FIG. 1"4. — T.^BLE RENAISSANCE
Collection Chabrières-Arlès.
proportions une telle harmonie, l'ornementation est si délicate, si gracieuse, elle accompagne si joliment les lignes principales, elle les complète si bien, sans jamais les charger, que, comme grâce et comme légèreté, le mobilier du xvi® siècle ne le cède en rien à celui du siècle précédent.
Ajoutons qu’il en est de meme dans les autres branches des arts décoratifs, dans l’orfèvrerie, la bijouterie, la tapisserie, le tissage des étoffes. Partout il suffit à l’artiste de toucher le matériel qu’il emploie pour le transformer en un gracieux chef-
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fans.
FIO. ns. — PLAFOND EN PIERRE SCULPTÉE (1518). Chapelle de la maison des Lallemand, i Bourges.
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d’œuvre. Aux époques antérieures, on cherchait dans l’ouvrage sa valeur intrinsèque. Désormais le poids de l’or, dans les pièces d’orfèvrerie, n'est plus que secondaire. Les pierreries elles-mêmes sont un accessoire. La ciselure, l’émaillage, la niellure enfantent
des merveilles plus précieuses que les rubis les plus rares, plus estimées que les diamants les plus volumineux. François I", inconstant et volage, réclame à M“® de Châteaubriant les bijoux de grand prix, chargés d’emblèmes et de devises, dont l’a comblée son éphémère amour, et la comtesse, pour le punir, les lui rend fondus en lingots. Toute l’importance qu’on attachait
PI O. 1*76. — Aie U 1ÈRE AVEC SON BASSIN EN ARGENT REPOUSSÉ ET DORÉ, XVI® SIÈCLE, Collection de M“® la comtesse d’Aspremont-Lynden.
NODLE FRANÇAIS. D’Après Ces.nro Vecellio.
à Tart du ciseleur ne se peint-elle pas en ce trait historique?
Dans le vêtement, mêmes caractères généraux. Là encore, transformation complète, modifications inattendues, toute une révolution, en un mot, se NOBLE DAME d’orléans. traduisunt par une telle
D'après Cesare Vecellio. • » » i r
variété de formes et d’ajustements que les contemporains eux-mêmes ne se font point faute d’en rire : « Il y a longtemps, écrit Henri Estienne% qu"on faict un compte d’un painctre, lequel ayant peint, l’Italien habillé à l’Italienne, THespagnol à l’Hespagnolle, l’Allemand à l’Allemande, et ayant faict le mesme quant à ceux des aultres nations, venant aux Françoys, fist autrement ; car prévoyant le changement de façon d’habits que le Françoys pourroit faire le lendemain, suivant sa coustume, luy fist cet honneur de le peindre aussi nud qu’il estoit sorti du ventre de sa mère, lui mettant toutes fois une pièce de drap et des ciseaux entre les bras ».
Montaigne, de son coté, n'est guère moins sévère à l’endroit du goût Français. « La fa-
D'après Cesare Vecellio.