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PLAQUETTES DE LA RENAISSANCE

Les médailles et les médaillons de la Renaissance appartiennent à la fois à Fart et à l'histoire; ils nous ont conservé les traits d'une foule de personnages illustres, d'une époque où la peinture des portraits n'existait pas encore, et là où les portraits existent, les médailles sont destinées, par leur nature, à les transmettre à la postérité d'une façon beaucoup plus durable et plus certaine. Elles émanent aussi, toutes, d'artistes distingués.

Nous disons médailles et médaillons, parce que Ton se sert indifféremment de l'un et de l'autre de ces deux mots. Le premier devrait s'entendre des pièces d'un plus petit module, mais où s'arrête la médaille, et où commence le médaillon?

Les médailles de la Renaissance étaient admirablement représentées à l'exposition du Trocadéro. On n'en a pas toujours fait le cas qu'elles méritaient. C'est une collection nouvelle, prise dans l'une des plus fines parties de la plastique; elle n'est encore représentée que par très peu d'amateurs; mais tous ont apporté à nous montrer ce qu'ils possèdent beaucoup d'empressement et de bonne grâce. MM. Armand, Baudoin,

LES MÉDAILLES DE LA RENAISSANCE. SgS

Dreyfus, Eug. Dutuit, Dupasquier, Fillon, Heiss, Penchaud, Récamier, Spitzer, Valton, avaient envoyé la fleur de leurs cartons : il n y a rien de tel que le zèle des néophytes. On aurait peut-être préféré voir toutes ces petites merveilles, classées géographiquement, se dérouler sur une seule plate-bande aux regards des curieux ; mais il eût fallu pour cela

MÉDAILLON d'aLPHONSE d' ARAGON, PAR VITTORIO PISANO.

(Collection de M. Eug. Piot. )

supprimer l'individualité de l'amateur : il ne faut pas demander Timpossible.

Nos médailles échappent, par leur grand nombre, à la description que Ton serait tenté de faire de chacune d'elles. Après avoir payé ce tribut de reconnaissance aux exposants, nous nous bornerons ici à suivre Tart des médailles modernes dans l'ordre progressif de son développement, en nous arrêtant à quelques-uns des artistes qui se sont consacrés plus particulièrement à leur exécution.

Nous avons dit, précédemment, à propos des bustes de marbre faits vers le milieu du xv'' siècle, en Italie, que nous signalions comme une nouveauté, qu'ils avaient été précédés par les médailles; c'est effectivement vers Tan 1440 que nous pouvons placer, approximativement, Texécution de la plus ancienne médaille qui nous soit connue, celle qu^

REVERS DU MÉDAILLON d'altHUN^I. d'aHAGON.

(Collection de M. Eiig. Piot.)

représente Jean Paléologue, avant-dernier empereur grec de Constantinople, médaillon de très grand format. Ce souverain était venu en Italie assister au concile œcuménique, tenu à Ferrare et à Florence (1437- 1439), où devait se conclure l'union des Églises greccjue et latine; il était rentré dans Constantinople en 1440. C'est dans les environs de ces dates que peut être placée l'exécution de la médaille qui nous a conservé les traits de ce souverain et la forme de sa bizarre coiffure. Elle est signée dans le champ du revers, en haut, OPVS. PISANI. PICTORIS.,

et pour plus de précautions, ou pour se faire mieux comprendre du personnage pour qui elle était exécutée, cette indication est répétée en grec dans l'exergue du bas.

Vittorio Pisano, plus connu sous le nom de Pisanello, est placé par tous ses contemporains au rang des plus illustres artistes de son siècle. C'était, en peinture, avec Paolo Ucello, Piero délia Francesca et Gentile da Fabriano, un initiateur du style moderne. Avec eux il brisait le

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