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LES EMAUX TRANSLUCIDES SUR RELIEF

Les émaux dits translucides sur relief sont surtout des œuvres de glyptique, et la gravure des sceaux a dû conduire à leur fabrication.

Ce qu'on appelle ainsi n"est, en effet, qu'une intaille, sur or ou sur argent, remplie d'un émail transparent qui se modèle suivant son plus ou moins d'épaisseur.

Cet art doit être originaire de Sienne fort probablement, car ce sont des orfèvres de cette ville qui ont exécuté les deux monuments de ce genre qui portent la date la plus ancienne. L'un est un calice du couvent-de Saint-François-d'Assise, daté de 1290, et portant le nom de Duccio de Sienne ; l'autre est le célèbre tabernacle d'Orvieto, que M. H. Barbet de Jouy a pu voir et dont il a donné la description dans la Gaiette des Beaux- Arts (2'= série, t. XV" et XVP). Il est daté de i338 et a été fabriqué par M'' Ugolino de Sienne avec ses compagnons.

Un orfèvre florentin, Arditi, avait aussi pratiqué cet art, ainsi que le prouvait un calice de la collection Soltykoff acquis, croyons-nous, par le Musée de South-Kensington.

Les émaux translucides durent être rapidement pratiqués dans l'Allemagne du Sud, à en juger par les deux reliquaires de la collection Basilewsky qui proviennent de la cathédrale de Bàle, et que décorent des émaux de ce genre. A défaut de date précise, nous pouvons attribuer en effet au commencement du xiv° siècle l'exécution de ces pièces.

Les émaux qu'on y peut étudier ne présentent de profondeur que pour les vêtements des personnages. Les carnations sont réservées et simplement gravées, tandis que les draperies sont intaillées et remplies d'émaux colorés, qui sont, en général, verts, violets ou bruns sur fond bleu. Mais une glaçure transparente et légèrement rosée recouvre les carnations.

Outre les deux reliquaires que nous venons de citer, deux calices de la même collection, que leur style nous indique de fabrication italienne, sont décorés des mêmes émaux, que nous retrouvons sur une croix exposée par M. Moser.

Un buste de la Vierge sur VAgniis Dei de M. Stein, le petit coffret d'argent de la collection Castellini, daté de 1423, un S. Blasiiis, plaque circulaire en argent, dont presque tout Témail est enlevé, ce qui permet d'en étudier le travail, soudé sur une des paix exposées par le même, représentent encore Témaillerie translucide italienne.

Notons les deux petits disques que M. le baron Minot a exposés, et qui représentent, sur or, l'Entrée à Jérusalem et V Incrédulité de saint Thomas.

La France pratiqua aussi cet art, ainsi que le prouvent deux petits disques émaillés sur argent, possédés l'un par M'" G. Fillon, l'autre par

ÉMAIL TRANSLUClDt TIRt DU RELIQ^UAJRE DE SAINT HENRI (XI V*^ SIÈCLE.)

(Collection Basilewsky )

M. Victor Gay. Saint Damien et Saint Corne y sont représentés en costume de docteur, le premier guérissant sans doute un petit homme placé devant lui. Les inscriptions que nous transcrivons prouvent Torigine française de ces deux pièces, qui ont dû être jadis réunies surla même œuvre comme les deux saints sont réunis dans la dévotion des fidèles.

Nous croyons aussi de fabrication française la Crucifixion, plaque circulaire d'argent de la collection Basilewsky.

Quant à l'émail sur or de l'enseigne de chapeau appartenant à M. le baron Adolphe de Rothschild, il est aussi français, ainsi que le prouve finscription de l'entourage.

Quant aux fermaux de livre, en or émaillé, de la même collection, qui représentent Saint Jean l'évangéliste et Saint Jacques, ils portent des

LWRT ANCIEN A L'EXPOSITION.

poinçons de maîtrise qui pourraient peut-être aider à en faire connaître l'origine.

La Sainte Barbe et le Saint Adrien des volets du petit triptyque, en orfèvrerie de la même collection, appartiennent à Fart français ou flamand du xv" siècle.

Terminons en citant deux plaques circulaires représentant le Christ entouré des instruments de la Passion et une Pitié exposés par M. Beurdeley : sujets émaillés sur fond de métal réservé. Une imitation de la couronne d'épines en tiges d'argent tordues circonscrit ces deux œuvres du xv*" siècle.

LE MOYEN AGE ET LA RENAISSANCE

AU TROCADERO

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