I. Boëce, lib. I. Artis iniisicœ, cap. i.x, 1. V, ch. i
à pouvoir acquérir, en un temps relativement très court, une somme de connaissances qui, nous le répétons, feraient reculer d’épouvante l’homme le plus résolu; c’est ce dont nous allons essayer de nous rendre compte.
Pour que l’enfant puisse s’assimiler en quelques années toutes les connaissances qui lui font défaut à son entrée dans le monde, connaissances qui vont lui devenir indispensables, il lui faut non seulement une force de perception extraordinaire, une puissance d’assimilation étonnante, mais encore un certain nombre de tendances et de connaissances innées, c’est-à-dire apportées en naissant, et surtout une imagination exubérante.
Nous sommes déjà d’accord sur la force de perception et sur la puissance d’assimilation indispensables. Ce ne sont point, en effet, les exemples qui nous manquent. Un enfant de cinq ans apprendra sans peine en six mois à lire ; ce que, passé sa vingtième année, il ne pourra faire, même en deux ans, sans des efforts inouïs. Nous n’insisterons pas beaucoup sur les tendances innées, parce que la science n’a point encore dit son dernier mot sur elles. Cependant il est clair que certains êtres, certaines familles, certaines races affectent de naissance des caractères intellectuels et moraux qui leur sont absolument personnels et qui résistent à toute éducation. Pourquoi en outre paraîtrait-il extraordinaire qu’un père transmît à ses enfants quelques dispositions cérébrales particulières, quelques acquisitions intellectuelles, alors qu’il lui transmet fort exactement la courbure de son nez, la couleur de ses cheveux et nombre de difformités dont l’a gratifié la nature?
« Souvent une différence de structure, en apparence minime, produit une grande diversité dans les réactions et même en crée d’absolument opposées», écrit Hersen'. Et comme exemple;