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BUSTE DE JEUNE FILLE, PAR HOUDON

(Collection de M"" Caheii, d'Anvers.)

remettre en mémoire aux amateurs des compositions qui leur sont maintes fois passées sous les yeux.

Un beau groupe, sujet allégorique qui me paraît représenter le Triomphe du Génie sur la Richesse, exposé par M. Raimond Seillière, me paraît d'Antonio Susini. 11 est d'un très bel accent florentin, d'un

style un peu maniéré, mais bien supérieur aux compositions de Jean Bologne, dont cependant Susini était le coopérateur et Télève.

L'école espagnole de sculpture est représentée au Trocadéro par quelques œuvres excellentes qui méritent une attention particulière.

Eve; cire coLORitE du xvi*^ siècle. (Collection Je M. Edmond Bonnaffé. )

Le Saint François d Assise, d'Alonzo Cano, exposé par M. Odiot, est une figure de soixante-dix centimètres de hauteur, de bois peint, exécutée avec le plus grand soin, dans toutes les conditions de réalisme absolu qui distingue la plupart des œuvres de cette école au xvii' siècle. Le personnage est debout, enveloppé dans sa robe de bure. Le corps a déjà une sorte de rigidité cadavérique; la tête, couverte d'un capuchon, laisse

voir un visage pâle où il ne reste de vivant que deux yeux ardents, levés vers le ciel, absorbés dans une vision extatique et offrant à Dieu rhommage de ses souffrances terrestres, trop visibles hélas! Cette œuvre, restée ignorée, du grand artiste espagnol fît une très grande sensation l'année dernière, lorsqu'elle parut pour la première fois à l'Exposition permanente des beaux-arts de Madrid. D. Pedro de Madrazo, juge si autorisé en de pareilles matières, déclarait son apparition — un événement artistique qui transformait le palais de la Plateria, où se tient

cette exposition, en véritable sanctuaire de fart espagnol. — On connaissait le même sujet, traité d'une façon identique par Pedro de Meno, et conservé dans la cathédrale de Tolède, qui a été popularisé parmi nous par une copie très exacte de M. Zacharie Astruc, publiée par la maison d'orfèvrerie Christofîe. Cette copie se trouvait à l'Exposition de Madrid, placée côte à côte avec celle d'Alonzo Cano, et l'éminent critique a fait observer avec beaucoup de finesse et de savoir, les différences qui existaient entre elles. Quelles que soient les similitudes que l'on peut observer entre les œuvres d'un maître et celles de son élève de prédilection , il y a toujours dans celles du premier un sentiment plus profond du sujet qui échappe à l'imitateur, qui s'en tient le plus souvent aux apparences extérieures. C'est ainsi que dans le saint François, de Pedro de Meno, la tunique du personnage tombe droite comme un tube de carton, pour nous servir de l'expression du critique espagnol, tandis que dans le nôtre l'habit grossier, déjà usé, mollit autour des formes qu'il recouvre, en fait sentir l'existence et en indique les inflexions. Différence légère en apparence, mais très grande en fait, puisqu'elle rompt une ligne monotone et ranime d'un reste de vie l'être déjà entre ciel et terre que nous avons sous les yeux. Une autre différence entre les deux figures, c'est que dans la première le capuchon est fermé sous le menton, tandis que dans la seconde il est ouvert, laisse voir le col et deviner ses attaches, indications qui concourent, avec les plis de la tunique à la hau-

RtDUCTION EN BRONZE d'une cire D 'ANTOINE BENOIT.

(Collection de M. Heiss. )

LA SCULPTURE AU TROCADERO. i85

teur de la cuisse, à enlever une apparence de mannequin à cette figure si complètement renfermée dans sa robe de bure, — défaut bien visible dans le saint François d'Assise de la cathédrale de Tolède.

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