‹ L'art ancien à l'Exposition de 1878Chapitre 87 sur 161 · I-LATEAU d'aiguière EN ÉMAIL PEINT, ^IGnÉ I C · texte numérisé non relu

I-LATEAU d'aiguière EN ÉMAIL PEINT, ^IGnÉ I C

(Collection de M. Bcurdelej.)

de Bourbon et de Louise Borgia, mariés en i53o. Comme Philippe de Bourbon fut tué à la bataille de Saint-Quentin, en iSSy, ce triptyque doit être antérieur à cette date.

3i8 ■ L'ART ANCIEN A L'EXPOSITION.

Les deux coffrets de M. Beurdeley, d'une exécution très franche, d'un effet très puissant, peuvent se classer parmi les oeuvres de sa force et de sa jeunesse. L'un porte en effet la signature et la date P. R. 1547, et, reproduisant tous deux les mêmes sujets de chasse, ils montrent avec quelle aisance l'artiste savait' en modifier et transporter les éléments, suivant les dimensions des plaques qu'il avait à émailler. Nous en rapprochons les trois plaques des Travaux d'Hercule, exposées par M. C. Lafontaine; et les deux plats de la collection G. de Rothschild, représentant l'un le Triomphe d'Amphitrite, l'autre le Jugement de Paris

Nous relevons encore, dans la collection Basilewsky, une date, celle de i553, sur une coupe décorée à l'intérieur du Repas d'Énée et de Didon, et celle de i558, sur un grand plat à ombilic, représentant la Genèse; la signature P. R., i564, sur dix assiettes des Mois en grisaille, appartenant à M. Beurdeley, et enfin la date de 1572, sur une coupe à couvercle, dont les sujets sont empruntés à VExode^, dans la première collection.

II y a peut-être d'autres dates sur les divers émaux exposés, dont il ne nous a pas été possible d'examiner les revers, mais celles que nous venons de relever sont comme des jalons qui permettent d'assigner leur place aux différentes œuvres de P. Reymond.

Nous rapprochons du plat de i558 celui de la collection Seillière, représentant également la Genèse, en grisailles légèrement teintées; et la coupe dont le couvercle représente le Triomphe de Diane, gravé par Androuet du Cerceau, et celle où est figuré le repas qui forme un des sujets de l'estampe de Marc-Antoine, connue sous le nom du Quos ego, ainsi qu'un autre grand plat du Musée de Lyon, signé P. R., et représentant des sujets bibliques qu'il nous est impossible de préciser.

Nous attribuerons à la fin de la carrière de Pierre Reymond, à cause du ton saumoné des carnations et parfois aussi de l'épaisseur du trait qui indique l'incertitude sénile de la main, le plat à ombilic de la collection Seillière, représentant « l'Amour de Cupido et de Psyché, mère de Volupté », signé P. R., ainsi que deux assiettes de l'Histoire de Psyché, exposées par M. A. Dutuit.

Il nous resterait encore à classer les plats et les coupes en grand nombre des collections Basilewsky, Seillière, G. de Rothschild et Beurdeley. Il nous suffit de les signaler.

Un coffret appartenant à M. le baron G. de Rothschild, formé de

LES ÉMAUX PEINTS AU TROCADÉRO. Sig

treize plaques représentant les Travaux d'Hercule, en grisaille sur fond noir, dont le style se rapproche de celui de Pierre Reymond, nous semble porter les lettres I. R. séparées sur deux de ses sujets. Ces lettres forment-elles des initiales, et celles de Jean ou de Joseph Reymond, qui travaillaient surtout à la fin du xvr' siècle et même au xvn" ? La biographie de ces deux émailleurs présente encore trop de lacunes pour que nous osions nous prononcer.

Une grande plaque cintrée du Musée de Lyon, signée L R., et représentant la Cène, en arrière de quatre saints, parmi lesquels nous reconnaissons saint Laurent et saint Augustin, se rapproche davantage des oeuvres connues qui portent le même monogramme. Cet émail est polychrome sur paillon, et dénote une influence marquée des Courteys et de tous les émailleurs de la fin du xvi' siècle.

Un émailleur qui procède de P. Reymond par le style et par l'exécution de ses préparations par enlevage, et de Jehan III Pénicaud par la puissance du relief et la brusquerie des oppositions des blancs et des noirs, Tinconnu que les uns appellent Martin Didier et les autres M. Pape, est représenté par une œuvre caractéristique de la collection Seillière.

C'est un Jugement de Paris sur une plaque circulaire, entourée d'une bordure rapportée de rinceaux et de grotesques. Cette grisaille, signée M. D. (avec un i dans le D), est remarquable par le ton roux, profond et chaud, des carnations, ainsi que par le style du dessin et la puissance de l'effet.

Le même dessous de bistre se retrouve dans \e Laocoon, daté de i545, de la collection de M. le baron G. de Rothschild. Mais il est absent de la plaque du Musée de Lyon, qui représente d'après l'estampe du maître au dé « la Vieille racontant l'histoire de Psyché ».

Son œuvre la plus considérable est le triptyque de la collection Basilewsky, composé de dix plaques, représentant la Prédication de saint Jean- Baptiste, entre le Baptême du Christ et la Décollation, encadrés par une architecture dans le style de la Renaissance. La plaque principale est signée M. D. (avec un i dans le D).

La même signature se retrou\-e sur une Mise au tombeau, représentée par des figures d'assez grande proportion dans la collection Beurdeley.

Pierre Courteys est surtout représenté dans la collection Basilewsky, où nous trouvons huit émaux de sa main, dont un est signé tout au long P. COURTEYS; et trois autres de ses initiales P. C.

Le premier est un plat ovale, représentant au fond, en figures d'assez grandes proportions, la Chaste Siiianne et, sur le revers, la chaste Minerve au milieu d'un cartouche aux abondants enroulements.

Le second est une plaque ovale où est symbolisé le Mois de mai, par des femmes et des enfants chantant dans un parterre.

L'un est une grisaille fortement bistrée de roux; le second est polychrome sLir paillons avec rehauts d'or, comme on recommença à le faire dans la seconde moitié du xvr -siècle.

Un coffret représentant le Triomphe des Vertus, est simplement peint sur apprêt blanc en émaux transparents, comme le faisait Léonard Limosin; mais ici les colorations sont plus intenses, et le violet apparaît plus souvent, surtout dans les nuages.

Un Laocoon peint en bistre roux, sur une plaque repoussée, grand émail d'un dessin très négligé, et destiné sans doute à être vu de loin encastré dans un mur, comme les grands émaux du Musée de Cluny, appartenant à M. le baron G. de Rothschild, est le seul P. Courteys qui ait été exposé en dehors de la collection Basilewsky.

Un plat ovale, de la collection Seillière, signé M. C, représentant les Niobides, en grisaille saumonée, est l'œuvre de Martial Courteys.

Quel est le vrai nom français du L Cvrtivs, qui a ainsi signé une plaque ovale de lacollection G. de Rothschild représentant le Parnasse?

Est-ce Jean de Court, dont les documents font mention et qui a signé plusieurs pièces L D. C?

Est-ce un Jean Court, ou Courteys, sur lequel les documents sont muets, qui aurait signé L C. un grand nombre d'autres pièces? La similitude des émaux signés Jehan de Court, ou L D. C, comme le plat du Serpent d'airain, de la collection Basilewsky, et de ceux signés L C, la connexité des travaux de leurs auteurs nous feraient pencher vers la première opinion.

Quel qu'il soit, l'auteur de ces émaux est bien reconnaissable au style de ses figures dont le profil peut s'inscrire dans un carré, à l'enfumé des demi-teintes de ses grisailles, au saumoné vif de ses carnations, à l'éclat de ses émaux sur paillon, et au précieux de son exécution.

Il a signé L C. une plaque ovale, œuvre magnifique de la collection Gustave de Rothschild où Minerve, mère de tous les arti, est représentée debout et casquée au milieu d'un cartouche accosté latéralement de deux figures en gaine et orné au sommet et dans le bas de deux mascarons qu'accompagnent des fleurs.

D'aussi grandes pièces sont rares dans son œuvre, qui se compose surtout d'aiguières, de coupes, de salières et de cliandeliers, d'une exécution très soignée, comme on en voit dans les collections Gustave de Rothschild et Basilewsky, et d'assiettes comme en exposent M. Edouard

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