‹ L'art à ParisChapitre 24 sur 39 · LA SCULPTURE EN FRANCE · texte numérisé non relu

LA SCULPTURE EN FRANCE

Le mouvement qui s’est opéré dans l’art français vers le commencement de ce siècle n’est pas sans rapports avec le renouveau qui vers la même époque fleurit aussi en Italie. J’ai déjà rapproché du nom de David (qui, quoique peintre, peut passer pour chef d’école de tout l’art français de ce tempslà) le nom de Canova. J’ai nommé aussi Bartolini. Qu’il me soit permis de mettre rapidement en lumière les analogies qui relient ce dernier aux sculpteurs français de la même époque. Bartolini lança de l’autre côté des Alpes son cartel aux Académies, en poussant l’audace jusqu’à proposer Ésope pour sujet à ses élèves ; mais, au fond, il savait tout aussi vaillamment serrer les freins ; et il contint la jeunesse dans les limites d’une vérité de bon aloi, de cette vérité dont on vit sortir Y Abel de M. Dupré, qui réconcilia les vieux et les jeunes, et fit crier tout le monde au miracle. En

LA SCULLTUKE.

France, deux vaillantes natures d’artiste, Rude et David d’Angers, tout en ayant toujours a cœur la belle prestance antique, s’inspirèrent, eux aussi, de cette effervescence de vie qui les entourait de toutes parts. Rude puisa dans son cœur de patriote l’élan admirable de ce Départ de volontaires , sculpté pour l’Arc de l’Etoile, où l’absence du costume moderne n’ôte rien à la puissance d’émotion qui en rayonne et qui vous gagne, ni plus ni moins que si vous entendiez frémir dans Fair les accents belliqueux de la Marseillaise. David d’Angers, dans ses médaillons d'illustres contemporains , poursuivit, on peut le dire, pas à pas la physionomie infiniment mobile et changeante de la pensée moderne. Pradier, plus gracieux et moins robuste, se chargea par la suite de marier la tradition de l’art grec à une élégance légèrement accentuée, d’un caractère tout à fait français; et Duret, en ouvrant par son Danseur , si connu et si fortuné en France et partout ailleurs, la série des bronzes de genre, n’en resta pas moins pompéien dans l’àme ; tant et si bien, qu’il put franchement répondre à M. Ingres, lequel était sur le point de l’accuser de défection : « Mes principes sur la statuaire se résument en deux mots : noblesse et vérité l. »

Depuis ce jour-là, l’école française n'a pas bronché ; et, au milieu des tentations de toute nature qui lui viennent des industries artistiques, toujours en quête de ce qui produit de l’effet et de

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