EXPOSITION UNIVERSELLE DE
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L'EXPOSITION HISTORIQUE DE L'ART ANCIEN. ii
candélabres, chenets, beaux modèles de la ciselure du temps, et surtout de l'œuvre de Gouthière.
La quinzième et dernière salle oppose principalement les bruns et les roux des instruments de musique aux blancheurs de la céramique.
Les petites merveilles en bonbonnières, étuis, boîtes de toilette, bijoux exposés par M. André, une rare série de pâtes tendres dont M. Gasnault est le principal exposant avec MM. Goueslain, Leroux, Dupont, etc., une vitrine de porcelaine française et étrangère dont les principaux possesseurs sont M. Gasnault, M"" Périlleux, M. Lejal, etc., lesNevers de MM. Cotteau et Habert, les encoignures à bronzes dorés de M. Seillière, la pendule à bronzes de Caffieri du palais de Versailles, les Delft bien connus de M. Mandl, les cachets et menus objets d'argenterie de M. Vial, les Rouen et les Nevers de M. Dupont, une vitrine de livres à peintures où se trouve entre autres la célèbre guirlande de Julie, les reliures à armoiries de M. de Longpérier-Grimoard, la réunion de pièces de Sèvres apportées par M"" Grandjean, M. Davis et qu.elques délicats amateurs, qui occupe deux vitrines, une très jolie collection de Saxe, à M. Maurice Kann, de très beaux instruments de musique dont la plus grande partie appartient à M. Gallay, quelques fort jolis bustes, enfin un énorme clavecin soutenu par des Tritons et des Néréides, et qu'on prendrait plutôt pour un décor des bassins de Versailles que pour un meuble : voilà ce qui représente le xvnr siècle et la fin du xvn''.
En fait de tapisseries, les plus remarquables dans ces trois dernières salles sont des Beauvais du xvnr siècle, représentant les Parties du monde, au prince de Béarn ; deux tapisseries du xvir siècle lamées d'argent, à M. Davillier, et une série de Gobelins et de Beauvais des mêmes époques, d'après Boucher, Oudry, Van der Meulen, Téniers, très bien conservées, envoyées par MM. Leclercq, Keller, Barre, et par le Garde- Meuble.
Après ce catalogue sommaire, cette rapide revue du détail qui nous a fait monter depuis l'âge de pierre jusqu'à 1800, après avoir constaté les traits principaux des acquisitions apportées par le temps, il ne nous reste qu'à embrasser d'un coup d'œil général les séries que contient cette Exposition, pour noter celles qui sont complètes, celles qui ne le sont pas et celles qui ont manqué à l'appel.
C'est la céramique qui prend le plus d'extension, et nulle part on n'en aura encore vu pareille série. La suite des Palissy et des fabrications avoisinantes est incomparable, les faïences italiennes sont splen-
dides et en grand nombre, les émaux de la Renaissance abondent en merveilles et éblouissent par la quantité; les pâtes tendres et dures de la porcelaine forment une suite importante, surtout les premières. Les faïences françaises jettent beaucoup d'éclat. Les fabriques étrangères ne paraissent que sur une petite échelle et avec des lacunes. Le groupe des verreries n'est que moyen par la quantité.
Les tapisseries tiennent un rang supérieur et, sans être surabondantes, figurent en nombre plus que convenable. Mais les tissus ne sont pas venus autant qu'on l'eût désiré. Les costumes, leurs accessoires, les petites pièces ou garnitures de toilette ; coiffures, souliers, éventails, etc., manquent en grande partie dans nos groupes.
Les meubles sont demeurés assez rares. Les ivoires, les bronzes forment de belles et considérables suites; les étains, les cuivres ne paraissent que peu ou presque point. L'horlogerie, l'orfèvrerie, donnent de très bonnes moyennes sous le rapport du nombre. La bijouterie et la joaillerie auraient pu fournir plus de pièces. Les médailles, d'excellent choix, apportent un appoint aussi fort qu'on pouvait le souhaiter.
Les boîtes, bonbonnières, brimborions divers, les miniatures des xvn° et xvni' siècles, sans affluer, présentent des séries assez étendues.
Les instruments de musique auraient pu être plus variés, mais leur groupe paraît fort convenable.
La série antique n'avait jamais pris de telles proportions à aucune Exposition, et les Tanagras font une espèce d'explosion.
Le grand art de la Renaissance enfin est magnifiquement représenté. L'aile droite du Trocadéro n'a pu être complétée qu'assez longtemps après l'ouverture de l'aile gauche. Elle contient la salle des Califes, la salle des Antiquités égyptiennes, organisée par Mariette-Bey; celle qui contient les sculptures du Cambodge; plusieurs salles relatives à la Chine et au Japon anciens, parmi lesquelles celle de la mission Guimet et celle de la céramique, plusieurs autres salles renfermant des armes et ustensiles d'Afrique, d'Amérique, d'Océanie, où se distinguent la collection mexicaine de M. Pinart et quelques beaux vases péruviens; deux salles, remplies de trop d'objets médiocres, pour les antiquités de la Belgique et celles de l'Espagne, enfin les figures costumées de Suède et de Norvège. Au premier étage, une magnifique salle, consacrée aux arts musulmans, s'étend entre les deux ailes du palais; puis les deux salles des portraits français.
Si Ton se plaint des lacunes de l'Exposition, la réponse est simple.
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La splendeur d'une exposition où tous les amateurs eussent bien voulu exposer leurs trésors, où toutes les séries eussent été proportionnellement complètes, surpasserait tous les rêves de l'imagination, écraserait les plus beaux musées et irait au delà des limites du possible.
L'Exposition de 1878 porte en général un caractère déjà bien assez excessif, et une galerie de l'art rétrospectif, si elle avait été trop réussie, eût dépassé à son tour les forces de contemplation et d'examen dont le plus vigoureux puisse être doté.
Contentons-nous donc de ce que nous avons, d'autant plus qu'il y a là de quoi contenter, sinon ces difficiles qu'on ne désarme jamais, du moins des esprits passablement difficiles, et félicitons M. de Longpérier d'avoir mené à bien, à travers des obstacles de toute nature, avec une confiance et une volonté que rien n'a ébranlé, avec un savoir que rien n'a mis en défaut, la très belle exposition historique de l'art ancien qui a été ouverte le 8 juin 1878'.
A.-R. DE LIESVILLE.
I. M. de Liesville ne s'est pas tité, mais il a été l'uji des plus actifs et des plus dévoués parmi ces membres des commissions qui ont prêté et porté leur contours un peu de tous côtés. Comme exposant, il a envoyé de nombreuses pièces de céramique, entre autres un très beau plat siculo-arabc, une plaque de Delft fort rare, d'importants spécimens de Rouen, Nevers, Pré d'Auge, Beauvais, pâtes tendres, une collection unique de Sèvres de la République. On a au;si de lui une vitrine d'objets du temps de la Révolution qui est très curieuse, et une fort importante série de dessins, coins et médailles de Dupré, le directeur des monnaies de la République, etc., etc.
AU TROCADERO