‹ L'art ancien à l'Exposition de 1878Chapitre 110 sur 161 · FRANÇOIS I*^'". PAR BENVENUTO CELLINI · texte numérisé non relu

FRANÇOIS I*^'". PAR BENVENUTO CELLINI

(Cabinet des mëdailks. )

remarquable, nous avons mille preuves du contraire ; mais le procédé ne souffre pas la médiocrité, et la gravure des coins, qui est un art à part, localise cette branche de la plastique entre les mains d'un nombre d'artistes restreint. Le balancier répondait à un plus grand besoin de diffusion, il devait réussir; mais, en donnant aux médailles une netteté qui tourne trop souvent à la sécheresse, il leur enlevait du même coup la touche artistique qui fait leur charme. Dans les arts , le perfectionnement mécanique est bien rarement un progrès.

La gravure des médailles, devenue un art officiel, a surtout été encouragée, en Italie, à la cour des Papes.

L'Allemagne a également produit un grand nombre de médailles intéressantes. On sait la patience et la délicatesse que les artistes de ce pays ont apportées dans le travail du bois; leurs médailles ne sont pas moins remarquables sous ce rapport. Quelques-unes, d'un très petit

4o6 L'ART ANCIEN A L'EXPOSITION.

module, sont de véritables merveilles. Dans les médaillons de femme de plus grandes dimensions, les ajustements de corsages et les chapeaux à larges bords sont aussi disposés avec une grande élégance. Deux artisteset deux écoles rivales se partagent Thonneur des meilleures productions allemandes du xvi' siècle : Heinrich Reitz, orfèvre de Leipzig, qui a beaucoup travaillé pour les Électeurs de Saxe (on reconnaît très visiblement dans ses médailles l'influence de Lucas Cranach); Freiderich

HENRI III, MEDAILLON ATTRIBUi: A GERMAIN PILON.

(Dessin réduit d'après l'origin.il de la collection de M. B. Fillon.)

Hagenauer, d'Augsbourg, dont le style est plus simple. Ses grands médaillons sont tout à fait remarquables. Il paraît avoir été attaché à la cour de Tempereur Ferdinand I", frère de Charles-Quint.

Les médailles exécutées par les orfèvres de Nuremberg et d'Augsbourg sont innombrables. Les patriciens-banquiers de la dernière de ces villes et les bourgeois de lautre ne se sont rien refusé en ce genre. Il est difficile de séparer les productions de ces deux grands ateliers rivaux et de les distinguer entre elles. Nous donnons ici le médaillon de Hans Burgmair qui éclaircit un point douteux de la chronologie artistique

allemande. Bartsch n'a point connu la date de la naissance de cet artiste; on Ta dit souvent élève d'Albert Durer ; on ne prête qu'aux riches. Burgmair, né en 1474, trois ans après Durer, n'a été que son compétiteur, souvent heureux. Les médailles allemandes sont rares en France. On a pu voir quelques beaux spécimens des œuvres d'Hagenauer dans la collection de M. Dreyfus.

L'art français des médailles suit, à distance, l'exemple donné par l'Italie. La plus ancienne médaille française est une pièce d'or à l'effigie de Charles VIII et, au revers, d'Anne de Bretagne, fondue à Lyon en

PHILIPPE DESPORTE5j PAR PRIMAVERA.

(Mcdaille de la collection de M. Heiss. )

1493, à l'occasion du passage de ce souverain, qui se rendait en Italie pour faire valoir les droits de la Maison d'Anjou sur le trône de Naples. La légende (au revers) : La république de Lyon a fait fondre cette pièce sous le règne d'Anne, semble indiquer qu'elle n'a été publiée qu'après ie départ du roi et pendant la régence de la reine.

La seconde est un grand médaillon, beaucoup plus connu, exécuté encore à Lyon, dans une circonstance exactement semblable, en l'honneur de Louis XII. Il a également pour revers le buste d'Anne de Bretagne. Louis d'Orléans, après avoir succédé au trône de Charles VIII, mort en 1498, n'avait guère tardé à épouser sa veuve; et la légende du médaillon répète, sans se mettre en frais d'imagination : La république

de Lyon, joyeuse du second règne d'Anne, etc. Cette pièce porte la date 1499; un heureux hasard nous en a fait connaître les auteurs : maîtres Nicolas et Jehan de Saint-Priest, aidés, pour la fonte, par Torfèvre Jehan Lepère ; ce qui prouve qu'ils n'appartenaient pas à cette corporation. Simples sculpteurs, leur salaire se montait à quatre écus d'or.

Les souverains français avaient été mis en goût de ces sortes d'illustrations par trois ou quatre pièces du même genre faites en Italie pour Charles VIII. Le règne de Louis XII nous a donné plusieurs autres médailles, et elles se sont multipliées sous ceux de François \" et de

Page 1