‹ L'art à travers les mœursChapitre 125 sur 171 · I. Dialogues du langage françoys italianisé · texte numérisé non relu

I. Dialogues du langage françoys italianisé

D'après Cesare Vecellio.

CASQUE ET CUIRASSE DE HENRI II Mvisee du Louvre Galerie d Apollon

Hehoô Duiardm O

lmp A, Quaatin

çoa de se vestir présente, nous dit-il, lui faict incontinent con-

Fl G. 181. — PORTE EN BOIS SCULPTÉ (XV1« SIÈCLE). Collection du marquis d'Azeglio.

damner l’ancienne, d'une résolution si grande et d’un consen-

tement si universel, que vous diriez que c’est quelque espèce de manie qui luy tourne-boule ainsi l’entendement,* parce que nostre changement est si subit et si prompt en cela que l’invention de tous les tailleurs du monde ne sçauroit fournir assez de nouvelletez ‘ » .

Malgré ces incessantes variations de la mode, il est aisé de voir toutefois que, dans ses lignes générales, l’habillement s’est, lui aussi, radicalement transformé. « C’est à ce moment, écrit le bibliophile Jacob, que les hommes adoptent définitivement les vêtements adhérents au corps, les surtouts, les chapeaux de feutre à bords plus ou moins grands, les chausses fermées et que les femmes ont adopté les robes à corsages et à manches justes, les chapeaux à formes basses et les jupons à riche envergure ». Ainsi donc plus de développement en hauteur. Le cabasset et le morion n’afifectent plus les hautes dimensions du heaume et ne portent plus tout un échafaudage d’objets hétéroclites. La toque aussi bien que le chapeau ont beau s’emplumer et s’empanacher, ils demeurent bas, aplatis et n’ont plus l’air de vouloir escalader le ciel. Les chaussures, de leur coté, ne sont plus ni longues ni pointues. Le soulier, l’escarpin, les pantoufles, toutes les chaussures en un mot, si soigneusement énumérées par Rabelais dans sa précieuse description de l’abbaye de Théléme, sont épatées du bout, évasées, crevées, camardes. Les chausses, elles aussi, prennent en largeur un énorme développement ; elles deviennent si bouffantes et si vastes qu’une ordonnance de i563 doit en régler les dimensions et interdire aux tailleurs de leur donner « plus de deux tiers de tour et de les rembourrer de crin et de coton ».

La robe, que beaucoup d’hommes continuent de porter, bien qu’elle ne soit guère plus de mode, se met sans ceinture et, pour les gentilshommes, bourgeois et paysans, s’arrête à la hau-

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