I. Labarte, Hisi. des arts industriels au vioyen âge, I
l'imagination, la logique tue la poésie' ». En même temps l'exécution se montre plus égale, plus habile, plus savante. Le choix des matériaux est plus judicieux. Il semble que le génie des constructeurs, satisfait des principes acquis et jugeant qu'il n'est plus besoin d'innover, contente sa fantaisie et satisfasse toutes ses aspirations en s'appliquant aux détails et en se passionnant pour la difficulté d'exécution, ce côté puéril de l'art.
A cette fin, il combine péniblement tout un système de moulures, affectant des formes prismatiques, curvilignes, concaves, avec arêtes saillantes, montant verticalement et sans interruption, pénétrant à travers tous les obstacles, troublant l'esprit, préoccupant plus qu'elles ne charment, et ne laissant aucune place à cette admiration calme et sereine, que doit causer toute œuvre d'art vraiment digne de ce nom.
C'est ainsi que peu à peu l'architecture se manière. Dès les premières années du xiv^ siècle, l'architecte commence à diminuer les pleins au point d'alarmer le regard. Partout s'ouvrent des « claires- voies ». Partout apparaissent des baies ajourées comme de la dentelle, encadrées par des courbes et des contrecourbes, dont l'enchevêtrement inextricable n'est nullement motivé par les exigences de la construction. Non content de cela, le constructeur simule des vides et masque les épaisseurs de la construction à l'aide de faux meneaux. Ainsi partout les ouvertures vraies ou mensongères se multiplient, ajourant l'édifice aux dépens de son apparente solidité. Puis, comme si cela ne suffisait point pour déconcerter l'œil et inquiéter l'esprit, il décompose les piles en une forêt de colonnettes; les moulures qu'il multiplie altèrent par leur nombre la résistance apparente des arcs, et les flèches qu'il découpe, qu'il ouvre, qu'il cisèle comme des bijoux d'or fin, s'élancent vers le ciel, intrépides,