LE BRONZE
Les études sur les arts du moyen âge se sont étendues et popularisées depuis le temps où le rapporteur d'un jury de l'une de nos expositions industrielles osait imprimer que l'art du bronze ne datait chez nous que du règne de Louis Xl\. Les rares exemplaires que l'on en rencontre dans les galeries du Trocadéro suffisent pour établir quelques jalons entre ce que les salles consacrées à l'art antique nous montrent de si intéressant ou de si merveilleusement parfait, en cette matière, et ce que celles que remplissent les manifestations de l'art du xvn' et du xvnr siècle offrent de plus précieux.
Pour le xr siècle nous avons la tête de lion mordant un anneau que possède le Musée d'artillerie, et qui provient de l'église de Saint-Germain-des-Prés. L'ouvrier qui l'a fondue n'était pas des plus habiles, car le ciseleur a été forcé d'accentuer de son rude burin les lignes rigides des traits et de la crinière de ce monstre grimaçant.
La fonte de bronze du xn" au xiv' siècle, a façonné le Samson combattant le lion, qui sert de chandelier, plusieurs pieds de chandelier, formés d'enlacements de vigoureux rinceaux combinés avec des monstres ou des hommes, de travail allemand, et cinq coquemards en forme de chevalier armé de toutes pièces, de femme chevauchant le philosophe Aristote, d'homme à queue de poisson ou de lion, pièces qui font partie de la collection Basilewsky.
Parmi quelques mesures de capacité, nous signalerons celle que
M. H. Dumesnil a exposée, qui est du xiii' siècle, tant par Tinscription en belles onciales qui indique qu'elle vient de Vernon : + R : verno- NENSis FiERi ME COPIA FECiT, que par les deux frises de rinceaux et de cavaliers et de danseuses qui courent au-dessous.