Ibid
furbe ed accese Ha le pupille; è di maligna meote,
Mellita voce egli ha ; ma se si adira È di selvaggio cor ; garzon fallace....
Brevi ha le mani, e pur da lungi scaglia Fino a Stige lo strale
Trad. de Lcopardi.
tous les artistes d’une sérieuse valeur. Est-ce que le Spartacus adolescent de M. Barrias,par exemple, aurait pu jaillir d’un esprit qui ne fût pas familiarisé avec de hautes pensées? Ce n’est pas un simple épisode, c’est tout un poème que ce groupe oùle jeune esclave, le couteau au poing, deboutprès de son vieux père expirant sur la croix, paraît consacrer à la vengeance tout ce qu’il y a de fureur contenue et de vigueur croissante dans son beau corps, que le plus noble éphèbe envierait. Est-ce que sans un souffle de poésie on aurait vu éclore cette suave et palpitante figure de la Jeunesse, que M. Chapu a créée pour le monument de Régnault, et qui s’est rencontrée la première sous notre plume? Est-ce que la Pensée que le même maître a évoquée sur la stèle funéraire de Mme la comtesse d’Agoult ne suppose pas, elle aussi, une haute inspiration, et ne personnifie pas en quelque sorte, par une image sensible, tout ce qui restera d’une grande intelligence et d’une belle âme ? Que l’on puisse parfois souhaiter dans la coupe de la pierre et du marbre, dans le maniement de l’outil, une plus grande habileté de main-d’œuvre, j’en conviens; et les amateurs d’au delà des Alpes, familiarisés avec une technique plus exquise, en relèvent aisément le défaut, là surtout où le costume historique semble réclamer une évidence plus minutieuse. Mais après tout, lorsque l’auteur de la Pensée nous met en face de sa Jeanne d’ Arc, nous nous inquiétons médiocrement de savoir si les rubans du corset
LA SCULPTURE
simulent exactement le chanvre ou la fîloselle, et si le fermoir de la sacoche a ou n’a pas l’air de sortir de chez le maître-fèvre de Domremv. Ce qui nous tient sous le charme, c’est le courage, c’est la foi, c’est le ravissement de la jeune fille, écoutant les voix divines qui lui arrivent des cieux.
Nous ne pensons pas, non plus, que la modernité, ou, s’il nous est permis de nous exprimer de la sorte, que la matérialité du costume soit indispensable pour mettre la sculpture à meme de rendre avec puissance et avec chaleur un thème actuel. Qu’il nous suffise de rappeler, pour toute démonstration, cette excellente figure drapée de feu M. Cabet, pleine d’une si intense, d’une si maternelle et en même temps d’une si majestueuse douleur, à qui nous ne saurions mettre en regard que Y Inconsolable du Campo Santo de Pise. Point n’était besoin, devant cette noble image, qu’une date funeste, gravée sur le socle, vînt frapper nos yeux, pour qu’une élégie sublime nous prît au cœur et vînt éclater sur nos lèvres :
Hélas ! qu’as-tu donc fait aux nations? Tu vins Vers celles qui pleuraient, avec ces mots divins :
Joie et Paix! Tu criais : Espérance! Allégresse!
Sois puissante, Amérique, et toi, sois libre, ô Grèce !
L’Italie était grande ; elle doit l’être encore.
Je le veux ! Tu donnas à celle-ci ton or,
A celle-là ton sang, à toutes la lumière.
Tu défendis le droit des hommes, coutumière De tous les dévoûments et de tous les devoirs.
Comme le bœuf revient repu des abreuvoirs,
Les hommes sont rentrés pas à pas à l’étable,
Rassasiés de toi, grande sœur redoutable,
De toi qui protégeas, de toi qui combattis.... 1