‹ L'art ancien à l'Exposition de 1878Chapitre 150 sur 161 · LES LAQUES JAPONAIS AU TROCADÉRO · texte numérisé non relu

LES LAQUES JAPONAIS AU TROCADÉRO

minuscule qu'il est, il paraît à peine petit, tant la délicatesse du travail en rehausse Timportance; une boîte en ivoire sur quatre pieds, ornée de dragons laqués d'or ; un peigne burgauté en laque doré sur fond noir, avec un pêle-mêle de fleurs, feuilles et branchages ; toute une série (une soixantaine) de pharmacies portatives offrant les spécimens les plus divers d'incrustations de nacre ou de métal, de paysages fantastiques et pleins de poésie, d'insectes de toutes espèces, d'ornements typiques; de ce nombre, une boîte en laque noir moucheté d'or, avec des feuilles de narcisse en or rouge et jaune; une autre boîte en laque d'or mat uni avec des sauterelles, des papillons et libellules en nacre colorié ; une troisième, faite de ce laque usé si apprécié par les Japonais mêmes, orné de fleurs et de feuilles; une quatrième enfin, nous la donnons ici, dont le fond, en or uni, est décoré de fruits en forme de cerises dans des gousses transparentes. Tous ces petits trésors sont le commentaire matériel des belles études consacrées par M. Burty à une forme de l'art qui lui est si chère, au japouisme, comme lui-même la appelée. A ce riche choix s'ajoutent les laques prêtés par l'auteur même de cette étude, parmi lesquels nous signalons une guitare en laque d'or, dont nous donnons la gravure, et « un petit tabouret en forme de boîte à trois pieds, de fond brun, glacé en or, avec feuillages en or et fruits rouges de relief; à l'intérieur, un petit plateau fond or rembruni, glacé' ».

Ces quelques pages suffiront-elles pour donner au lecteur une idée un peu précise d'un art réellement exceptionnel? Les qualités qui se révèlent le plus dans ces objets d'une fabrication si délicate sont l'inépuisable patience de l'artiste, l'amour de la difficulté vaincue, la fécondité capricieuse de ces motifs, l'étonnante diversité des formes, la rare justesse dans l'agencement des parties. Cet art remonte, nous l'admettons volontiers avec les écrivains japonais, à une très haute antiquité, qu'il est cependant difficile ou impossible de déterminer, tant que les documents originaux ne seront pas portés à la connaissance du « japoniste » européen. Si nous osons hasarder une hypothèse sur les divers degrés d'ancienneté des objets exposés au Trocadéro, les laques noirs et rouges à dessins unis et sommaires nous paraissent de beaucoup les plus

I. Nous empruntons cette description à l'inventaire des laques du Louvre ayant appartenu à Marie-Antoinette, parmi lesquels nous avons rencontré une boite entièrement semblable à la nôtre. Nous publierons très prochainement, dans la Galette des BiMix-Ans, ce curieux inventaire.

avancés en âge; quant aux laques d'or et à tous ceux qui sont ornés de dessins en relief, nous croyons qu'il ne faut pas les attribuer à une époque antérieure au xvn' siècle. Enfin la période la plus brillante des laques irait de la seconde moitié du xvu" siècle jusqu'à la fin du xv^I^

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