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PLAQ.UE DE RELIURE EN IVOIRE DE TRAVAIL GREC

(Collection de M. Stcin.)

églises d'Espagne nous montrent que ces ivoires ont été ciselés sous une influence moresque.

Ils étaient dorés, ainsi qu'on peut le reconnaître à quelques traces d'or retenues dans les fonds. Des pierres fines en table ou des verroteries étaient cloisonnées dans le champ réservé au centre de l'ivoire, et des ornements d"orfèvrerie, dont on voit les trous d'attache sur la

loS UART ANCIEN A ^EXPOSITION.

tranche, réunissaient les bras de ces croix, dont les dimensions égalaient la richesse.

Si Tart byzantin continue à Côtoyer Fart latin qui se développe avec des physionomies ditierentes chez les différentes nations de l'Occident, il se hiératise, si l'on peut dire ainsi, pratiqué par des artisans privés de toute initiative, et devient enfin ce que Ton sait dans les couvents du mont Athos.

Un magnifique diptyque jadis peint, appartenant au Musée de Chambéry, et le diptyque des douze fêtes de la collection Basilewsky, montrent ce qu'il est devenu au xn" siècle : précieux, mais sec, et comme songeant avant tout à faire participer les figures de la rigidité de l'ordonnance architecturale qui les domine.

Leur comparaison avec les quatre évangélistes d'une petite plaque de la collection Basilewsky montre le changement qui s'est opéré entre le grand style de celle-ci et la manière des deux autres.

Les deux motifs principaux du diptyque de Chambéry sont, d'un côté, la "Vierge entre saint Pierre et saint Paul, de l'autre, la Résurrection, encadrées supérieurement par des scènes de la vie et des miracles du Christ, que surmontent, dans des demi-cercles superposés au rectangle des plaques, d'un côté la Crucifixion, de l'autre la Transfiguration, qui en est comme la figure glorieuse. La bordure inférieure se compose d'un rang d'arcs abritant chacun une figure d'un saint grec, au-dessus d'une série de médaillons formés par les enlacements d'un ruban, qui encadrent le buste d'un apôtre. Des inscriptions grecques nomment chaque personnage ou expliquent chaque scène.

Lorsque l'artiste eut un champ plus considérable à sa disposition, s'il soigna les visages qu'il polh avec une certaine recherche en leur donnant un type juif assez pirononcé, il continua de ciseler les plis des vêtements comme dans la plaque du Musée de Lyon qui représente le Christ législateur en buste, comme dans celle de M. Odiot qui représente la "Vierge en buste avec l'Enfant, comme dans le diptyque de M. Basilewsky, dont les longs personnages sont enveloppés par une plus longue inscription tracée en italien du xnr au xiv^ siècle et empruntée à l'Évangile, qui raconte la Présentation au temple.

L'art occidental du xr siècle s'accuse d'abord avec toute sa barbarie naturelle à des gens assez pauvres pour être privés d'ivoire et pour employer l'os à un objet de luxe, dans le coffret de la collection Basilewsky, dont les arcatures abritent des figures d'apôtres et de saints

qu'il a été nécessaire de désigner par des inscriptions latines. Mais il s'assouplit pour décorer les disques de dent de morse ou d'ivoire du jeu de dames de la même collection où les sujets religieux et les sujets profanes se mêlent. Témoin la vision de saint Barlaam, qui voit un homme monté sur un arbre pour se repaître du miel d'une ruche qui y

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