Thausing, Das Leben Albrecht’s Dürer
LA PEINTURE
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transparent; et comme quoi le jeune empereur ne les avait pas même honorées d’un regard ; mais lui, Durer, s’était approché de grand cœur, soit pour voir de quoi il s’agissait, soit aussi pour considérer de plus près, en s’autorisant de son métier de peintre, les perfections des admirables personnes. <( N ar ravit haec mihi optimus et honestissimus vir Durerus pictor, civis Norimbergensis, qui una cum Caesare urbem est ingressus. Addebat idem , se quam libentissime accessisse , cum ut agnosceret quid ageretur , tum ut per fectionempulcherrimarum virginum rectius consideraret , dicens : Ego , quia eram pictor , aliquanlulum inver ecundius circumspexi l.
M. Makart n’a pris qu’une liberté. Au lieu de laisser les jeunes filles poser, aux portes de la ville, d’après les ingénieuses inventions du chorégraphe en titre d’alors, messire Pierre Gillis, dit Aegidius ( authore Petro Ægidio vidgo Gillis ), il les a données pour escorte, dans cette légère toilette que vous savez, au cheval de César; honneur qui, à Anvers, par une bonne petite brise de septembre, n’est pas pour les pauvres enfants sans un danger des plus manifestes. Elles, cependant, ayant probablement à représenter la Magnificence et la Gloire, la Fortitude et la Tempérance, s'avancent de côté et d’autre, les unes portant le hanap et l’épée, les autres les palmes du triomphateur et la bride du palefroi, imperturbables et
1. Melanchthon, apud Manlium, Locorum communium collectanea. Bâle, 1563.
l’art a paris.
souriantes. Et peut-être souriait-il aussi de la sorte — car de la vie humaine l’on était magnifiquement prodigue au seizième siècle — l’enfant tout nu et doré, qui, sept ans auparavant, « Florence tout entière étant en fête et en allégresse pour l’élévation de Léon X au saint-siège, » venait de représenter dans les allégories du Pontorme « l'àge d’or renaissant; » et, peu de temps après, « à cause de l’incommodité qu’il venait d’endurer pour gagner ses dix écus, » en était mort l.
Le tableau de M. Makart nous rend, après tout, avec une grande évidence ce qui fut le premier et le dernier sourire imprudemment adressé, hélas! par le riche, le splendide, le joyeux Brabant à ce blême chevalier impérial, véritable chevalier de la mort, qui, trente ans après, « à quiconque aurait osé imprimer, recevoir, garder, vendre, acheter ou donner aucuns livres ou écrits faicts ou composés par Martin Luther, » rendait la revanche de la joyeuse entrée et des quatre cents arcs de triomphe larges de quarante pieds et hauts comme des maisons de deux étages, par le trenschant de l'espée, s’il s’agissait d’homme, par la besche à enfouir s’il s’agissait de femme ; et encore, à conditionqu’ils se fussent à temps repentis ; si non, parle feu ; toujours et en tout cas, cela va sans dire, par la confiscation.
La composition de M. Makart est magnifique ; un vrai dithyrambe, une prodigalité de grand seigneur. Mais, lorsque les enthousiasmes des dan-