‹ L'art à travers les mœursChapitre 132 sur 171 · FIG. 190. — AMEUBLEMENT DU XVII SIÈCLE · texte numérisé non relu

FIG. 190. — AMEUBLEMENT DU XVII SIÈCLE

Coffre de m.iriage sculpté et doré. (Musée de Cluny.)

italiens, aboutira aux pompes solennelles de Le Brun. Mais, de 'part et d’autre, une révolution s’est produite. La nature ne suffit plus à l’artiste. Un beau corps, bien sain et bien vigoureux, des traits nobles et réguliers ne sont plus capables de satisfaire à toutes les exigences. On veut un attrait plus touchant, des beautés plus sensuelles, des séductions plus enivrantes, une langueur plus mystérieuse, un abandon plus caressant et plus rêveur, en un mot, plus d’afféterie.

Sous l’empire de ces préoccupations, les contours s’amollissent, les draperies s’enroulent, la peinture s’enveloppe de demiteintes alanguies, la sculpture s’épaissit, la pensée se manière, l’ascétisme en outre est banni. La nudité des Madeleines chré-

tiennes se charge d'un embonpoint appétissant et de carnations engageantes, et les saints déploient dans leurs extases des poses trop gracieuses pour n'être pas affectées.

Dans la littérature, nous remarquons ces mêmes caractères et ce double courant. La langue devient, elle aussi, forte et sonore. Si Ronsard, à l'époque précédente, l’a appauvrie, à force de v'ouloir l'épurer, Malherbe est venu qui l'a domptée. Comme

Page 1