AIGUIÈRE EN ÉMAIL PEINT
(Collection de M. Beurdeley. )
André, M. Beurdeley et M. Léon Palustre. Généralement elles représentent les mois, imitations plus ou moins libres des compositions d'Etienne de l'Aulne. Le revers de ces assiettes, comme celui de presque toute la vaisselle émaillée de Limoges, décoré de cartouches et d'enlacements, est en général plus intéressant au point de vue décoratif que le sujet représenté à l'intérieur.
Les grisailles sont relativement rares dans Tœuvre de l'anonyme
I. C. Cependant M. Beurdeley nous montre un grand plat ovale à ombilic que nous publions, dont les figures sont d'ailleurs de proportions assez considérables, et une aiguière qui associe, suivant l'habitude, une ronde de Néréides au triomphe de Silène : pièces toutes deux signées.
La collection Basilewsky nous montre une salière décorée en grisaille du Triomphe de Bacchus, d'après Androuet du Cerceau, portant le monogramme I. C. D. V. qui est la signature de Jean Court, dit Vigier, émailleur qui se rattache de plus près à ceux de la première moitié de la Renaissance qu'aux quasi-homonymes, ses contemporains.
Quant aux émailleurs qu'il faut bien appeler de la décadence, malgré l'éclat de leurs œuvres, dont les personnages s'enlèvent habituellement sur un fond de verdure ; quant à Suzanne Court ou de Court, elle a indifféremment signé de ces deux manières, et à Jehan Limosin qui serait le neveu de Léonard, quelques-unes de leurs oeuvres sont exposées au Trocadéro.
La première a exécuté une coupe plate représentant le Triomphe de David, en émaux sur paillon, signé Suzanne Court, qui fait partie de la collection Basilewsky ; du second, la même collection possède une Chasse au sanglier dans un plat ovale signé Jehan Limosin, et un hanap signé des initiales L L., séparées par une fleur de lis.
Le Musée de Lyon est particulièrement riche en œuvres de lui, car il nous montre un plat ovale décoré du Jugement de Paris en grandes figures pâles, légèrement modelées à l'aide de hachures bistrées, vêtues, celles qui le sont, d'émaux éclatants sur paillon, signé en toutes lettres; deux plats ovales représentant des guerriers, signés L L., et une aiguière signée L L. avec la fleur de lis, <\\x\ porte le Triomphe de Bacchus sur son épaulement, et une ronde de Néréides sur son culot, afin, probablement, de prouver qu'il faut mêler de l'eau à son vin. M. le baron Gustave de Rothschild expose une seconde aiguière absolument identique par les sujets et par l'exécution en émaux colorés sur paillon.