Plin., Hist. nat., XXXV, il
INTRODUCTION
des sandales d’un personnage d’Apelle l, il prétend tout voir, jusqu’aux reins des statues qui iront se nicher, à vingt-Cinq pieds de hauteur^ dans le tympan du Parthénon ; il demande à peser l’or de la tunique que Phidias a façonnée pour sa Minerve chryséléphantine 2; il consacre déjà, parle soupçon et par l’épigramme, la première en date des Expositions de Beaux-Arts. Mais qu’il aime, après tout, cet art dont il jalouse les maîtres, qu’il en jouit, qu’il s’en passionne ! Il n’a pas encore achevé de calomnier l’artiste et de le tourner en ridicule, que déjà il emprunte toutes les splendeurs de l’hypotypose pour en revêtir son admiration vis-à-vis des œuvres ; il prétend que les oiseaux du ciel sont venus becqueter les raisins de Zeuxis 3 ; il s'imagine que Zeuxis lui- même a fait mine d’écarter le rideau peint par Parrhasius 4 ; il fait jaillir, enfin, sur la statue du Jupiter Olympien l’éclat de foudre de bon augure 5, et il arrache par là son verdict affirmatif au Père des Dieux lui-même, en le transformant du coup en prédécesseur et père de tous les jurys des Beaux-Arts des âges futurs.
Les deux traditions viennent plus tard s’entremêler et se joindre, lorsque les dépouilles de la Grèce vaincue et de l’Asie domptée et pillée affluent à Borne pour y entourer de leur éclat les