‹ L'art ancien à l'Exposition de 1878Chapitre 8 sur 161 · ORNEMENT COURANT, PEINT SUR LA FAÇADE DU PAVILLON EGYPTIEN · texte numérisé non relu

ORNEMENT COURANT, PEINT SUR LA FAÇADE DU PAVILLON EGYPTIEN

des mots : « pour l'éternité ». Il y a peut-être dans cette inscription, assez fréquente sur les représentations de demeures antiques, une sorte de talisman destiné à écarter les mauvais esprits et fort en rapport avec la superstition égyptienne. Aujourd'hui encore les portes des maisons arabes sont surmontées d'un crocodile empaillé, qui a pour mission d'arrêter les malheurs au passage en les gardant pour lui-même.

La galerie de bois, qui, selon la coutume antique, garnit ici le pourtour du patio ou cour intérieure, est le résultat d'une recherche archéologique de M. Mariette : c'est un essai de restitution d'une construction antique de bois, d'après les panneaux prismatiques de la façade, ornements que l'on retrouve jusque sur les sarcophages de la plus haute antiquité. Là, ces compartiments, taillés dans la pierre, semblent être l'imitation, la traduction et comme le souvenir d'un système de poutrellage et d'enchevêtrement de charpentes qui, mêlées au pisé, ont

I. Cet emblème, reproduit avec les teintes conventionnelles du blason, orne l'en-tète de ce compte rendu. Il est extrait, ainsi que le Portrait de Mariette et le Souvenir du Caire, que nous donnons plus haut, de l'Egypte à petites Journées, voyage archéologique et descriptif, par A. Rhoné, ouvrage couronné par l'Académie française. (N. D. L. R.)

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peut-être constitué un mode primitif de construction, soit en usage encore, soit déjà tombé en désuétude, et que la tentative de M. Mariette a pour but de rechercher et d'essayer, sans avoir la prétention de vouloir prouver qu'il a dû en être ainsi.

Nous ne quitterons pas le Pavillon égyptien, qui, on le sait, contient les expositions de l'Isthme de Suez et de la Société européenne pour l'abolition de la traite en Afrique, — • expositions que M. de Lesseps se dévoue à venir souvent expliquer en public, comme il le faisait en 1867, — sans mentionner des objets qui, par leur importance et leur nouveauté, intéressent l'art et Farchéologie. Dans la salle consacrée aux travaux des écoles et des imprimeries du gouvernement égyptien, on a exposé les derniers ouvrages, peu connus encore, de Mariette-Bey : V Album du Musée de Boulaq, puis le Voyage de la haute Egypte, in-folio, ornés de photographies exécutées sous la direction de l'auteur, qui en a déterminé lui-même le choix et le point de vue, et qui ont été traduites en héliogravures indestructibles par la maison Goupil, tandis que le texte s'imprimait chez M. Mourès, fondateur de la typographie de luxe en Egypte. Enfin, les artistes en quête de documents sur l'Orient ont pu y voir les photographies de MxM. Béchard, Schœft, Sébah, les plus belles et les plus grandes que nous connaissions sur les costumes et les monuments du Caire. Cette reine des villes orientales se métamorphose rapidement; elle disperse ou détruit sans regret les trésors de son art national pour tâcher de se vêtir à l'européenne, mais sans faire attention qu elle procède souvent comme le sauvage civilisé, qui s'honore de perdre son aisance et sa beauté natives pour n'aboutir qu'à porter un frac sous une chemise !

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