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LA TERRE
factures, à Lunéville notamment, on employait depuis assez longtemps une terre blanche d'une finesse et d'une plasticité admirables '. et il existait même à Paris, près du « Pontaux-Choux », une « Manufacture royale de Terres d'Angleterre » qui a produit des faïences merveilleuses d'exécution, presque toutes surmoulées sur des modèles d'orfèvrerie et destinées à remplacer la vaisselle plate ; mais ces produits n'étaient pas entrés dans le commerce courant, et les terres anglaises, les « cailloutages » inondèrent pendant longtemps le marché.
Heureusement pour l'industrie française, deux potiers du Stattfordshire. les frères Leigh, persécutés , disaient-ils , pour leurs opinions religieuses et contraints de fuir leur pays, étaient venus, en 17S0, se réfugier a Douai, et avaient réussi à y fonder une manufacture qui. après des alternatives de prospérité et de revers, fut forcée de fermer ses portes, non. cependant, sans avoir donné naissance, dans la ville de Douai même, à plusieurs autres fabriques de moindre importance qui, faute de capitaux, ne purent subsister pendant bien longtemps. Or. c'est dans ces fabriques de Douai, peu connues dans
Imitation des pohcelaines de Sèvhes
[fabrique <!<• Nvsr. rue îles Amamiiers-PoiiiiicouH, à de 1810 à I- !" .
' Cette terre, connue sous le nom Je « Terre de Lorraine » était surtout réservée ù ces lines statuettes, à ces groupes si vivants et d'un art si charmant dont beaucoup, particulièrement ceux qui soûl sortis des mains de C\ l'Ile, peuvent être considérés comme de vrais chefs-d'œuvre.
l'histoire de la céramique, bien qu'elles nient. la première surtout, celle des frères Leigh, produit des faïences d'une exécution assez remarquable, que se sonl tonnés la plupart îles chefs d'ateliers qui allèrent, quelques années plus tard, implanter dans les manufactures de Sept-Fontaines, de Sarre-
FllNIl D'ASSIETTE, P011CELA1NE h! UK
(peinture polychrome. \Hv IIimum vers R:0
guemines, de Longwy, de Chantilly, de Creil, de Monlereau, de Choisy-le- Roi, etc., la fabrication de la véritahlc faïence fine : celle-ci devait bientôt prendre un développement considérable et constitue, aujourd'hui encore, une des branches les plus importantes de la production française.
Pendant toute la première moitié' du siècle, ces deux industries, celle de la porcelaine dure et celle de la faïence fine, s'exercèrent sans donner lieu à aucun changement, à aucun -progrès, si ce n'est ceux résultanl des recherches faites en vue de perfectionner les procédés de fabrication. La manufacture de Sèvres étail sans rivale au monde >ou< ce rapport, aussi bien que smis celui de 1 exécution du décor, et les fabriques privées, suivant ses traces, se bornaient à copier ses formes et à imiter aussi lidèlemeiil que possible le ' genre i. qu'elle avait mis à la mode.