obligée de monter sur elle-même, hors de la portée de la

l.\ FAMILLE DE Rl'BENS, un LE SaIXT-GeORGES, d'ain - l: i .-

vue. el de déverser un trop-plein dans une salle de dessins el de meubles...

tout ceci n'est peut-être pas très respectueux pour l'estampe. Mais au

fond, I exposition centennale d'estampes ne vise point à montrer des œuvres,

mais à rappeler des noms d'artistes inscrits au catalogue comme en un livre

d'or. (Imaginez une ccntcnnale de la littérature : un paragraphe de Chateaubriand, un paragraphe de Balzac, huit vers d'Hugo, Imil de Lamartine,

Camedok, — WA.TEULOO BRIDGE, LoNUOS

lmil de Musset, etc.). On l'orme sur les murs comme la « tache » de l'estampe d'une époque, sa couleur d'ensemble. C'est un diorama qui appelle la conierence-express.

L'ART A L'EXPOSITION DE I9oo

Premier tableau. Le commencement <lu siècle. Prenons le Racine de Didot, le Sacre de Napoléon, la grande publication du Musée, les illustrations de Moreau pour la librairie de Renouard, celles de l'cicier pour les classiques in-folio ; quelques portraits. Etalons sur les murs. Le burin règne : l'Empire,

qui a recueilli sur leur lin tous les survivants du xvuf, possède une très belle

"ii os. — New GATE.

gravure : il n'y a pour la méconnaître que- l'Empereur, qui veut fixer à Paris comme professeur l'italien Raphaël Morghen. En tête des graveurs

français, l'universellcmenl célèbre Bervic (non décoré par Napoléon), avec son Enlèvement de Déjanire el son Laocoon. Celle Déjanire est la dernière gravure de " beau burin ». et de ce que Diderot appelait ■ la chaleur de burin », quand il pensait à Schmidt, Wille ri Balechou ! A côté de Bervic et des « anciens » du xvnr", quelques « nouveaux », burinistes d'école : Boucher Desnoyer-. Audouin. Massard, Ribault. Tardieu, le pointilleur Roger, etc.

Métier sévère, sujets sévères, en réaction complète contre les sujets légers et galants du xvm". En somme, la France an début du siècle est un pays de très remarquables graveurs, voilà le relatif. Au point de vue absolu : mettre cette production à eùté de celle de Nanteuil, d'Edelinck, de Drevet — ou des graveurs de Watteau — et juger. La gravure de l'Empire est alors comme une personne dont on dit qu'elle a de beaux restes. La jeunesse manque à ce burin. On s'inquiète de ce qu'il sera demain.

A côté du burin, l'eau-forle, représentée par celui qu'en son temps on appelle « le moderne Callot » : de son nom le subtil et pointu Duplessi-Bertaux, le graveur des batailles, que les mémoires du général Thiébault nous ont appris avoir été, en 1792, si piteux à la bataille ! — Les derniers graveurs en couleurs. Alix, Lcvachez : et la considérable production finale de Debucourt : courses de chevaux, types militaires ou caricatures d'après Carie Vernet, scènes de mœurs originales. Les gravures de modes du Journal des Dames. Des adresses gravées pour commerçants. La vaste production des estampes et images d'actualités (voir collection Hennin;. Même la basse production dont Balzac a placé des échantillons dans la salle à manger de la pension Vauquer: des gravures exécrables gui âtent l'appétit, toute* encadrées en bois noir verni à filets dorés. — Enfin, quelques images pâles, à l'aspect de crayonnage effacé, signées Bergeret, colonel Lejeune. colonel Lomet. duc de Montpellier. Denon. On appelle ça d'un nom étrange, nouveau et d'allure barbare : lithographie. A pronostiquer sur ces spécimens, pas d'avenir. De fait, ce procédé disparait entièrement pendant dix ans.

Deuxième tableau. La Restauration. Belles gravures encore, les burins de Desnoyers. Richomme, Lignon, Forster. Ce qu'il y a de mieux en leur temps. Et cependant en baisse par rapport à l'Empire. El si au lieu de Bervic nous comparions à Augustin de Saint-Aubin ! Mieux encore, prenez les vignettes burinées vers lK2o d'après Desenne et Devéria, placez-les à côté des illustrations des Chansons dr Laborde, 177:5, et mesurez la profondeur de la cbule en cinquante ans. Pour comble, voici ce qui sera la plaie, le déshonneur du burin pendant le xixr siècle : la perte complète, chez les graveurs en taille rangée, du sentiment de ce qu'est « la belle épreuve », et de ce que peut apporter de mise en valeur pour la gravure la qualité du papier. Voici le règne du papier de Chine collé sur papier pâle. Voici la prédominance du métier sur l'art. Lu chef-d'œuvre absolu par exception, et méconnu : le liarto-

Uni de Potrelle d'après Ingres ; le graveur y a laissé jouer le blanc dii papier. L'eau-forte de peintre reparaît, par une seule pièce, mais capitale: le portrait de Pressigny, d'Ingres.

Une résurrection imprévue, qui prime tout. L'éslampe originale renaît avec une puissance el un foisonnement extraordinaires. La lithographie, subitement, à dater de 181", a été adoptée par les peintres : Guérin, Girodet, Gros, Prud'hon, Isabey, Hersent, Ingres, Goya. etc. Œuvres de Boninglon, de Charlet, de Carie Vernet, d'Horace Vernel, de Géricault, de Boilly, etc. Publication de l'immense ouvrage du baron Tàylor, Voyages dans ["ancienne France : un musée lithographique.

Troisième tableau. Le gouvernement de Juillet. La gravure rangée, de plus en plus mécanique. Elle on vient à la gravure dite de keepsake et à ce qu'on nomme alors en librairie, en se rengorgeant, les « magnifiques gravures sur acier ». A la tète, cependant, toujours de remarquables talents : Pradier, Calamatta, Mercuri. Mais voici qu'un graveur s'efforce de rendre à son art la vivacité et le sémillant, l'originalité en un mot, même dans l'interprétation ; et ce Français, qu'on appelle alors le graveur du Gustave Wasa (d'après Hersent), ce graveur du portrait de M'1'' de La///, du Sacre de Charles Y, qui sera le graveur du fameux Hémicycle d'après Paul Delarocbe, occupera dès lors une place hors ligne dans les artistes de son temps. C'est l'illustre Henriquel-Dupont.

A côté du burin. la manière de crayon (pour les portraits d'Ingres), el un genre qui fut la « toquade » de l'époque : la manière noire, Jazel. Cet excellent Jules Janin, qui se piquait d'être connaisseur en gravure, demandait qu'on ne gravât plus qu'en manière nuire, « comme en Angleterre ».

Les lithographes de profession : Aubry-Lecomte, Sudre, Grévedon, Léon Noël, Maurin, etc. : préoccupation du métier, du grain, du grené-fondu.

Développement inouï de l'éslampe originale. Besoin de liberté et de vigueur. Seconde floraison de la lithographie, plus coloriste et plus mêlée aux faits de la vie contemporaine. Louis Boulanger, Decamps, Eug. Isabey, Delacroix. Gigoux, Boqueplan. Jules Dupré. Dauzats, Célestin Nanteuil, etc., Eugène l.aini, Henri Monnier, Grandville. Publication de la Caricature: Traviès, Auguste Bouquet. Daumier. Suppression de la caricature politique, les lithographes se jettent sur la satire «les mœurs : développement des œuvres immenses de Daumier. de Gavarni. Le Charivari : une lithographie

originale par jour pendant un quarl de siècle. L'épopée des guerres de la

Nobdhaiîbk. - TÊTE l'F. VIEILLARIi

Révolution et de l'Empire : Charlet, Hippolyte Bellangé ; développement de l'œuvre incomparable de RafFet. Les portraits types de la génération de 1830 :

développement de l'œuvré hors pair d'Achille Devéria. Si de là nous venons à Lemud et autres jusqu'à Chassériau. il faudrait énumérer indéfiniment!

Une revue d'art : l'Artiste: romantisme et combativité. Renaissance de l'eau-forte de peintre : Paul Iluel. Delacroix, Decamps, Marilhat, Raffet, Johannot, Géleslin Nanteuil. Charles Jacque, Meissônier, Daubigny, Trimo-

let, Rléry, etc. Vernis mou :

Marvye. Essais de gravure libre :

les Contra da Temps passé, les Chanta et Chansons populaires, (bientôt, premières tentatives pour faire de la gravure de reproduction, à peu de frais, par l'eau-forte : Veyrassat, Hédouin.

Chaplin, etc.).

Encore un fait extraordinaire et subit : admirable résurrection et floraison du bois. Premiers bois romantiques par Porret, d'après Johannot : la perfection!

Eclat du livre illustré : Gil Blas de Gigoux, Molière et Don Quichotte de Johannot, Gulliver de (irandville, Paul et Virginie édition Curmer, Les Français peints par eux-mêmes ; — les livres napoléoniens, le Noi'vins de Ratïet, le Laurent de VArdèche d'Horace Vernet, le Mémorial de Sainte- Hélène de Chariot; — le Lazarille de Tormes, admirables illustrations de Meissônier admirablement gravées par Lavoignat, — les Portes de Fer, etc. Les journaux illustrés: Magasin pittoresque, l'Illustration (1843); le bois est partout, il commence à se fabriquer en ateliers.

Tout ceci n'est-il pas surprenant dévie? Les chefs-d'œuvre fourmillent!

Quatrième tableau. Second Empire. Le graveur de Y Hémicycle domine

tout. Mais s'il a su renouveler la gravure pour son compte, il n'a pu la renou-

Gallen. — Tète d'étude.

Matthée. — Ajiih.vl Borro, d'après Véiasquez.

vêler autour de lui. La taille rangée, qui compte toujours des graveurs île grande réputation, François, Achille Martinet, Blanchard, Bertinot, etc., en arrive à un métier inquiétant : des fonds à la mécanique apparaissent. Le moment est décisif, il faut que la gravure périsse ou se renouvelle.

On étonnerait Henriquel-Dupont si on lui montrait comme un rival en future célébrité et comme un supérieur en art un ancien officier de marine devenu fou, Méryon, que déjà Baudelaire a deviné, el dont l'arrivée est le point initial de la grande floraison de la gravure originale. En même temps, vient le graveur du Battant de porte et d'une série d'eaux-fortes puissantes : le jeune Bracquemond à l'apogée du talent dès la vingtième année; puis en Angleterre Seymour Haden, en Belgique Lcys. Dès lors, par les graveurs originaux l'estampe va remonter à une valeur absolue et s'égaler aux chefsd'œuvre du passé. De mainte gravure on pourra désormais répéter le mot de M. de Ghennevières sur certaines lithographies de Gavarni : je mettrais cela, Dieu me pardonne, à coté des, plus belles eaux-fortes de Rembrandt ! Voici l'ère de ce que Burty a appelé « l'eau-forte intense » : Saint-Marcel, Hervier, Bonvin, Legros, Corot, Jongkindt, Jacque, Ghifflart, Ribot, Manet, Roybet, Rops, Daubigny, Lalanne, Hillemacher, Goncourt. L'éditeur Cadart el Yaquafortisme : tous les peintres font de l'eau-forte.

Si la lithographie commence à s'éclipser, malgré les noms de Raffct, Leroux, Baron. Gicéri, Jules Laurens, Lassalle, Bonhomme, Laemlein, Français, de Beaumont, Gustave Doré, Rops. etc., le bois est toujours en plein éclat. Les Contes Rémois de Meissonier, gravés par Lavoignat. Le Juif errant et les Contes drolatiques : développement de l'œuvre de Gustave Doré, transformation de la gravure sur bois, interprétation des teintes : manières de Pisan et de Pannemaker. Série des bois d'Emond Morin, artiste exquis, insuffisamment apprécié de son vivant, ce dont il est mort.

En 1859 fondation de la Gazette des Beaux-Arts. Importance des gravures de petit format. Réaction de la gravure vers la clarté. Fiameng : ses deux pièces de Miss Graham el du Blue Boy. Apparition d'un graveur à l'eau-forte d'une virtuosité étourdissante : Jules Jacquemart : les merveilles gravées pour la Gazette ; les Gemmes et Joyaux. Apparition d'un buriniste subordonnant la taille au dessin : Ferdinand Gaillard, L'homme à l'œillet.

Cinquième tableau. La République, 1870-188!). La taille « militaire », rangée par une, deux, subsiste, mais en posture subalterne. L'intérêt est ailleurs.

Première réaction contre la taille rangée : la taille libre est représentée avec éclat par Gaillard.

Autre réaction, très violente. Répercussion de l'eau-forte originale sur la gravure de traduction, poussée désormais vers le pittoresque et la couleur- Formation d'une génération de graveurs en travail libre, dits graveurs à l'eauforte, qui reproduisent à miracle les peintres de leur temps. Faites maintenant une nouvelle expérience, inverse : prenez un recueil du xmiic siècle, le Cabinet Poûllain ou le Cabinet C/wiseul, placez à côté ce livre, les Cent Chefsd'œuvre édité à la suite d'une exposition de tableaux l'aile à la galerie Petit), et voyez la merveilleuse différence en laveur de notre temps. Les voilà, les traducteurs de Delacroix, de Diaz.de Meissonier, de Jules Dupré. de Théodore Rousseau, de Gustave Moreau, et de toute l'école contemporaine: les Bracquemond, les Chauvel, les Wallner, les Courtry, les Boilvin, les Mongin, les Gaujean... mais n'essayons pas de les dénombrer, ils sont légion.

Légion aussi, les peintres adonnés à la gravure : Meissonier, Baslien- Lepage, Lewis Brown. Rodin, etc., et les graveurs d'eau-fortc originale : Lançon, Gœneutte, Guérard, le très remarquable Félix Buhot...

La gravure à l'eau-forte, victorieuse, remplace clans les livre- le btiis qui s'éclipse. Série des illustrations gravées à l'eau-forle, publications de Lemerre, Jouaust, Evangiles de Hachette, Livre de Rut h un chef-d'ceUyre caractéristique .

La lithographie? L'art des Sudre et des Mouilleron compte encore Boulange-Teissier et Sirouy. Bientôt il sera repris en main, contre toute prévision, par une cohorte de lithographes.

El la lithographie originale ? Les peintres l'ont délaissée. On la dit morte. Comme lorsqu'il s'agit de son temps, on est aveugle, peu de gens s'avisent que la lithographie est très vivante, mais sous une forme nouvelle : l'affiche. Ceci gène tellement nos habitudes de classification que Chéret n'arrivera jamais à être exposé convenablement, même dans la section industrielle des affiches. A l'Exposition universelle de ISS',), des graveurs prétendirent obtenir du commissaire général des Beaux-Arts que Chéret el ses affiches fussent expulsés de la centennale, comme compromettant la dignité de l'estampe..

L'affiche est. au xix° siècle, la seule forme d'art prospère de la chromo el de l'estampe en couleurs.

Nous voici donc en 1889, à cette exposition où l'estampe commença à

Bai i in. Ë.VI KOKTE OIUGIN U.K

être exposée avec la considération et le soin qui lui sont dus. Vitalité du burin et splendeur de l'eau-forte de traduction. D'ailleurs les genres burin et eau-forte sont moins tranchés désormais et tendent à se confondre dans une même gravure en taille libre. Nous ne sommes plus au temps où YErasme de Bracquemond était refusé par le burin régnant ; au temps des rivalités, des proscriptions, des colères, des accusations réciproques de perdre l'art. Gaillard vient de disparaître et sera peu imité parce que sa manière suppose une acuité exceptionnelle du sens visuel, mais voici Flameng, Achille Jacquet, Jules Jacquet, Alphonse Lamotte, Didier, etc. Et Waltner, et Rajon, et Bracquemond, et Charnel, et Boilvin. et Lecouteux, Laguillermie, Lefort, Lerat, Mon gin, Lhermitte. etc. — à l'étranger, Kœpping : — dans le nombre que de planches superbes, d'une allure nouvelle, caractérisée par une intensité de couleur telle, qu'à côté, les gravures du passé ne tiennent pas !

L'estampe de traduction est si peu morte, que, fait vraiment curieux, la lithographie de traduction elle-même renaît avec Ghauvel, Maurou, et qu'une corporation de lithographes s'est formée.

Et cependant la photo-estampe fait rage. Elle envahit les revues, les magazines, les journaux illustrés.

Les peintres sont longs a se remettre à la lithographie : ils préfèrent d'ailleurs la faire non directement mais par report, comme ils sont tentés de faire, en guise d'eau-forte, du dessin à la plume photogravé. La photographie, d'ailleurs, ne reporte-t-elle pas désormais les dessins sur le cuivre ou sur le bois, supprimant le dessin du graveur? L'aquatinte « en boite j> , exécutée à présent sur photographie et reprise à la main, n'est-elle pas devenue l'héliogravure ? La transaction entre la main humaine et la mécanique est partout. Et la gravure, cependant, ne meurt pas !

Le bois, chassé du livre de luxe par l'eau-forte. du livre courant par le gillotage et la simili, désemparé, mais vivant, dévie dans la teinte, dans Yinterprétalion, dans les grandes reproductions de tableaux. Ce genre donné, les graveurs sur bois français y sont remarquables (portrait de Dinna* fils, d'après Bonnat, par Bande; illustrations de la Vie rustique, d'après Lhermitte par Clément Bellenger. etc.). Même les graveurs sur bois font du travail microscopique : la taille ne doit plus se voir : le suprême d'un bois est délie pris pour une simili ! Mais quelques artistes conservent précieusement le dépôt sacré du bois de Irait, el les illustrations d'après Daniel Vierge pour VHis-

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foire de France de Miehelet, les bois originaux de Lepère sur Paris pour la revue américaine le Harpers, pour Y Exposition de 1889 (publication de Baschet), etc., demeurent des chefs-d'œuvre.

L'estampe originale conquiert sa place légitime au soleil : elle participe aux grandes récompenses avec les Charles Jacque, les Rochebrune, les Seymour Haden et les Whistler. Bien mieux ! C'est elle qui fait le rapport officiel sur la situation de la gravure !

Elle tend à se propager dans le monde entier. En France, la scission des Champs-Elysées et du Champ-dc-Mars va lui donner une importance croissante dans les expositions. Les graveurs proprement dits, ceux qui font la taille, se grouperont en presque totalité aux Cbamps-Elysées ; mais l'estampe de peintre, celle qui est plutôt un dessin imprimé, trouvera au Champ-de-Mars le milieu qui lui convient.

Ainsi 1889 est une exposition qui constate les grands résultats, les changements profonds, — et la vie puissante de l'estampe.

Sixième tableau. En 1900. Onze ans ne sont pas un laps de temps suffisant pour des modifications très sensibles. L'exposition actuelle confirme simplement, en l'accentuant, la situation de 1889. Mais 1900 n'est pas seulement une date, c'est une échéance, et l'on y fait une exposition-bilan.

Exposition considérable, quoique très choisie. Mille estampes, dont la moitié dans la section française, très bien présentée, et (enfin!) suivant le vrai principe : ne mettre dans une salle que ce qu'elle peut contenir, et pas une pièce de plus ; car ce qu'on met en surcroît, primo, ne se regarde pas, et secundo, « démolit » le panneau en nuisant à tous ceux qui s'y trouvent. Viennent ensuite, avec une exposition embrassant les divers genres d'estampe. l'Allemagne et l'Angleterre (par parenthèse, les Anglais, si coquets et si soigneux dans la présentation des œuvres, ont dû se trouver bien étonnés de se voir à l'étroit pour la gravure : très limités par la place il leur a fallu « monter » sur trois ou quatre rangs!). Les Etats-Unis montrent un ensemble de bois, et de l'eau-forte originale. Les Pays-Bas, exclusivement de l'estampe originale. Dans divers autres pays, les exposants de l'estampe sont à l'état plus raréfié.

La gravure proprement dite, la taille, appliquée à la reproduction des peintures, reste extrêmement vivace en France. La voici de nouveau, la vaillante armée des graveurs déjà vus en 1889. Toujours divisés en burinistes et

au premier rang. Achi

aquafortistes. La section burin très belle et produisant, même sur les détracteurs de la gravure de reproduction, celle impression qu'impose toujours la belle tenue. Il ne faut qu'une pièce à Flameng — depuis cinquante ans sur la brèche et toujours jeune — la Vierge au donateur de Van Eyck, pour demeurer

le Jacquet interprète avec finesse et souplesse Man-

lègne, Cabanel, Meissonier.

Détaille. Jules Jacquet passe du fourmillement minutieux du Friedland de Meissonier au large et coloré Triomphe de /'Art, de Bonnat. plafond de l'Hôtel de Ville. Adrien Didier présente, dans son envoi, le séduisant portrait de Juana Romani d'après Roybet en attendant qu'il nous donne la gravure du diplôme des récompenses de l'Exposition, dont il est chargé i. Burney. Champollion gravent serré. Surgis

-,.. .„.,,- Bon hivhhal dePuis l88!l- tlos ti,k'nls

nouveaux : Jazinski. très

remarquable dans sa grande planche de Primacéra, d'après Bolticelli ; Sulpis. tin interprèle de Mantègne et de Gustave Moreau. Patricot enfin, un triomphateur de l'Exposition : ses deux planches d'après Gustave Moreau. ftlèdf'e et Jason, le Jeu no homme et la mort sont à la fois robustes et suaves. Mais sa Judith d'après Botticelli est pour réjouir particulièrement les passionnés de la gravure : le ciel y est traité par le blanc par dît papier !

Allons-nous enfin rentrer dans la vérité ? Et ne resle-t-il plus aux hnrinisles qu'à s'éprendre des beaux papiers el de la belle épreuve ?

Ainsi ii la lin de noire siècle le burin, le moyen de gravure incomparable, n'a rien perdu de son prestige. Ah ! ce qui est mort, bien mort, c'est la terne gravure d école, qui éteint consciencieusement une planche sous des tailles

Hirin médiocre. Celui-là, l'Exposition de 1900

sa Parue perdue d'après Meissbnier est

honnêtement alignées. C esl l'a jugé et achevé.

Dans l' eau-forte, Bracquemond à la fois robuste el détaillée, d'une succulence rare : c est mieux que moi, disait Moisson icr, peu tendre aux graveurs On s:iil dans quelle forme exceptionnelle le jury a acclamé avec éclat, sur le nom de Bracquemond, un demi-siècle de gravures, de chefs-d'œuvre, de propagande et d'influence.

Waltner. Chauvel, toujours superbes ; Laguillermic passant au premier rang avec ses 1res grandes planches d'après le Titien. Van Dyck, et Frans Hais ; Lecouleux, ayant développé son œuvre considérable dont \ A//r de Fer d'après Cormon est peut-être la note la plus vigoureuse et caractéristique : Boilvin, Courtry, Gaujean trois morts, grandes pertes'. Henri Leforl, Boulard, Brunet-Debaisnes, Focillon, Greux. Lalauze. Aliel Mignon. Mordant. Géry-Bichard, Payrau et cinquante autres complètent cet ensemble.

L'exposition française a été qualifiée d'un mot par le vice-président étranger du jury de gravure : l'embarras des richesses.

La gravure de reproduction est donc très vivante, en dépit des désirs des

Tète d'étude (premier olat).

sectateurs exclusifs de l;i gravure originale, qui disent : à quoi bon ? la photographie désormais suffit. Il parait que non, et qu'il y a encore de par le monde des gens épris de la gravure proprement dite et de la belle taille, et de cet admirable travail de la main de l'homme.

Les « procédés » ne sont pas pour le faire oublier. Depuis qu'ils ont envahi les journaux d'art, ces journaux ne sont-ils pas confectionnés sans ail ? Encore, dans les procédés, faut-il établir la distinction essentielle : les uns reproduisent des documents ait trait; ils se résolvent en deux éléments constitutifs, du blanc et du noir : ils sont donc typographiques, et en harmonie avec la page imprimée. Les autres sont en tons, ils ont la prétention de rendre les mille nuances des œuvres peintes : en fait, ils introduisent dans la page imprimée — comme l'a si bien dit Bracquemond — une matière étrangère, la teinte. Et quelle teinte ! des carrés de noirs indéchiffrables, ou des taches de boue.

Et puis, la gravure de reproduction ne sera pas abandonnée en France, après un glorieux passé de trois siècles. Car, le lendemain du jour où la France l'aurait abandonnée, un autre pays la reprendrait aussitôt.

Mais la gravure de reproduction ne compte plus, désormais, que lorsque par la personnalité de l'exécution elle prend la valeur d'une œuvre originale.

Nous la retrouvons présentement en Belgique, avec Biot, Le Nain, Danse ; en Angleterre, dans un mode particulier et national, avec la manière noire •le Short ; en Allemagne, avec Kccpping (de premier ordre dans la gravure libre à la Waltner), avec llans Mever. buriniste classique.

Nous retrouvons encore en France la reproduction sous forme de lithographie de traduction, prospère avec Sirouy, Maurou. suivis d'un bataillon d'exécutants 1res actifs.

Le bois. Ne pas confondre la question des graveurs sur bois avec celle de la gravure sur bois. Les graveurs sur bois, eux, remarquables et capables d'exécuter n'importe quel tour de force. La gravure sur bois, en pleine crise, et toujours complètement déraillée dans les interprétations de tètes d'après Rembrandt ou encore d'après Ribot), dans la teinte, dans le bois hors du livre, imitant la gravure ou la lithographie! Et dans la gravure à l'aiguille, le travail impalpable, dix tailles au millimètre! Les graveurs sur bois font ce qu'on leur commande, et c'est cela qu'on leur commande. Le bois contre nature n'est pas du fait des graveurs : il est du fait des peintres et dessinateurs.

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qui ne se doutent point de ce qu'est V illustration sur unis ; du fait de presque fous les éditeurs, qui ne se doutent point de ce qu'est une page typographique. Ceci admis, nulle pari les graveurs sur bois ne font mieux qu'en France : témoin Léveillé (qu'il est permis de préférer dans ses vignettes au trait d'après Le Blant pour les Chouans), Pannemaker. Ruffe, etc.

Mais à force de vouloir présenter de grandes et d'immenses pièces, pour accrocher de force le regard tles visiteurs, ce qui esl la tendance des graveurs aux expositions, on finit par nous montrer autre chose que la vérité. La situation vraie du bois doit être constatée hors de l'Exposition, et il faut aller le chercher à sa place naturelle, dans des livres tels que Paysages Parisiens, Paris an hasard. 1rs Ballades dr Villon, le Dernier des Abencèrages, Bruges la Morte et dans ce journal l'Image, essai fait pendant un an pour montrer ce que devrait être une revue d'art illustrée par des moyens d'art : il y avait là d'admirables pages de typographie harmonisée avec le bois.

Le bois reprend faveur dans le livre illustré d'amateur. (Les Français ont le goût du livre illustré chevillé dans l'âme.) La teinte, le faux bois, est battu en brèche. Lepère, artiste unique en son genre, représente contre elle la réaction absolue, violente, exaspérée, la recherche de la belle page par le bois marié à l'impression. D'autres suivent, Henri Paillard, etc.

L'estampe originale est au pinacle et se développe de plus en plus; chaque pays brille. L'Angleterre, avec le grand nom de Seymour lladen, et avec Cameron dont les vues prises dans les villes d'Ecosse et à Londres sont des eaux fortes de premier ordre, avec Hall, Haig, Herkomer, lleselline. Wyllie, et les bois de Nicholson ; les Etats-Unis avec Whistler, si subtil, avec Pennell, exposant son Endroit le plus curieux du monde, qui n'est autre que la ville du Puy ; la Suède, avec Zorn sabrant ses planches de rayures jamais croisées et arrivant à un effet net et puissant; l'Allemagne, avec les sociétés de gravure originale de Berlin et de Munich : de la première fait partie Menzel, chargé d'ans et de gloire (en lui décernant un grand prix en l'JOO, plus d'un juré, bibliophile reconnaissant, pensait aux illustrations pleines de brio et de nerf, à ces bois extraordinaires qui, il y a soixante ans, illustrèrent la Vie de Frédéric H), avec Forberg, qui expose un grand portrait d'homme, eau-forte de la plus vigoureuse facture, avec M"1' Stein (qui n'expose pas). Le Danemark a Kroyer, la Norvège Nordhagen, la Finlande Gallen, la Russie Matthée, la Suisse les pointes sèches de Piguet, d'ailleurs Parisien; l'Italie.

Conconi el d'autres graveurs, qui semblent avoir sous les yeux des eauxfortes de Forluny. La Hollande, elle, obtient un succès exceptionnel, avec les grandes visions rcmbrànesques de Marins Baucr, le burin serré et les eauxfortes de Dupont, les vues locales de Witsen. les eaux-fortes originales de Storm. Bosch, MIlc Van Houten, Van der Valk, Toorop, M1" Fies, Reicher, Veth. Nieuwcnkamp, les gravures de Zilcken, les lithographies de Hoytema, Ton Cate. Succès extraordinaire. Mais exposition à saveur de terroir, remarquablement présentée; les Hollandais marchaient coude à coude.

Oh! le sentiment de l'ensemble dans les expositions, et l'on peu! dire le sentiment du devoir !

La France, en estampe originale, peut présenter un ensemble puissamment riche et varié : écrasant. Représentez-vous un panneau de lithographies et d'affiches de Chéret, dûment choisies, soigneusement encadrées. Représentez-vous un panneau des plus exquises pointes-sèches prises dans l'œuvre de Helleu. Représentez-vous un panneau des vaporeuses allégories musicales lithographiées par Fanlin-Latour ; un panneau des puissants portraits à l'eauforte de Legros ; un panneau d'eaux-fortes de Besnard. Représentez-vous, développé, l'œuvre de Paul Renouard tel qu'il fut exposé au Champ-de- Mars. Représentez-vous Steinlen, Willette, Chahine...

Non. ne vous représentez pas. Point d'affiches de Chéret parce que ce sont des affiches; point d'Helleu, point de Fantin-Latour : il ne leur a pas convenu d'exposer. Point d'œuvre de Paul Renouard, le règlement ne permei pas de développer un œuvre, quoique pour les peintres-graveurs le développement soit indispensable. Albert Besnard n'a pas soigné son envoi, c'est un fait courant chez les artistes. Willette n'est pas venu, et bien d'autres. Steinlen, qui vient d'entrer au Luxembourg par des dessins, est Suisse, comme Daniel Vierge, illustrateur français, est Espagnol. Il parait que Legros est Anglais et que Chahine est Turc.

El l'estampe originale française n'est pas exposée coude à coude, mais dispersée dans les rangs de l'estampe de reproduction ! Ceci part d'une bonne intention : « ne pas avoir l'air de parquer le Champ-de-Mars ».

Or, une exposition universelle est une bataille, et sous la courtoisie apparente de l'internationalisme et des réceptions, se cachent les rivalités les plus âpres des peuples et le désir à peine voilé, chez les moins avancés, de supplanter les plus arrivés. Au fond, cette œuvre de paix est une œuvre de

guerre, où les gros bataillons l'emportent. Quiconque se dérobe déserte. Quelque jour, ô artistes de France, à foire de vouloir faire les indifférents ou les renchéris, à force de ne pas savoir choisir dans votre œuvre ce qu'il faut envoyer, et de ne pas veiller à la présentation, vous trouverez le moyen, avec une supériorité indiscutable et simplement pour avoir voulu

l.LHK

Ki u m. hi TnÉPOUT.

aller au feu décousus cl débandés, d'encaisser quelque défaite imprévue de la part de moins forts que vous. Ce qui vous stupéfiera : il y aura de quoi.

En 1900, avec les envois peu développés d'eaux-fortes de Braequemond, Jean-Paul Laurens, Albert Besnard, Desboutin, Jeanniot, Benouard, Lepère, Béjot, Lehcutre, Baffaelli. Legrand, Michel Cazin, Pinet, avec les bois de Lepère, de Paillard, de Rivière, avec les lithographies de Carrière, Lunois, Léandre, Dillon, la section française peut tenir et donner le /«de la situation, de l'activité de l'estampe originale française, où — ce qui ne gale rien — l'intérêl et la modernité des sujets viennent rehausser encore la virtuosité et la

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E. Cahbièbb. — Portrait i>e Yeiil.vine

variété de l'exécution. — Mais la situation vraie est bien au-dessus de ce

simple aperçu !

Ainsi, pour résumer, le xix' siècle naissant a trouvé une gravure de repro-

ëéjoi. — Montmartre, eau-forte originale

duction très belle, mais peu spontanée et bientôt compromise dans une discipline à outrance et dans le métier; après d'incroyables efforts, il la laisse renouvelée, transformée, libre, originale, et toujours prospère.

Il a trouvé le bois mort, il l'a ressuscité et remis an plus haut : plus que

316 l>' E XPOSITIO N I! E TRO SP E ( : T I V E

le xvm". le xix' siècle esl le « siècle de l'illustration ». Il est aussi le siècle de la lithographie.

Le xix'' siècle a trouvé l'estampe originale nulle; il l'a portée à un haut degré d'éclat; par là il est. dans l'histoire de l'estampe, un 1res grand siècle, et dans ce grand mouvement la France esl pour une part immense.

Le xix" siècle laisse la production originale en plein développement. G'esl île nécessité absolue.

Il y a cinquante ans seulement, les ventes d'estampes anciennes étaient encore constantes : il semblait que cela dût durer toujours : dix ans après, tout était fini. Les amateurs d'estampes se jetèrent sur l'école française du x\ m1' siècle ; on la crut inépuisable : au bout de vingt ans, brusquement, plus de xvnic. Bien mieux, plus de xix". El récemment, encore, on avait pu, à première réquisition, présenter en un lourde main les exposilions de l'estampe du siècle, de la lithographie, de l'œuvre de Raffet! C'est qu'il y avait encore des œuvres tout réunis chez quelques collectionneurs. Ceci dispersé, subitement plus rien. On pourra encore organiser une exposition détaillée de la gravure sur bois qui est évidemment indiquée aujourd'hui, mais on y aura du mal et il y faudra du temps, du soin, et des recherches désormais difficiles.

Avec quelle rapidité les œuvres du six0 siècle vont s'enfoncer dans le passé! Dire que de tant de burins, d'eaux-fortes, de buis, il ne restera que quelques noms de graveurs, transmis à travers les âges; et quelques épreuves chez de rares collectionneurs, quelques volumes chez les « grands bibliophiles ». Dire que l'on ne connaîtra plus l'immense production de l'estampe du xix°, et des œuvres innombrables tels que ceux de Gavarni. Daumier. Devéria. Raffet, au milieu desquels des générations ont vécu, que par quelques spécimens rares et dépareillés, réunis à grand'pcine dans les musées. Les musées, la poussière du tombeau.

Il faut vivre! Il faut produire, créer! Décidément, il n'y a plus désormais pour l'estampe qu'un siècle à considérer. C'est le vingtième.

Henri BEHAI.DI.

TROISIÈME 1WRT1E

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