I. \ i; I \ I. i:\ P0.S1TI0.N m: I
fii >a marche ni avant, autre chose que des intentions de défi. Nous estimons très légitime de vouloir mettre les ails mobiliers, comme tous les autres, en intime accord avec nos mœurs, nos goûts el nos pensées. Mais encore convient-il de ne point faire du « modernisme - une -impie manie el de ne pas rejeter systématiquement [oui ce qu'ont l'ail nos pères, uniquement parce qu'ils l'ont l'ait. 11 v a. par malheur, dans les idées actuelles, des malentendus puérils, sur lesquels il importe d'éveiller l'attention. Je ne sais ce que donnera le style dit « moderne ». Ce style très composite, où il entre du gothique el du japonais, du rustique et du supra-raffiné qui nous est venu de l'Angleterre eu passant par la Belgique, prête à réfléchir. Il s'est déjà beaucoup modifié el assagi; on ne voit pas, malgré tout, qu'il réponde à nos besoins, à notre tempéramenl social, et qu'il puisse même de longtemps être en état d'y répondre. Simplifié et compliqué tout ensemble, il se marque, contradictoiremenl. d'allégements el d'ajourements des structures et d'étranges lourdeurs, de fâcheuses raideurs, d'hostiles dissymétries, d'affectations de commodité et d'incommodités réelles. J'ignore si l'avenir, par une série de transformations. parviendra a lui assurer une physionomie française. Pour le quart d'heure, on le sent importe'1, cosmopolite, mal adapté et, généralement, trop bizarre.
Toutefois un programme s'est formulé, depuis quelques années, dans l'esprit d'un groupe de jeunes architectes, et nous en devons tenir compte. Je le résumerai ainsi : « Concevoir des demeures privées aussi franchement que possible en utilisant toutes les places ; — en variant tous les dispositifs conformément au caractère et aux exigences de la vie des habitants ; — en faisant concourir dans la plus large mesure le- matériaux de fond à la décoration même ; — en subordonnant rigoureusement toutes les formes secondaires aux principales: — en ménageant, enfin, aux intérieurs des agréments multiples, traduits, au dehors, par de- combinaisons pittoresques de lignes, de saillies, d'ouvertures. L école en question se veut pratique, économe, amie des ressources locales à la portée de ton- ceux qui font bâtir. Se réclamant à divers égards. de- préceptes de Viollet-le-Duc, elle entend que l'architecte soit un maître d œuvre dans toute l'acception du terme, créant et réglant, sous sa responsabilité, construction, décoration el ameublement. A le bien prendre, rien de plus rationnel.
Lorsqu'on commande à un architecte un hôtel ou une maison, son rôle est, en fait, dm édifier les parties vives el de le- compléter par les orne-
raentations architectoniques appropriées. S'il a le juste orgueil de vouloir faire œuvre entièrement une el personnelle, son honneur sera de rejeter les éléments décoratifs couramment préparés par l'industrie et de fournir lui-même
aux ouvriers d'art des dessins et des maquettes. Quand le temps sera venu de procéder aux derniers aménagements de l'habitation, dès lors qu'il s'agil défaire œuvre d'artiste « entièrement une el personnelle », il esl tout natu-
UANAPÉ (par H. fiallc).
rel qu'il compose à sa guise, an mieux de son architectonie, les boiseries comme les plafonds, les portes comme les fenêtres, les panneaux pleins comme les vitraux, les cheminées comme les balcons ouverts ou couverts. Gela fait, pourquoi se désintéresserait-il de tout ce qui doit achever l'intérieur, de l'invention des étoffes, des papiers de tenture, des lapis el des meubles? L'édifice qu'il aura terminé de la sorte sera la pleine manifestation de son principe organique appliqué sur tous les points.
Mais si dignes d'éloges que soient les constructeurs revendiquant avec décision les responsabilités du maître d'oeuvre jusque dans l'extrême détail. et quelque avantage qu'on puisse espérer (dus lard de leur initiative, je dois convenir que les ameublements issus de l'efforl des novateurs offrenl je ne
sais quoi de guindé, trop svelte ou trop lourd, paradoxal, et — pour tout
dire suggérant l'idée d'un provisoire. Los autours so sont trop visiblement
torturés pour être ingénieux. Ils ont cherché l'imprévu on de violents contrastes de lignes rompues, en des contradictions entre les lignes portantes et les lignes épisodiques et décorantes, en des divisions multipliées et déséquilibrées, en des obliquités arbitraires répondant à des rigidités excessives et coupées par dos angles secs et zigzagants, ou des courbes lentes ou brusques. On ne rencontre qu'armoires, bibliothèques ef buffets où s'opposent, se juxtaposent, s'entreposent, s'emmêlent.
en dos proportions et à dos niveaux divers, portes pleines, niches ouvertes, étagères, plates-formes, tiroirs, ressauts, rentrants, à n'en pas finir.
Do grandes parties s'élancent en découpures, sans raison, sans beauté ; d'autres se massent jusqu'à être trapues. Les aspects, à force d'être décomposés, restent petits et grêles, même en dépit de membrures •'■paisses. Sous prétexte de ne pas perdre d'espace, on met tout dans tout. Ne ni'a-t-on pas montré dernièrement une cheminée flanquée d'un coffre-fort à droite et d'un secrétairebureau à gauche, faisant corps avec elle, el surmontée d'un véritable château à tourelles pour contenir des livres et des pièces île collection ? J'ai souvenir aussi d'un lit extraordinaire aux montants machinés pour laisser se rabattre une table et soutenir des casiers
Étagèue |.ii M. Galli