W. Bùrger (Thoré), Musées de la Hollande
pénétration habituelle, que le principe novateur n'avait pas donné, après Rembrandt, de produits considérables même en Hollande, où ni l'idéalisme, ni la littérature ni l'italianisme ne lui opposaient le moindre obstacle. Il alla plus loin. Il se demanda si par hasard le mouvement du protestantisme, en se réduisant à une négation pure et simple, n'était pas dénué de virtualité productive ; et il finit par se résigner à ce loyal aveu, à savoir que l'école hollandaise ignorait elle-même ce principe de pédagogie sociale, qu'on voudrait aujourd'hui lui attribuer ; et que « n'ayant à s'occuper ni des dieux, ni des grands, ni des pontifes, ni des moines,, forcée de se replier sur la vie séculière, elle peignit modestement de modestes personnages, de simples mortels, tels qu'ils se montraient chez eux, sans façon, à la brasserie ou sur la place publique ; » et il conclut « qu'elle faisait, en somme, de nécessité vertu1. »
Or, ce que M. Proudhon a déclaré avec sa franchise habituelle reçoit de deux siècles d'histoire, aussi bien que de la dernière exposition hollandaise au Champ-de-Mars, une double confirmation. Ce n'est pas à dire que Rembrandt ait manqué de génie, ni sa peinture d'une grande portée; ce n'est pas non plus que la série même de ses continuateurs immédiats, quelque énorme que soit la distance qui les sépare de lui, n'ait apporté un contingent considérable à la philosophie et à l'histoire