‹ L'art à travers les mœursChapitre 60 sur 171 · I. Paul Mantz, Millet, etc., documents, p · texte numérisé non relu

I. Paul Mantz, Millet, etc., documents, p

en traçant des contours plutôt d’après ce qu’ils s’imaginent que la figure devrait être que d’après ce qu’ils la voient en effet f » La querelle a, du reste, vingt siècles d’existence. Trois cent cinquante ans avant notre ère, Lysippe l’avait déjà soulevée. On connaît son fameux entretien avec Eupompe. Comme on lui demandait le nom du maître ancien dont il aimait à s’inspirer : « C’est la nature, dit-il, qu’il faut imiter et non pas un artiste, — Natiiram ipsam imitandam esse, non artijîcem u » — Grande et noble parole, qui pourtant ne dessilla point tous les yeux, et ne trancha pas la question d’une manière définitive, puisque nous avons vu, presque de nos jours, le problème posé de nouveau par l'Institut de FTance, et vivement discuté par des hommes d’une indiscutable valeur et d’un incomparable talent L

Et cependant, c’est évidemment cette imitation des maîtres qui, en devenant le grand objectif des artistes de la décadence, se transforme, par cela même, en un écueil où l’Art ne tardera pas à se briser; car l’admiration qu’ils professent pour leurs devanciers fait rechercher aux artistes l’admiration de ceux qui les entourent, et dès lors ils se soucient beaucoup moins d’émouvoir le cœur que de frapper les yeux.

Dans les époques vraiment grandes et fécondes, on s’est avant tout occupé de produire. On a fait et on a bien fait, sans trop se tourmenter de savoir pourquoi l’on faisait ainsi. Il semblait alors qu’une sorte de souffle initiateur tînt lieu de prépara-

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