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PROJET DE FONTAINE

rAC-siMiLÉ d'un dessin d'ocpenord

(Collection de M. Bi.-arJ.}

au reste, exacte interprétation de toute cette société rieuse, insouciante et folâtre, dont le délire et les joies folles, sem-

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FIG. 2'23. — PKOJET DE FONTAINE, FAC-SIMILÉ D'UN DESSIN DU XVIU« SIÈCLE.

Appartenant à M. Beurdeley,

blables à un rideau de théâtre, cachent les sombres et douloureux abîmes d'où va jaillir l'avènement d'un ordre nouveau.

La sculpture, dépourvue de ces colifichets brillants, ne pouvant se parer de ces couleurs riantes, demeure plus sérieuse et

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inontre moins dV.ffétene. Bouchardon à son dcchn prépare 1 avénement d'AUegrain, de Falconet, de Pajou, de Pigalle. Sous le ciseau de ces maîtres, la statuaire française conserve une relative pureté. Elle se dépouille toutefois de son ampleur robuste, pour se faire délicate et gracieuse. Là encore, le joh tend a reprendre ses droits. Mais, dès qu elle quitte ces hauteurs, la sculpture se met à Tunisson du reste. Gonflée et mamérée, elle appelle, elle aussi, à son secours les amours bouffis, et sacnfie a ces éternelles bergeries si fort exploitées par la pemture.

Curieux mélange de besoins modernes et de formules anciennes, association bizarre de réminiscences et de nouveautés, étrange amalgame de sacré et de profane, dans lequel chaque reli^^ion retrouve difficilement sa part, la statuaire ne connaît plus qu-un empire, celui de la grâce. C^est là son but, sa ra.son d'être, son aspiration. Encore la grâce qu elle poursmt est-elle uniquement une grâce maniérée, déhanchée, voluptueuse, provoquant les désirs bien plus que le respect, et s'adressant aux sens bien plus qu'à l'intelligence et au cœur.

Les lettres suivent, elles aussi, le même chemmque les arts. Le grand style du xvu^ siècle, la langue incomparable qu'ont parlée Fénelon, MassiUon, Pascal et Bossuet n'existent plus qu a l'état de souvenir. La tragédie se meurt et l'épopée est morte. La poésie s'est mise à la mode du jour. Elle a abdiqué ses allures fières et pompeuses pour adopter une démarche légère et dégagée. Elle a répudié la trompette guerrière et ramasse la flûte de Pan. Gentil-Bernard, le chantre des amours, a remplace Boileau, le chantre des victoires.

Pour exprimer de petites pensées, il faut de petits vers et pour les écrire de petits poètes; c'est le temps des petits écrits. Là encore, les tendances pastorales apparaissent. Tout amoureux devient berger, et toute amante est qualifiée bergère. Le tendre vocabulaire de Tantique églogue est mis au pillage, et, sous le

couvert de transparentes allusions, il abrite toutes les indiscrétions que ce peuple d évaporés s'estime heureux de commettre.

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