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ressuscite le curieux service à thé exécuté au siècle dernier par le même Germain pour la cour de Portugal1. De même c'esl à Juste-Aurèle Meissonnicr que M. Àucoc a emprunté le modèle de la nef monumentale composée pour Louis XV enfant, et dont la seconde édition destinée au grand-duc Paul de
Pierre le Grand gouvernant lé navire qui portei.es destinées de la Russie (surtout exécuta parla maison Falizc, pour S. M. l'Empereur de Russie}.
Russie a reçu à Pétersbourg un accueil enthousiaste. De même encore, M. Falize a prodigué son savoir et ses soins à refaire pour la joie de nos yeux, la grande nef royale, composée pour Versailles par Nicolas Delaunay. et dont le dessin nous a été pieusement conservé par Robert de Coite. Il s'esl en outre inspiré d'un modèle de Meissonnicr pour la confection d'un milieu de table que nous reproduisons plus haut. D'autres exemples seraient à citer,
' Noua avons donné une pièce de ce service dans notre premier chapitre, p. 3S7.
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même chez de moindres exécutants. J'aperçois notamment dans l'exposition de M. Debain un modèle de soupière littéralement copié d'après Pierre Germain. Tous ces orfèvres éprouvent quelque fierté d'avoir pu montrer, en se parangonnant aux plus illustres de leurs devanciers, qu'au point de vue de l'exécution, l'orfèvrerie française n'a pas démérité de son ancienne réputation. Hâtons-nous d'ajouter que ni M. Aucoc, ni M. Boin-Taburet, ni M. Falize, ni aucun des antres maîtres habiles que nous venons de citer, ne se laissent
SntTOLT dit « Le temple de l'Amoi ii «son Vucoc),
[appartient à S. A I le grand-duc Vladimir .
hypnotiser par le passé, quelque glorieux qu'il puisse être. Sans rompre bruyamment avec des traditions qui sont l'honneur de leur industrie, je dirai de leur ail qu'ils savent à l'occasion produire des œuvres magistrales ou charmantes, qui leur appartiennent bien en propre. Contemplez dans les vitrines de M. Falize deux surtouts de table : Le Ciel apportant la paix à la Mer et au Monde et Pierre 1" gouvernant le navire qui porte les destinées de la Russie. Ces deux pièces, qu'on pourrait qualifier d'historiques — et que le tzar a bien voulu prêter à leur auteur pour la durée de l'Exposition — n'empruntent rien aux vieux maîtres des siècle- précédents, -i ce n'est cependant leur ordonnance magistrale, leur belle et sobre tenue, leur noble allure et je ne sais quel cachet de production honnête, sincère, scrupuleuse et maîtresse d'elle-même. Dans une note moins solennelle. M. Aucoc expose deux milieux de table d une ingéniosité bien charmante. Ce premier de ces milieux, qu'il appelle le
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Château d'eau, présente au centre et en son point le plus élevé une réduction très fine du beau groupe de Nicolas Coustou. Le Rhône et la Saône. Puis, autour du piédestal qui porte le groupe, s'étagent des terrasses avec escaliers et chutes d'eau, composant un décor pittoresque, et, dans sa donnée classique, d'une nouveauté heureuse. L'autre surtout, exécuté pour le grand-duc Vladimir, à l'occasion de ses noces d'argent, figure un Temple de l'Amour, inspiré par celui de Trianon. Autour de ce temple, vingt-cinq petits génies — symbolisant les vingt-cinq années d'une union respectée — mènent une farandole
Surtout des Bains de Diane (maison Boin-Tabuici)-
joyeuse et titubante. L'idée n'est-elle pas gracieuse ? Et faut-il ajouter que l'exécution est à la hauteur de l'idée ?
Puis c'est M. Boin-Taburet — déjà nommé lui aussi — qui, marchant dans les mêmes voies, nous présente un surtout de même nature en vermeil et pierres fines, très joliment architecture et rappelant, en sa partie centrale, les Bains de Diane de Versailles, et, en ses pièces de bout, la Naumachie du parc Monceau — double évocation qui ne laisse pas d'être à la fois fort classique et cependant bien moderne. Désirez-vous quelque chose de plus actuel encore? Depuis quelques années, la mode est aux chemins de table en linge brodé. M. Aucoc a imaginé d'en exécuter un en vermeil, dont les rinceaux élégants, se découpant en notes chaudes sur le blanc de la nappe, laissent des places libres pour les assiettes montées, les compotiers et les corbeilles de fleurs. L'exemple sera-t-il suivi? A franc parler, j'en doute. La parure de nos tables doit varier suivant l'importance du couvert et les exigences des saisons. La
fantaisie qui les orne, et qui n'est pas le moindre de leurs charmes, répugne à des dispositions immuables. Mais le curieux, c'est de constater que ce meuble essentiellement contemporain est conçu dans le pur style rocaille.
On voit assez, par ces quelques exemples, que même parmi ceux de nos orfèvres qu'inspire le génie classique, il en est dont l'imagination ne demeure pas en repos. Pour les autres, fidèles aux traditions que leur ont léguées leurs prédécesseurs, ils se bornent à suivre leurs exemples avec cette sérénité, celle quiétude, ce calme imposant qu'on éprouve à descendre un beau fleuve. Telle la maison Odiot, dont nous avons, dans notre premier chapitre, reproduit un superbe service à thé1. Telle encore la maison Boucheron, dont l'élégante psyché et les flambeaux en vermeil sont dignes d'une toilette royale. Telle la maison Froment-Meurice, qui après avoir prouvé, par une suite de pièces exécutées dans le goût traditionnel, que sa jeune direction n'a pas démérité de la réputation acquise par ses prédécesseurs, risque une incursion intéressante dans ce style Empire si longtemps honni et conspué, et depuis quelques années redevenu à la mode.
Qui citer encore? M. Charles Boulenger, avec ses jolis services en vermeil, ses puissants candélabres de style Louis XVI « rajeuni ». et son superbe Prix de la coupe, gagné en 1896 par le vicomte d'Harcourt ; M. Amédée Tallois, dont il faut remarquer le beau dessus de table. Tous ces vaillants orfèvres, même ceux dont la fortune naissante n'a point encore consacré les noms, montrent assez, par la perfection d'une main-d'œuvre supérieure, qu'une même conviction les anime. Ils sont persuadés, et avec raison, que la conscience dans l'exécution et le soin de la facture, quand ils s'allient à un goût éprouvé, communiquent à leurs œuvres — alors même que celles-ci ne se recommandent pas par une originalité délirante — une somme de beautés suffisante pour leur assurer les suffrages des connaisseurs. Et pour bien se convaincre qu'ils ne se trompent pas, il suffit de comparer leurs ouvrages à ceux de leurs confrères étrangers. Leur supériorité incontestable naît justement de cette conscience, de cette perfection de ciselure, de cette facture irréprochable, qui constituent ce que j'oserai appeler la dignité de leur art.
Voilà ce qu'on est forcé de dire de nos orfèvres demeurés fidèles aux traditions nationales. Mais, épris, eux aussi, du progrès, ces mêmes artistes ne
' Voir p. 385.
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ferment ni leur cœur ni leurs yeux aux captivantes nouveautés, et à côté des esprits pondérés, partisans décidés des chemins consacrés, il existe de libres
Vase ADX nus, composé par H. A. Arnoux (maison Cliristoflc) .
intelligences pour qui les voies battues n'offrent que des attraits limités, et qui se passionnent à la pensée de conduire notre orfèvrerie à des destinées
nouvelles. Nous avons déjà signalé les tentatives héroïques des frères Keller. Nous ne reviendrons pas sur ces ouvrages si résolument différents de ce que nous sommes habitués à contempler, et qui nous paraissent pécher par un contraste trop cherché entre la simplicité exagérée de la forme volontairement rudimentaire et la richesse de la matière. Mais il est d'autres novateurs plus transigeants, dont les tentatives méritent toute notre attention ; car on pourrait — tant leurs essais sont secondés par un goût sûr et une habileté indiscutable — espérer les voir renouveler prochainement nos modèles, si leur esprit d'innovation n'était tenu en échec par deux obstacles assez difficiles à surmonter, et qui influent d'une façon plus directe qu'on ne croit sur le caractère définitif de leurs œuvres.
Nous voulons parler, en premier lieu, de cette accoutumance dont nous avons expliqué la raisonnable et naturelle ténacité, et qui force ces rénovateurs à n'exercer leurs essais de réforme que sur des vases de parure, vases à fleurs, bouquetiers, porte-cartes, plateaux, jardinières, pièces accessoires, en un mot, objets charmants assurément, mais qu'on pourrait qualifier de gracieuses inutilités, si le Beau dans toutes ses applications n'était pas essentiellement utile. Le second obstacle à la généralisation du mouvement, c'est que presque toutes les créations qu'on a dénommées de néo-style, empruntent leur galbe, leurs contours, leur statique, leur décor même à un art étranger qui n'a que des rapports d'usage avec l'orfèvrerie. Ceci mérite un mot d'explication, et une légère incursion dans le passé fera mieux comprendre les insuffisances de l'évolution actuelle.
Quand, au xvnc siècle, à la suite de catastrophes fameuses, l'argenterie royale prit le chemin de la Monnaie, quand les princes, les grands dignitaires de l'Etat, les représentants les plus qualifiés de l'aristocratie et de la finance durent, suivant l'expression de Saint-Simon, se « mettre en faïence », les faïenciers de Rouen, de Nevers. de Moustiers ne se donnèrent pas la peine, pour contenter cette clientèle nouvelle, d'inventer des formes vraiment céramiques, répondant aux besoins qu'on leur demandait de satisfaire. Au lieu d'exécuter au tour leurs grandes pièces montées, en appropriant les galbes de ces pièces aux exigences de la matière employée, ils se bornèrent à surmouler l'argenterie condamnée à disparaître. Et delà vient que, de nos jours encore, les fabriques de Limoges, de Yierzon, de Gien, embellissent nos tables de pièces de vaisselle, dont les formes, empruntées jadis à l'orfèvrerie, ne sont
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pas essentiellement céramiques. Or, par un «juste retour des choses d'ici-bas », c'est le contraire qui se produit à l'heure actuelle.
Les improvisations de modèles nouveaux se manifestant tout d'abord (chacun le sait), par la rapide exécution de maquettes en terre, en cire, en plastiline, nos chercheurs ont été tout naturellement conduits à se rapprocher des tentatives faites depuis vingt ans par nos céramistes opérant de la même façon, pour doter de types inédits nos fabriques de faïence et de porcelaine ; et, comme conséquence, dans l'invention des vases dits de néo-st y le, on s'est fatalement laissé aller à imiter des formes que l'emploi du tour explique, qu'une pâte grasse et malléable légitime, mais qui répugnent au travail du repoussé, caractéristique de la parfaite orfèvrerie.
De la sorte, le marteau, ce mâle outil qui, entre les doigts de l'orfèvre éprouvé, est un instrument de création aussi personnel que le pinceau entre les mains du peintre ou l'ébauchoir dans celles du statuaire — car la simplicité même du procédé laisse à l'intelligence toute facilité de manifester sa puissance inventive et son expressive signification — le marteau n'imprime plus son stigmate génial sur l'œuvre. Quand on le force d'intervenir, c'est trop souvent pour exécuter un travail en désaccord avec ses qualités. De créateur, il devient traducteur. Heureux encore quand on ne substitue pas à son action vaillante et franche le moulage, la fonte et les multiples soudures qui, énervant le métal, en amollissent les contours.
Certes, nous ne saurions trop louer le beau Vase aux iris composé, avec une maestria rare, par M. A. Arnoux, auquel l'Union Centrale a décerné un des prix de son troisième concours et que la maison Christofle a traduit en orfèvrerie. Sa forme, qui s'exprime en un mouvement de torsion généreux et robuste, fournit elle-même sa décoration — singulier et difficile problème rarement résolu, si ce n'est aux grandes époques de l'art. — Ce vase, personne ne le conteste, est d'une belle et noble venue, mais il est de structure et d'aspect essentiellement céramiques. On ne peut, non plus, se dispenser d'admirer, chez M. Christofle, les quatre platelets où les époques de l'année se trouvent symbolisées par des touffes de roses de Noël, de violettes, de pavots, de chrysanthèmes. Le travail y est gras et souple ; on sent dans le modelé de ces fleurs les caresses de l'ébauchoir d'un modeleur de premier ordre, mais non l'impression de son marteau. Même lorsque celui-ci intervient, comme dans le vase en forme de narcisse, ou dans ceux en forme d'artichaut ou de
chardon, qu'expose la même maison, on éprouve comme un souvenir de galbes aperçus déjà dans d'autres industries.
Si ces observations, appelées sans doute à paraître sévères, bien qu'elles n'entament en rien la profonde estime que nous inspirent ces généreux essais, peuvent s'appliquer justement à une maison qui ne recule devant aucun
sacrifice lorsqu'il s'agit de produire de beaux ouvrages, à plus forte raison, sont-elles de mise pour les chercheurs de moindre envergure, aux efforts desquels on ne peut cependant marchander les encouragements. Citons donc, parmi les pièces qui prétendent à la modernité, un encrier, de la maison Debain, fait d'une touffe de pensées — allusion ingénieuse ; — une saucière et un légumier, de M. Fray-Harleux ; un service de table, de M. Linzeler, dont les formes, nouvelles assurément, mais d'une nudité presque pauvre, jurent avec la richesse du métal ; un service de toilette de M. Wagner, paraissant au contraire plus décoratif que pratique, et diverses pièces de M. Camille Gueyton, à qui l'on aurait mauvaise grâce à refuser le titre d'innovateur, mais dont l'intelligence très en éveil fait preuve de plus d'indépendance que d'esprit vraiment pratique.
Nous insistons sur les modifications qui, à la suite des recherches de modernité, s'introduisent dans la mise en œuvre de l'argent : c'est que la substitution regrettable de la fonte au travail du repoussé — trop souvent considérée par l'observateur superficiel comme étant sans importance capitale — est cependant pleine de conséquences graves, dont la plus sérieuse, au point de vue professionnel, est le remplacement (dans l'exécution de certains ouvrages) de l'orfèvre par le fondeur. C'est ainsi que MM. Thiébaut
Cafetière Loiis XV A godrons flétris, vermeil (maison Christofle).
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achèvent en ce moment un surtout de table en argent, ensemble considérable à tous égards et à destination officielle, dont le modèle est dû. croyonsnous, à M. Aube. De même, on peut voir dans l'exposition de M. Susse des applications de l'argent également intéressantes, au nombre desquelles il faut citer tout d'abord la délicieuse Jeune fille de Bou-Saâda que M. E. Barrias modela jadis pour le tombeau de Guillaume! La grâce exquise et mélancolique de cette jolie figure a pris comme un redoublement de charme dans cette réduction, où ses carnations d'ivoire s'enveloppent dans des draperies d'argent irisé d'or. Mentionnons aussi une Renommée d'une rare pureté de lignes, d'une légèreté, d'une élégance parfaites, du même maître , et dans la traduction de laquelle M. Susse a de nouveau associé avec un égal bonheur l'argent à l'ivoire.
Malgré le mérite considérable de ces deux œuvres exceptionnelles, M. Susse ne saurait prétendre, toutefois, au titre d'innovateur. En 1855.
travaillant pour le duc de Luynes, Simart exécuta en argent, en or et en ivoire, sa restitution réduite de la Minerve du Parthénon. Avant lui, Feuchère avait, en deux groupes qu'on peut voir à l'exposition rétrospective de l'Orfèvrerie, offert à l'admiration docile de ses contemporains, deux spécimens importants de cette statuaire argyvéléphanline. Le nouveau, c'est que la restitution de Simart fut réalisée par Duponchel et celles de Feuchère par Froment-Meurice — l'un et l'autre orfèvres — alors que M. Susse est bronzier.
Si l'on voulait comparer les diverses expositions étrangères à nos ouvrages français relativement si parfaits, sans tenir compte du long entraînement et des admirables traditions qui font la force de notre production nationale,
Broc a biéue décoré de chardons (maison Michelsen. à Copenhague).
LAliT A L'EXPOSITION DE l'JOO
fond, q.ui ne nous trahisse aussi. Ce n'est pas sa psyché monumentale en argent, ni ses corbeilles cl ses candélabres en vannerie de vermeil, ni sa série de plais
an marli ciselé, perlé, grenelé à la poinle cassée, qui nous consoleront de l'absence de ces belles orfèvreries martelées, dont l'apparition en 1878 avait produit une impression si vive sur ses confrères de* deux mondes.
Est-ce à dire que l'orfèvrerie des pays anglo-saxons soit en pleine décadence ?
Non pas. Car si l'exposition de M. Tiffany n'est plus qu'un reflet du passé, celle de la Gorham Manufactory Company se manifeste, par contre, rayonnante de promesses pour l'avenir. D'abord petit atelier de province, la Gorham C est depuis vingt-cinq ans devenue un établissement considérable à tous égards, et dont, aux yeux du connaisseur, le principal mérite est d'avoir fait progresser, en Amérique, les questions d'art, en même temps qu'elle soignait s<m développement commercial.
C'est à ces louables préoccupations — trop rares en Ions pays — que nous devons en dehors de la Goîd loving cup dont nous avons parlé déjà. le nombre respectable d'ouvrages intéressants que la Gorham expose. Mal outillée par une érudition insuffisante pour l'adaptation à ses productions de nos styles classiques, elle est, au contraire, supérieurement servie, pour la création de de formes nouvelles. La outre aux paon$,\e broc aux pavois. la grande porte décorée de houblons, ses carafes à clarel sont du meilleur métier, et d'un goûf remarquable. L'ornement ne s'y montre pas encombrant el prolixe. 11 n asservi! pas la forme qui se laisse gouverner par la destination. En outre la Gorham semble avoir pris pour devise l'excellente maxi<nt«e
lil IRE EN IHGEN l il UlTELÊ
(maison Gorham v[ C'e).
décors ineil
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a By lumimor and hand ail arts do stand •• et ce sera son honneur d'avoir maintenu, en ces artistiques travaux, à l'action du
marteau son légitime prestige.
Faut-il après cela parler de L'Italie"?
La pauvre péninsule est bien dégénérée.
Elle résume une partie de ses efforts dans une plate restitution, à tous égards froide et vulgaire, tirs orfèvreries découvertes à Pompéi et à Boscoiéale. — Sommes-nous assez loin, dieux justes. îles tentatives archaïques de feu Castellani ! — et comme œuvres plus modernes d'intention et de style, elle nous otl're les indigestes compositions d'Eugenis Bellosio, de Milan, ou les filigranes Génois de François Bevegni.
11 n'y a rien là qui puisse nous retenir. Arrivons plutôt à l'Allemagne, où nous allons pouvoir constater de nobles et généreux efforts de composition, secondés par des qualités de facture très supérieures à toul ce que nous venons de voir. Qu'on ne s'attende pas, toutefois, à y découvrir de grandes nouveautés. C'est au contraire par une respectueuse fidélité à un passé déjà lointain, que se recommandent la plupart des pièces un peu considérables; et il ne faut pas s'en montrer trop surpris. Elles ont été conçues, dessinées et parfois même modelées, non par des orfèvres de profession, mais par des professeurs pénétrés des traditions classiques.
C'est le professeur Hermann Gotz, de Carlsruhe, qui a composé celle superbe casselte commémorative en chêne, accompagné)
Renommée montée si r on s
[profcsscui Pctzold, à Munich).
figures allégoriques
et de bas-reliefs en argent, offerte jadis à Rodolphe de Bennigsen, et celle de même genre, qui fut présentée au prince Frédéric de Bade. C'est le professeur Fritz von Miller, de Munich, qui a imaginé de faire s'élaler un énorme brochet d'un réalisme pilloresque sur un bloc de crislal de roche — étrange monument, dont la silhouette un peu extravagante fait penser à ces orfèvreries monumentales, que les vieilles gildes hollandaises conservaient comme des talismans, et dont les tableaux corporatifs de Govert Flink ou de Bartholomeus Van der Ilelsl reproduisent les images compliquées — . C'est au professeur Pelzold. également de Munich, que nous devons celle gracieuse et coquette Renommée, gaillardement campée, sur un socle de bijouterie, vêtue de draperies tortillées parmi vent imaginaire, et soufflant en une trompette recourbée en manière de cor de chasse. Celle-là nous rappelle les figures aux lignes tourmentées du vieil Hendrick Gollzius. C'est le professeur II. Waderé qui est l'auteur de cette grande coupe de style Renaissance, morceau capital, que porle uni1 femme nue. d'un excellent dessin, posée sur un massif trépied cantonné de figures allégoriques. Enfin, car il faut savoir se borner, voici le professeur \Yiedmann revendiquant la paternité de cette belle sphère surmontée d'un Amour (l'Amour maître du Monde), que supporte un vigoureux Allas, accompagné de figures représentant les diverses parties du globe.
11 y aurait injustice flagrante à ne pas reconnaître que ces superbes el vastes argenteries de parure — on pourrait dire de
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Crosse êpiscop w.k (maison A.rmand-Callial el Mis,