TAPISSERIES
Au seuil d'une étude, si rapide qu'elle soil sur les tissus d'art modernes à l'Exposition universelle, il semble impossible de ne pas citer l'admirable suite des tentures exposées au pavillon espagnol de la rue des Nations. Tissées d'or, de soie et de laine, elles ont été choisies parmi les sept ou huit cents pièces qui composent la plus riche collection du monde, celle de la couronne d'Espagne. Grâce à l'entretien sévère dont elle tut constamment l'objet, grâce surtout au climat sec des plaines sablonneuses environnant Madrid, cette collection a traversé les siècles en un remarquable état de conservation. Les ors, si prompts à noircir sous notre ciel humide, ont gardé leur éclat de métal et les tons des laines ou des soies n'ont pas perdu toute leur fraîcheur; si bien qu'à leur apparition en France, sur les parois intérieures de l'élégant palais conçu dans le style de la Renaissance espagnole et qu'on dirait spécialement bâti pour les loger avec honneur, les tentures de la couronne
ont été généralement accueillies comme une révélation, et, dans la lutte qu'ont engagée les nations pour rivalise]- d'art et de goût, c'est à l'Espagne que revient le mérite d'avoir créé l'ensemble le plus noble et le plus esthé-
l.v PASSION DE JÉSUS-CHRIST, tapisserie exposée au pavillon de l'Espagne
tiquement parfait. Voilà pourquoi je tenais à donner à ces belles tentures une mention de début, à les inscrire pour ainsi dire en épigraphe; car, par l'abondance et l'appropriation technique de leurs compositions, parla science et la conscience du dessin, par le jeu pondéré des colorations, par la finesse et le brillant du tissu, par leur lumineuse harmonie, certaines d'entre elles résument, suivant le mol d'un de leurs admirateurs, o la loi delà tapisserie ».
Avec le Dais de Charles-Quint, on a surtout cité la Passion de Jésus-Christ qui, de toutes les séries appartenant à la couronne d'Espagne, est la plus »r. Les cartons on auraient été tracés par Quentin Mctsys,
richement tissé<