JEANNE DARC
(Bronze Je la collection Je M. OJiot.
Notre ami Clément de Ris a décrit dans la Chronique des arts (année iSyS, p. 2741 le beau font baptismal de Tannée MCCCCLXXXIIl, qui provient de Bàle et que MM. F. et R. Seillière ont fait venir de leur château du Mello; nous n'y insisterons pas.
La même époque, mais un atelier français, a vu fondre la statuette équestre de Jeanne d'Arc, que possède x\i. Odiot. L'inscription : La
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Pucele d'Orlietis, gravée sur le terrain, spécialise cette figure que certains détails du harnais militaire, comme les solerets à bout rond, reportent à la fin du xv" siècle.
Notons, parmi l'intéressante réunion de petits objets du moyen âge formée par M. V. Gay, un certain nombre de pommeaux d'épée, d'affiquets, de boucles et de pendeloques provenant de harnais d'homme et de cheval, qui sont si précieux pour l'histoire de l'équipement, et qui font vivement désirer que celui qui les a réunis avec une pensée de recherches mette enfin au jour l'encyclopédie qu'il prépare depuis longtemps sur les arts et le mobilier du moyen âge.
La Belgique nous montre quelques-unes des belles pièces de dinanderie qui ornaient ses églises, comme le lutrin de Saint-Martin de Chieires, formé d'un aigle posé sur un pied de balustre daté de 1484, comme le chandelier pascal de l'église de Saint-'Vaast, à Gaurain, chandelier à trois lumières au-dessus d'un pupitre représentant l'agneau dans ses à-jours : pièces analogues à celles publiées par M. L. Gailhabaud dans V Architecture du Y' au xvi° siècle.
Nous comprendrons parmi les bronzes deux dalles tumulaires, provenant du Musée archéologique de Gand, qui nous donnent des renseignements sur les costumes des personnages qu'elles représentent. L'un est Wenemaer, mort en i325 et revêtu, en effet, du costume militaire des commencements du xiv" siècle : chemise de maille sous une cotte d'armes fendue pour laisser passer les chaînes de l'épée et de la dague; les bras couverts de lames de fer cousues sans doute sur du cuir, avec rondelles pour protéger la saignée; les cuisses gamboisées, des grèves de plates sur les jambes et des chaussures de cuir sur les pieds, armés d'éperons; la tète nue, tenant un écvt en forme de cœur.
L'autre est celle de Marguerite Sbrunen, sa femme, morte en i352. Elle est coitfée en religieuse, et porte une cotte hardie sans ceinture et à manches larges et covtrtes , sur une robe ajustée à manches étroites garnie d'un rang de boutons montant jusqu'au coude.
Notons que ces effigies sont découpées suivant les contours des figures et devaient être incrustées dans des dalles de pierre.
Nous trouvons dans la section espagnole une grande plaque rectangulaire exécutée de 1400 à 141 1, qui représente un personnage en costume civil sous une architecture garnie de figurines de saints et d'anges qui ne ditfère en rien de ce qu'on a exécuté en France à la même époque. L'inscription est espagnole. Pour savoir si l'œuvre l'est aussi, il nous
L'ORFEVRERIE AU TROCADERO. 227
faudrait connaître Tart du moyen âge de l'autre côté des Pyrénées, que nous avons le malheur d'ignorer complètement.
Nous revenons à l'art qui nous est plus familier avec deux répliques de la même œuvre, qui appartiennent, l'une à M. Spitzer, l'autre à M. C. Mannheim. La première est la statuette que Pierre "Vischer a faite dé lui-même, pour le Tombeau de saint Séhald, à Nuremberg. Elle représente le rude compagnon coiffé de sa calotte et revêtu de son tablier de cuir. Cette figure est reproduite dans l'étude de M. E. Piot. L'autre est le buste du même artiste. Mais ce ne sont pas des répliques d'un même modèle, car les détails de l'ajustement diffèrent. Une agrafe maintient en effet les deux côtés de la tunique de Pierre Vischer, dans l'épreuve de ^L Spitzer, tandis qu'il n'y en a point dans celle de M. Mannheim.
L'ORFEVRERIE.
Nous ne voyons guère d'oeuvre d'orfèvrerie qui remonte avant le \iV siècle, pas même la belle reliure en or ||-\\ repoussé décorée d'émaux cloisonnés byzantins que M. le f marquis de Ganay a exposée et dont M. Gaucherel a fait
],ï7g|K,| une eau-forte que nous donnons ici; pas même l'autel porlt*^<y! tatif, pièce rare et complexe que MM. R. et F. Seillière
possèdent. La pierre consacrée, qui est un morceau de por- ^^ phyre, est encastrée dans une plaque de cuivre gravée au
ciselet des quatre symboles évangéliques et de quatre saints :