M, DE JULIENNE
( Collection de M. Cha.zaud. Exposition Universelle. I
A.Qaentin
LALIVË De JULLV, fAR CRF-UZC.
Collection de M""" la comtesse de Goyon.)
11 faut, dans un article qui peut à peine effleurer l'immense pro- . gramme, glisser rapidement sur les œuvres connues, sur les maîtres familiers, même aux moins savants. La première moitié du xviu' siècle appartient à deux portraitistes considérables : Rigaud et Largillière. Tous deux sont représentés au Troctidéro; mais les peintures exposées sous leur nom n'ajoutent rien au catalogue des choses sues. On pourrait s'arrêter de préférence devant le portrait de la duchesse de Phalaris ou de Falari, comme Técrit l'avocat Barbier. Elle fut la dernière des maîtresses du Régent, ou du moins une des dernières, car, même aux jours qui précédèrent l'apoplexie finale du 2 décembre 1728, cet éclectique avait organisé le système « des maîtresses alternatives et consécutives », dont parle Mathieu Marais. Saint-Simon cite la duchesse comme une « aventurière fort jolie », Les fredaines de sa jeunesse ne l'empêchèrent point de vivre longtemps, et on ne lit pas sans surprise dans les Mémoires secrets qu'elle ne mourut qu'en 1782, atrocement décrépite d'ailleurs et horrible à voir. Le portrait de l'Exposition du Trocadéro nous montre M"'" de Phalaris à l'heure de son triomphe éphémère, en pleine Régence, à cette époque où le costume persistait à garder quelque chose de louis quatorzien. Ce portrait est attribué à de Troy; et ici il faut s'entendre. Comme François de Troy, le père, a vécu jusqu'en 1730, et comme à cette date Jean-François de Troy, son fils, est déjà un peintre très émancipé, — il travaille pour le roi dès 1724, — on a une tendance condamnable à confondre les deux maîtres. Leur façon de peindre est cependant assez différente. François de Troy a le sourire un peu empêché : il est de la vieille école. C'est lui, et non son lils, qui a peint le portrait de M"" de Phalaris.
Tous ou presque tous les portraitistes du règne de Louis XV ont à l'Exposition des pages spirituelles ou même sérieuses. "Vous reconnaissez Nattier. Il met sur le visage de ses princesses les loyales rougeurs d'un fard qui ne cherche pas à dissimuler ses violences. Aime-t-on assez Nattier? Je n'en suis pas sûr. Parce qu'il se plaît aux allégories, aux colombes amoureuses, aux guirlandes de fleurs, aux draperies mal attachées, on le prend pour un maniériste. Et cependant Nattier est sérieux; étudiez-le : il y a dans son œuvre de jeunes tètes, des bras nus, des rondeurs d'épaules qui sont, pour les délicatesses du modelé, des morceaux exquis. Pour bien juger Nattier, il faut le comparer à ses contemporains ou à ses successeurs immédiats. Ici on sent bien la sincérité cjui s'en va, et l'invasion de la p»einture artilîcielle.
On se rappelle le mot de Diderot : <( Voici Drouais et sa craie, n II
est certain que François-Hubert Drouais, le peintre de M'"'' de Pompadour et de M'"" Dubarry, a abusé des blancheurs plâtreuses. Ses portraits, aisément reconnaissabies, ne sont ni très exacts ni très vivants.
Nous avons plusieurs Drouais à l'Exposition : sans m'arrèter au