‹ L'art à Paris (volume 3)Chapitre 36 sur 52 · Les champs et la mer · texte numérisé non relu

Les champs et la mer

Et suivre indolemment la lame qui, sans trêve, S'avance, se retire et roule les galets;

Voir le goëland blanc croiser la voile blanche ; Sur le roc, la fileuse enrouler son fuseau, Quand sa coiffe palpite ainsi qu'un vol d'oiseau, Qu'elle tourne son fil, la quenouille à la hanche:

Tant que sur tes coteaux fleurira l'ajonc d'or ; Douarnenez, lu verras accourir les poètes ;. .. *..

Et en même temps que les vers, tu verras éclore les tableaux si honnêtes, si vrais, si charmants, de Ion poète peintre.

Le pinceau de M. Breton est franc sans ostentation de rudesse, comme sa démocratie est sincère sans l'ombre d'une déclamation. 11 se contente de peu pour le fond de ses tableaux : d'une prairie, d'un vieux tronc d'arbre, d'une échappée laissant entrevoir la mer ; il ne recherche pas les costumes pittoresques, il ne les ajuste point, il ne les compose pas en jets laborieux ; mais de ces moissons, de ces pêcheries, de ces repos de travailleurs, de cette honnête satisfaction de soi-même, de ces labeurs primitifs et nécessaires, véritables mamelles de l'Etat, selon le mot de Colbert, il se dégage un souffle de poésie véritable, un arôme aussi sain que l'odeur des foins à peine fauchés, ou que celui de la terre à peine arrosée par une pluie fécondante. Et tout aussi sain est l'enseignement que cet art répand ; il donne au travailleur d'excellents conseils de probité, de paix et de sagesse, il parle au riche de fraternité et d'assistance :

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