POT-POIT.III EN FAÏENCE FINE DE LA MANUFACTURE DES FRÈKES LEIGII
\ Douai (vers 178 1).
raine, et de faire abandonner presque complètement
celle île la « porcelaine tendre », limitée à un très petit nombre d'ateliers. mais qui n'en avait pas moins, surtout grâce à Sèvres, établi dans le monde entier, la supériorité de l'art français.
C'était donc deux industries nouvelles qu'il fallait implanter en France et faire prospérer.
Four Ii porcelaine, ce fut assez rapide. La manufacture de Sèvres, dans l'espoir de conserverie monopole de la fabrication de la porcelaine, avait bien fait l'acquisition de la carrière de kaolin récemment découverte à Saint- Yrieix, mais on ne tarda pas à en trouver et à en exploiter d'autres, et, bientôt, malgré les privilèges donl jouis-ail l'établissement royal, des fabri-
l.A TERRE
ques rivales s'élevèrent comme par enchantement, à Paris d'abord, puis sur quelques autres points du royaume. A l'imitation du roi qui avait « sa manufacture », les membres de sa famille. Marie-Antoinette elle-même, voulurent avoir la leur, et quelques années à peine après la mise en œuvre de la précieuse matière, on pouvait voir en pleine activité, outre la manufacture des « Porcelaines à la Reine », celles du comte de Provence, du comte d'Artois,
Plateau d'un cabaret aux armes de Paul Petrowich (Phi. I") (porcelaine dure tic Sùi res .
du duc d'Angoulême, du duc d'Orléans, du duc de Penthièvre. etc. Toutes ces fabriques mettaient en vente, a des prix relativement accessibles à tous, des porcelaines solides, résistantes cl décorées parfois aussi richement que celles de la manufacture de Sèvres à laquelle elles faisaient une concurrence d'autant plus redoutable que, grâce à leurs puissants protecteurs, les ordonnances, les « arrêts prohibitifs » et même les « jugements de saisie et de confiscation », restaient toujours pour elles à l'état de lettres mortes.
A l'exception cependant d'un grand vase fabriqué à Sèvres en 1784 ', la
' Grand vase « de Médicis ». aujourd'hui au Louvre; modèle cl sculpture de Boizot. bronzes de Thomire.
nouvelle porcelaine n'avait pas encore laissé entrevoir ce que l'on était en droit d'attendre d'elle dans l'avenir, et, pour le moment, sauf la matière, rien n'avait été changé au genre de production. A la manufacture royale, les modèles servaienl indifféremment à la fabrication de la porcelaine tendre ou à celle de la porcelaine dure, et, quant aux fabriques secondaires, qui, presque toutes, étaient établies à Paris, comme elles avaient été créées pour taire concurrence à celle de Sèvres, elles suivaient servilement ses traces sans se
préoccuper de faire du nouveau ou île l'original.
Ce n'est guère qu'à partir de la direction du savant Brongniart, n o m m é a d m i n i s t ra t e vi r de la manufacture en IKIIO, qu'une révolulion s'opéra dans l'industrie de la porcelaine. Abandonnant les « mièvreries de l'ancien régime», il modifia complètement la fabrication, et n'hésita pas à entreprendre des œuvres de grande dimension dont jamais, avant lui. on n'aurait osé rêver l'exéculion. Grâce à lui, l'industrie se développa rapidement et prit une importance considérable. A part deux ou trois exceptions, toutes les manufactures qui s'étaient établies à Paris où. depuis la Révolution, elles végétaient misérablement, avaient dû éteindre leurs fours, et c'est surtout à Limoges et dans le département du Cher où la main-d'œuvre, les matières premières et, principalement le combustible, étaient à meilleur marché, que s'élevèrent des manufactures qui, bientôt, n'eurent plus guère de rivales, et dont les produits, d'une fabrication supérieure à tout ce qui s'était fait jusqu'alors en Europe, établirent dans le monde entier la renommée de la porcelaine française.
Pour la faïence fine, il y eut plus d'efforts à faire. Dans quelques manu-
JATTE l'uni I.E « VIN l>E MAI » fîmitalion des grès de Wcdgwood : manufacture de Sarrcgucmincs, vers 1800).
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