‹ L'art à ParisChapitre 5 sur 39 · Paus., V, 1 i · texte numérisé non relu

Paus., V, 1 i

l’art a paris.

triomphes du césarisme. Mais à Rome le tabernarius est conspué, l’artiste ne jouit guère de plus de considération qu’un affranchi *. La manie ambitieuse qui met le ciseau et la lyre entre les mains de Néron n’a d'autre effet que de ravaler l’empereur au niveau de Y artif ex, elle ne relève guère celui-ci de son abaissement ; les étalages de la domus aurea passent pour des folies de satrape, elles n’éperonnent pas le génie, elles ne sont pas même des joutes de l’esprit 2. Il faut la longue hibernation du moyen âge, il faut le grand sursis de la barbarie, laissant en quelque sorte les champs de l’intelligence en friche, pour que la terre épuisée se repose ; il faut le souffle de la liberté pour que les industries et les arts y germent à nouveau, et viennent, encore une fois, circuler, comme une sève vivante et nourricière, dans les artères et dans les veines de la société nouvelle. Le travail reparaît, le génie se réveille ; c’est alors que les instincts impérissables delà sociabilité, du gain et de la louange reprennent leur essor, et prétendent, comme toujours, qu 'être ne suffit pas, qu’il foui paraître aussi, autant que possible. Que de finesse, que d’habileté, que de persévérance ne leur faut-il pas pour vaincre l’apathie grossière des foules, pour éluder les penchants rapaces de la féodalité, pour transformer en Mécènes des prêtres fanatiques et iconoclastes ! Il y a dans cet effort héroïque, et presque toujours simultané,

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