FOND JAUNE, ÉMAILLÉE SUR BISCUIT
(Exposition de M. Sichel.)
n'ont figuré que peu de temps à l'Exposition, l'Angleterre nous les ayant promptement enlevés. Nous aimerions à nous arrêter plus longtemps devant la suite si nombreuse et si intéressante au point de vue technique
:rand vase en tobcelaine de chine a fond jaune. (Exposition de M. Sichel.)
des porcelaines à couvertes colorées exposée par M. Bing ; mais elle demanderait pour en parler dignement une étude toute particulière et plus de temps et d'espace qu'il ne nous est permis de lui en consacrer. —
C'est au milieu de cette série si importante que se dressait superbe et triomphante au-dessus des flots cette magnifique carpe de Tokio qui fut un des succès de l'Exposition, et dont nous donnons plus loin une reproduction. Ellle y partageait l'empire avec une autre individualité ichtyologique dont le règne a été troublé par des contestations d'origine, des soupçons d'illégitimité. Nous nous abstiendrons de prendre parti dans ce débat, ne voulant pas envenimer la querelle.
Mais nous ne pouvons passer, sans nous y arrêter un instant, devant les quelques pièces de céramique japonaise qui brillent au milieu des bronzes, des laques, des ivoires et de tant d'autres charmants objets, réunis avec un goût si délicat, si élégant, si artiste, par M. Ph. Burty. Il faudrait autre chose qu'une sèche nomenclature pour donner une idée de ce choix exquis. Parmi les porcelaines, qui n'y figurent qu'en petit nombre, mentionnons une charmante bouteille quadrangulaire en porcelaine de Chine. L'émail, d'un blanc crémeux, est d'une finesse exquise, et le décor, composé de branchages fleuris et d'oiseaux, est d'une légèreté, d'une délicatesse et d'une sobriété du goût le plus ravissant. Les grès de Bizen nous offrent, à côté de figures d'oiseaux de proie perchés sur des rochers, une délicieuse bouteille à goulot doré et un vase en forme de corbeille qu'on prendrait à première vue pour un bronze de la plus fine ciselure. Kioto et Satzuma sont représentés par leurs produits les plus accomplis, et nous citerons parmi ces derniers un petit vase cylindrique dont le décor à fleurs tracées en or peut passer pour le véritable type des faïences de Satzuma. Enfin quelques pièces de céladon fleuri, des terres émaillées de Seto, bien d'autres encore, complètent un ensemble des plus rares. Mentionnons aussi les belles pièces de M. B. Fillon.
Nous voici arrivés devant la vitrine où M. Wakaï a exposé une nombreuse réunion de poteries plus ou moins primitives et grossières attribuées par lui à l'industrie coréenne. Malgré notre résolution d'écarter toute polémique, d'éviter toute controverse, le nom seul de Corée éveille une question trop irritante, trop brûlante, pour qu'il nous soit possible de nous interdire quelques réflexions. Non que nous songions en aucune façon, hâtons-nous de le dire, à contester l'origine de ces poteries, — nous n'avons aucun motif de mettre leur authenticité en doute, et la garantie de l'érudit japonais nous suffirait d'ailleurs amplement ; — mais, en nous révélant l'art céramique coréen sous un de ses aspects, il n'a sans doute pas entendu nous fournir la preuve que ce soit là la seule
forme sous laquelle il se soit jamais manifesté. Avouons-le, nous nous résignerions bien difficilement à Fadmettre.
De tout temps, et d'un avis unanime, les Japonais ont reconnu les Coréens pour leurs maîtres, pour leurs initiateurs en céramique. Par une interprétation nouvelle et que rien ne justifie, nous avons vu la brochure officielle nous donner à entendre qu'il ne saurait s'agir que de poterie à base plus ou moins dure et non de porcelaine proprement dite. On