I. Siclon. ,-\polI., Panegyr. major
Les Avares ne sont pas moins somptueux. Leurs chefs s'étendent sur des lits d'or ciselés, garnis d'étoffes de soie qui leur servent de trône ^ ; et certains d'entre eux demandent à l'empereur des vêtements magnifiques. 11 faut qu'un habit à la scythiqiie, pour qu'il soit à leur goût, soit fabriqué d’étoffe romaine par les ciseaux d'un tailleur romain h
Ajoutez que ces conquérants nouveaux ne sont nullement iconoclastes par religion, par tradition ou par tempérament. Goths, Francs, Burgondes, Avares, ne détruisent pas uniquement pour le plaisir de détruire. Théodoric, maître de Rome, institue des magistrats spécialement chargés de veiller à la conservation des chefs-d'œuvre de l’antiquité; Ricimer fait exécuter, à Rome, dans l’église Sainte-Agathe, une mosaïque qui n’a péri qu’à une époque relativement récente. On sait, en outre, la conduite de Clovis avec saint Remi, et l’accueil qu’il fit aux réclamations de l’évêque de Reims.
Les accusations répandues contre les Goths, envahissant l’Italie et la Grèce, ont été, elles aussi, singulièrement exagérées. Leurs déprédations n’eurent point ce caractère odieux qu’on leur prête. Lorsqu’ils pénétrèrent dans ces contrées jadis si brillantes, les édifices consacrés au paganisme étaient brisés, les idoles renversées. Des bords de l’Hellespont aux campagnes romaines, le sol était couvert de ruines. Alaric ne s’arrêta que trois jours dans Rome, et à peine son armée se fut-elle éloignée, que les jeux du cirque recommencèrent. Procope et le poète Rutilius Numatianus, qui confirme son dire, nous montrent la Ville éternelle, six ans après la retraite d’Alaric, encore parée de tous ses monuments et hère de ses trésors d’art, demeurés debout malgré la domination des barbaresh